Aller au contenu principal

Faute de repreneur, la féculerie d’Haussimont va fermer

La campagne 2023-2024 sera la dernière pour l’usine féculière d’Haussimont.
© La Marne agricole

Ce ne sont apparemment pas les offres qui ont manqué, mais la capacité d’un ou de repreneur(s) à reprendre de manière pérenne le site et l’activité de la féculerie d’Haussimont. Après avoir indiqué le 8 mars dernier sa volonté de céder à un tiers l’entreprise spécialisée dans la transformation de la pomme de terre, le groupe coopératif sucrier Tereos a annoncé le 20 juin la fermeture du site marnais « à l’issue de la campagne 2023-2024 ». Autrement dit, les pommes de terre actuellement en terre seront les dernières à être transformées dans l’usine d’Haussimont. Au-delà, il faudra trouver une autre culture à emblaver pour les 390 coopérateurs qui produisent de la pomme de terre fécule.

Baisse des surfaces et des rendements

Comment en est-on arrivé là ? Dans un courrier adressé à ses planteurs, la coopérative revient sur le contexte délicat auquel la production de pommes de terre fécule est confrontée depuis plusieurs années : l’érosion « constante » des surfaces de pommes de terre – Tereos dit avoir perdu 38 % de surfaces en quatre ans -, ainsi qu’un rendement agricole à l’hectare qui a chuté « de 30 % entre la campagne de 2017 et celle de 2022 ». Et ce ne sont pas le plan d’investissement de 30 millions qui y ont changé quelque chose. En mars dernier, Tereos avait annoncé un « projet de réorganisation de son activité industrielle en France » comprenant l’arrêt de l’activité sucrière du site d’Escaudoeuvres (59) ainsi que son souhait de se séparer de l’activité féculière d’Haussimont (51).
Des offres de reprise, Tereos confirme en avoir reçu pour le site d’Haussimont, mais rien de sérieux : « Tereos a reçu plusieurs marques d’intérêt », peut-on lire dans une lettre adressée aux coopérateurs. « Pour autant, aucun projet engageant n’a été formalisé à ce jour. Tereos considère que les chances de concrétisation d’un projet de cession de l’activité à court ou moyen terme sont limitées au regard des défis à relever. »

Accompagnement des salariés et des planteurs

En ce qui concerne les planteurs engagés dans un contrat de livraison de pommes de terre avec Tereos pour la féculerie, la coopérative se dit prête à « mettre un terme par anticipation aux engagements coopératifs à l’issue de la campagne 2023-2024 ». Et de promettre la tenue d’une réunion « début septembre » avec l’ensemble des producteurs impactés par cette décision. Concernant les salariés, Tereos assure que l’entreprise prendra « les mesures nécessaires pour accompagner les personnes concernées en concertation avec les représentants du personnel ».
Dans un communiqué du 21 juin, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) évoque une « page de l’histoire agricole française qui se tourne et un coup dur pour le secteur féculier national ». Et l’organisation syndicale de « sonner de nouveau l’alarme (...) sur les conséquences directes liées au changement climatique qui impactent de plus en plus durement les rendements des cultures de printemps comme celle de la pomme de terre. » S’adressant au ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, l’UNPT réitère sa demande d’une aide exceptionnelle aux planteurs « pour soutenir le secteur féculier au niveau national ». •

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Eau/irrigation : en finir avec les mythes

La revue Agriculture et Eau, fondée par Gil Rivière-Wekstein, a présenté, à l'assemblée générale des Irrigants de France, un…

L'accord signé prévoit le versement d'une somme de 1 000 euros par an, et par équivalent pylône pour les lignes 400 kV et de 375 euros par an pour les lignes 225 kV.
Quand la mobilisation syndicale et professionnelle porte ses fruits

Un accord national vient d'être signé entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France. Ce dispositif inédit, négocié d…

Octobre rose : le monde agricole se mobilise aussi

Ce mois est aussi celui d'Octobre rose. Les initiatives se multiplient sur le terrain et le monde agricole n'est pas en reste,…

Fiona Carré a fait le choix de transformer elle-même le lait de ses brebis. Dans son atelier de transformation, elle produit des yaourts, des fromages frais et affinés. La lacaune est la race de brebis laitière la plus productive.
Ovins lait : le pari de la transformation à la ferme

Installée depuis 2023 dans les Ardennes, Fiona Carré a fait le choix de transformer elle-même le lait de ses brebis. Après un…

Sept ans après la reprise de la première structure, Estelle Lesage incarne la troisième génération à la tête de l'exploitation familiale.
Une installation au féminin dans l'Eure

Estelle Lesage, agricultrice dans le département de l'Eure, nous a ouvert les portes de son exploitation. Elle revient sur son…

Pour les exploitants agricoles, le mandat de protection future permet d'anticiper une éventuelle incapacité et d'assurer la continuité de l'exploitation tout en protégeant le patrimoine et la famille de l'exploitant.
Mandat de protection future : un outil simple pour protéger son exploitation et sa famille

En cas d'accident ou de maladie, la continuité de l'exploitation est un véritable enjeu, en particulier pour les exploitants…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole