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Excédents en pommes de terre : des dispositifs opérationnels

Depuis plusieurs jours, les producteurs de pommes de terre sont nombreux à solliciter l'UNPT sur leur situation préoccupante, marquée par des niveaux de surstocks importants et par les interrogations légitimes quant à la gestion des excédents, alors même que les plantations débutent. Cette situation, l'UNPT l'avait anticipée et travaille sur ce sujet depuis plusieurs mois, consciente du caractère potentiellement difficile de cet épisode pour les producteurs.

L'UNPT, en partenariat avec la FNB et la FNPL, a lancé une plateforme nationale de mise  en relation entre producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins.
L'UNPT, en partenariat avec la FNB et la FNPL, a lancé une plateforme nationale de mise en relation entre producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins.
© S. Bourgeois/Réussir

« Notre objectif est clair et assumé, explique Geoffroy d'Évry, président de l'UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre), dégager au plus vite les volumes excédentaires, dans un contexte où le marché ne sera objectivement pas en capacité de les absorber d'ici le mois de juillet, et éviter tout risque sanitaire, en particulier les contaminations et la dissémination de foyers de mildiou liées à des destructions non maîtrisées en bout de champ. Dans ce cadre, l'UNPT a structuré son action autour de trois leviers complémentaires. »

  • 1. Le don alimentaire via Solaal

« Nous avons renforcé nos échanges avec Solaal, qui constitue une solution structurée, responsable et immédiatement mobilisable. Les lots doivent respecter les exigences de qualité à la commercialisation prévues par l'arrêté du 3 mars 1997 du CNIPT (Comité national interprofessionnel de la pomme de terre). Solaal organise gratuitement la mise en relation, coordonne les dons et peut accompagner la recherche de solutions de conditionnement ou de transformation. »

« Ce dispositif ouvre droit à une réduction d'impôt équivalente à 60 % de la valeur du coût de revient, dans la limite de 20 000 euros ou de 0,5 % du chiffre d'affaires, incluant également les prestations logistiques et de conditionnement associées. Les producteurs peuvent se rendre sur le site de Solaal ou contacter directement : dons@solaal.org ».

2. La valorisation en alimentation animale via la plateforme numérique UNPT/FNB/FNPL

« L'UNPT, en partenariat avec la FNB (Fédération nationale bovine) et la FNPL (Fédération nationale des producteurs laitiers), a lancé début mars une plateforme nationale de mise en relation gratuite entre producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins : opbovins.unpt.fr. »

« L'objectif est d'organiser de manière encadrée la valorisation des volumes déclassés, de structurer une solidarité agricole concrète, d'éviter les circuits de dévalorisation et de sécuriser juridiquement les échanges. Un contrat-type validé par les trois organisations encadre les transactions. Il prévoit notamment : une fixation du prix avant enlèvement, soit indexée sur la cotation Belgapom (10 euros/t HT au 17 mars 2026), soit librement convenue entre les parties ; un cadre sanitaire strict (produits sains, propres, délai post-traitement respecté) ; une organisation du transport à la charge de l'éleveur, avec transfert de responsabilité au départ et une destination exclusivement animale. »

  • 3. La mise en place d'un protocole de destruction au champ avec Arvalis

« En parallèle, l'UNPT, en lien avec les interprofessions CNIPT et GIPT (Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre), travaille avec Arvalis à l'élaboration d'un protocole sanitaire de destruction au champ ou de valorisation en amendement. L'objectif est de sécuriser les pratiques et d'éviter toute dérive sanitaire à l'approche des prochaines plantations. Des éléments opérationnels seront communiqués aux producteurs dans les prochaines semaines afin de préciser les modalités de mise en œuvre. »

  • 4. Échanges avec le ministère sur l'encadrement des destructions

« Enfin, des discussions sont en cours avec le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (Masa) afin d'étudier les conditions d'un encadrement préfectoral pragmatique et cohérent des destructions en bout de champ, notamment sur les volets sanitaires. L'objectif est d'éviter les situations non maîtrisées sur le terrain et de garantir une approche cohérente et réalisable sans coût à l'échelle des territoires. Nous reviendrons rapidement vers les producteurs dès que ces travaux auront abouti. »•

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