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Egalim 2 est-elle la solution pour les producteurs ?

La FNPL a invité le 22 avril Philippe Bertrand, animateur sur France Inter, pour apporter sa vision de la loi Egalim et des suites à lui donner.

Elevage de bovins lait au champ
© L. A.

Le journaliste Philippe Bertrand, animateur de Carnets de campagne sur France Inter, était l’invité de la fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) pour son assemblée générale, le 22 avril en visioconférence. Le syndicat spécialisé de la FNSEA lui a demandé son opinion sur la loi Egalim. Pour le journaliste, dans le domaine du lait, la multiplication des accords tripartites est « un signe de progrès, cela va dans le bon sens ». La loi « n’est pas contestée », mais elle présente « des failles ».

Philippe Bertrand en liste trois principales. En premier, l’idée du ruissellement. « Le prix d’achat à l’agriculteur ne figure pas sur les contrats ». Pour lui, le ruissellement n’est pas naturel et il pense que cela peut se résoudre par la loi Egalim 2, portée par les députés. La seconde faille, ce serait « la guerre des prix ». Le journaliste rappelle qu’en France, il existe six grands groupes de distributeurs qui se livrent une « grosse concurrence acharnée ». Face au consommateur, ils doivent répondre à deux types de demandes. « Ceux qui ont un pouvoir d’achat correct, qui achètent bio et souhaitent une montée en gamme », une catégorie prête à s’engager, à « payer mieux le producteur » ; et ceux « qui ont un problème de pouvoir d’achat, qui sont à l’euro prêt », une frange de la population qui va privilégier le hard discount et qu’il faut prendre en compte.

 

La notion de souveraineté alimentaire

Enfin, dernière faille, le regroupement des producteurs qui peine à venir. « En lait, c’est fait mais par exemple, en viande, ce n’est pas effectif. Les éleveurs se trouvent face à des entreprises puissantes ». La question demeure : une loi Egalim 2 pourrait-elle corriger les défauts de la loi Egalim 1 ? Philippe Bertrand remarque que le député Besson-Moreau et sa loi Egalim 2 sur les négociations commerciales est soutenue par le ministre de l’Agriculture mais quid de Bercy ? Le ruissellement n’étant pas naturel , faut-il l’imposer avec une loi… Le journaliste pense qu’il ne faut pas fonder trop d’espoirs car la loi pourrait ne pas être votée avant la campagne présidentielle qui approche… Quant à demander à un tiers de confiance de vérifier les prix d’achat, « il va se heurter au secret des affaires », les distributeurs dans un esprit très concurrentiel risquent de ne pas accepter de montrer leurs contrats.

Concernant la place de la crise sanitaire dans tout ça, Philippe Bertrand pense que la covid a permis de faire apparaître aux yeux de tous la notion de souveraineté alimentaire, montrant que la loi Egalim était utile. Mais « il n’y a pas que la loi qui peut fixer le prix, il y a aussi la productivité, l’innovation car le produit nouveau, c’est ce qui fait venir le consommateur », estime l’animateur.

Pour ceux qui souhaiteraient découvrir le travail de Philippe Bertrand, celui-ci tient un blog, complément de son émission Carnets de campagne où il analyse les phénomènes de société et donne sa vision des solutions à apporter, le « journal des solutions ». A découvrir, « Ceux qui font bouger la France », des reportages chez des agriculteurs ou des acteurs du monde rural.

 

Pour consulter le blog de Philippe Bertrand, complément de l’émission des Carnets de Campagne : https://www.mescarnetsdecampagne.com/tag/ceux%20qui%20font%20bouger%20la%20france/

« Il y a encore beaucoup de travail. »

Jocelyn Pesqueux, membre du bureau de la section lait de la FNSEA 76, indique que  : « l’assemblée générale de la FNPL a été l’occasion de faire le point sur la loi Egalim. La FNPL a montré la voie du calcul des coûts de production et de leur utilisation dans la construction du prix. Aujourd’hui, les mécanismes commencent à se mettre en place, il y a un tout petit résultat mais il y a encore beaucoup de travail pour qu’il soit satisfaisant pour les producteurs. » Il ajoute que « La FNPL est une grande famille, très humaine, cela fait drôle de faire une AG en visio. Pour autant, nous étions plus de 100 participants pour soutenir Thierry Roquefeuil et applaudir le départ d’une grande dame, Marie-Thérèse Bonneau qui a consacré beaucoup d’énergie et de temps à la défense des producteurs et de la filière laitière, et a permis d’apporter des résultats concrets. »

Propos recueillis par Fanny Lemoine

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