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Des tensions sur le prix du lait

Le jeudi 29 janvier les producteurs de lait de Haute-Normandie de l'APLHN se sont réunis en assemblée générale. Entre une année 2025 marquée par une accalmie technique et une année 2026 qui s'ouvre sur des négociations commerciales tendues, le président Christophe Jourdain et les intervenants ont fait le point sur les enjeux de la filière.

En ouverture de séance, le président de l'Association des producteurs de lait de Haute-Normandie (APLHN), Christophe Jourdain, a tenu à remercier l'ensemble des adhérents pour leur présence. Si l'année 2025 a été jugée "calme" en termes d'activité, elle n'en a pas moins été éprouvante sur le plan sanitaire. Les éleveurs restent mobilisés face aux menaces sanitaires qui pèsent sur les troupeaux, FCO (Fièvre Catarrhale Ovine), MHE (Maladie Hémorragique Épizootique), tuberculose et DNC.

Côté marchés, 2025 a affiché un prix du lait moyen de 500 euros les 1 000 litres, soutenu par une hausse notable du prix de la viande, offrant ainsi une certaine bouffée d'oxygène aux exploitations.

L'association ne compte pas rester inactive cette année. Christophe Jourdain a annoncé la tenue d'une réunion technique le 2 juin prochain. Deux thématiques cruciales y seront abordées : la première est la Charte des bonnes pratiques d'élevage (CBPE) pour maintenir l'excellence de la production normande et, la seconde est l'emploi et son corolaire, le remplacement, un sujet vital pour la pérennité des exploitations, avec un focus pour bien le préparer.

Une collecte résiliente face aux intempéries

Stanislas de Beaudrap, directeur de région approvisionnement lait chez Lactalis, a pris la parole pour saluer l'engagement des producteurs lors des récents épisodes hivernaux. Il a notamment remercié les agriculteurs ayant déneigé les routes, permettant ainsi aux chauffeurs laitiers d'assurer la collecte malgré des conditions difficiles.

Les résultats techniques de l'association sont d'ailleurs au vert : les adhérents affichent d'excellentes performances en termes de taux, de germes et de cellules, preuves de la qualité du travail dans les exploitations.

Conjoncture : le "bras de fer" des négociations

C'est sur le terrain économique que les discussions se sont corsées. Après les sommets records de 2024-2025, la tendance désormais s'inverse avec une baisse des cours mondiaux. L'offre abondante aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande pèse sur les prix. Si le beurre garde une valorisation correcte, la poudre de lait peine à trouver des débouchés à l'export. Résultat : le climat dans les négociations est électrique. Alors que les organisations de producteurs (OP) réclament une hausse de + 5 % aux laiteries, la grande distribution (GMS) exige de son côté une baisse de - 2 %. Cette pression se fait déjà sentir. Le prix Lactalis pour février 2026 est annoncé à 406 euros les 1 000 litres, bien loin de la moyenne de l'année précédente."Cette décrue du prix du lait, en pleine période de négociations avec les GMS, n'augure rien de positif pour le premier trimestre," a souligné durant l'AG Manuel Gavelle, président de l'UPLBP (Union des producteurs de lait du Bassin parisien).

Les producteurs de l'APLHN abordent donc ce printemps avec une vigilance accrue, conscients que l'équilibre économique de leurs exploitations se joue actuellement dans les bureaux des négociateurs.•

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