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Samuel Perdrix, référent feux du Sdis 76
« En période de récoltes, adaptez votre activité pour protéger vos cultures

À l'approche de la moisson et des récoltes, période à haut risque d'incendies, la préfecture, l'Office national des forêts (ONF), le Service départemental d'incendie et de secours de Seine-Maritime (Sdis 76) et la Chambre d'agriculture s'unissent pour sensibiliser à la prévention des feux et renforcer leur coordination. Samuel Perdrix, référent feux du Sdis 76, répond aux questions de la rédaction.

Depuis 2020, le Sdis 76 travaille en lien avec la Chambre d'agriculture départementale et l'ONF à sensibiliser les agriculteurs aux départs de feux. Quel est le message de prévention aujourd'hui alors que nous connaissons de fortes chaleurs en Normandie ?

« En Normandie, le risque principal, ce sont avant tout les feux de récoltes. Les agriculteurs sont donc en première ligne. Nous travaillons avec eux sur deux axes de prévention : tout d'abord à ce qu'ils adaptent leur travail par ces temps de fortes chaleurs dès lors que cela est possible. L'idée n'est pas d'interdire la moisson, c'est plutôt d'essayer d'adapter l'activité dans la période où elle est moins génératrice de risques. Tout le monde est alors gagnant. Ensuite, c'est qu'ils appliquent des consignes simples de prévention. Elles sont répertoriées sur notre site internet (www.sdis76.fr/les-feux-despace- naturel/) : il faut préparer ses machines avant la campagne (réviser, graisser, etc.), avoir un extincteur dans ses machines, prévoir une tonne à eau, un déchaumeur ou une charrue à proximité de ses travaux afin de pouvoir intervenir rapidement et d'éviter une propagation, être géolocalisable facilement et savoir renseigner les pompiers convenablement avec un téléphone portable chargé pour être secouru en appelant le 18 ou le 112, etc. »

« Mais les agriculteurs ne sont pas les seuls auprès desquels nous effectuons des campagnes de prévention car, avec le réchauffement climatique, nous assistons ici même en Normandie à un phénomène montant, les feux dans des espaces naturels. Il y a donc nécessité d'acculturer la population dans son ensemble à des changements de comportement en lien avec le risque. Nous travaillons donc à une approche globale du risque, à ce que l'habitant de Seine- Maritime, de l'Eure, du Calvados, prenne l'habitude de consulter la météo des forêts (après les pages météo à la télé, sur le site de Météo France, etc.) dès lors qu'il s'approche d'un espace naturel pour savoir comment il doit se comporter. Comme le font d'ailleurs nombre d'agriculteurs. Activée chaque année au 15 juin, cette météo des forêts informe les citoyens des fortes chaleurs et d'un risque d'incendie sévère, et donne des consignes. Ce qui permet à tout un chacun de redoubler de vigilance. C'est d'ailleurs valable à d'autres périodes de l'année pour les autres risques : tempête, orages, neige, etc. »

« Il ne faut pas oublier que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, que ce soit de la malveillance ou de la négligence. Ainsi une cigarette mal éteinte en bordure de route peut facilement engendrer un départ de feu qui va se répandre aux parcelles agricoles plus lointaines. Tout le monde doit se sentir concerné. J'en veux pour preuve le feu de Montfort-sur-Risle, il y a deux ans, qui a brûlé 40 hectares de récoltes et 60 hectares de forêt. Il est bien parti du bord de la route pour se propager aux récoltes puis à la forêt. »

Après la prévention vient la lutte. Comment intervenez-vous dès lors qu'il y a départ de feu ?

« Nous avons là aussi une action de préparation, d'anticipation et de prévention de la lutte incendie. Notre travail avec l'ONF et la Chambre consiste à croiser des indices pour être mieux coordonnés, plus proches en cas de départs de feux et attaquer les feux de manière plus rapides. »

« Dans le détail, nous avons une météo expertisée avec Météo France où nous analysons la végétation et sa sensibilité, l'hygrométrie, etc. Puis nous nous connectons avec des agriculteurs référents via le groupe WhatsApp mis en place par la Chambre pour avoir des remontées de terrain et savoir par exemple s'il y a une grosse activité machines à un instant T. Dès lors, nous sommes en mesure d'identifier un risque, de prévenir les agriculteurs d'une zone donnée, d'adapter notre réponse opérationnelle en fonction des indices et de prépositionner des moyens en matériel comme en personnel. Notre objectif c'est bien d'aider les agriculteurs à sauver le reste de leurs cultures sur pied. »

Diriez-vous que le monde agricole est suffisamment à l'écoute de vos actions ?

« Les agriculteurs seinomarins sont très bien organisés, en réseau, avec des responsables agricoles par secteur, grâce au travail mené par la Chambre d'agriculture et la FNSEA 76. Et nous, quand nous identifions une activité, une sensibilité au feu à une date donnée, nous leur envoyons un message sur le groupe WhatsApp. La relation est directe, assez fluide. »

« Les agriculteurs sont forcément sensibles à nos actions puisque malheureusement ils sont économiquement très touchés. Perdre une machine, voire plusieurs machines, ou des blés sur des dizaines d'hectares peut avoir de lourdes conséquences... Fort heureusement c'est un milieu responsable et très solidaire, leurs actions sont souvent mutualisées, coordonnées. »•

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