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Pommes et poires
Des petits calibres mais une belle qualité

Les arboriculteurs seinomarins attendent une belle récolte mais les fruits seront plus petits et donc plus difficiles à valoriser.

Les tonnages de pommes comme de poires vont être revus à la baisse, de 10 à 20 % par rapport aux prévisions.
© Catherine Hennebert

Globalement, les récoltes de pommes et poires en Seine-Maritime s’annoncent belles en quantité et qualité mais la sécheresse aura un impact sur la grosseur des fruits. Les tonnages vont donc être revus à la baisse, de 10 à 20 % par rapport aux prévisions. « Les producteurs de fruits de table vont se retrouver avec des plus petits calibres qu’il sera plus difficile de valoriser. Certaines variétés seront tellement petites que la machine ne pourra pas les ramasser. Pour les pommes à cidre, même s’il y a de la pomme, les rendements en jus risquent d’être moins bons s’il ne pleut pas », explique Bruno Corroyer, technicien arboricole à la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime.
Il y a également des hétérogénéités en fonction des secteurs : sur le territoire de la vallée de la Seine, la proximité de la nappe a permis aux arbres de s’alimenter en eau. En revanche dans le pays de Bray, la situation est différente, les terres sont plus légères et les arbres souffrent.
Pour les variétés précoces, les dés sont jetés mais pour les variétés plus tardives, il est encore possible de gagner du calibre, s’il pleut bien sûr.
Les vergers hautes tiges semblent moins souffrir de la sécheresse, ils ont des porte-greffes plus puissants capables d’aller chercher l’eau à 1,5-2 mètres. « Je suis toujours surpris de voir comment les pommiers tiennent le coup et comment ils arrivent à nourrir leurs fruits, quelle que soit la situation. Mais malgré tout, de plus en plus de producteurs réfléchissent à l’irrigation. Jamais, je n’aurais imaginé cela il y a 20 ans », ajoute le technicien.

Les pommes ne grossissent plus

Boris Bouquet est producteur de pommes et poires de table à Beauval-en-Caux. Il réfléchit sérieusement à l’installation de l’irrigation dans ses vergers : « je pense qu’il va falloir y passer pour l’avenir de l’entreprise mais cela demandera une gestion du travail différente. Ce sont de gros investissements et la gestion de l’irrigation est un travail à temps plein ».
Le producteur explique que l’année a été très favorable à la floraison. Il y a eu des petites gelées au printemps qui ont peu impacté le potentiel. « On constate aussi des coups de soleil sur les fruits qui sont exposés sud-ouest et nos jeunes arbres souffrent plus de la sécheresse. Malgré les quelques pertes cela devrait toutefois aller. La qualité est correcte mais on se pose des questions sur le calibre. Avec le sec, les arbres ont stoppé, les pommes ne grossissent plus ».

Des taux de sucre augurant une belle qualité

Pour Yves Deboos, producteur de fruits à Jumièges, cela sera également une bonne année pour les pommes. « Après une année zéro en 2021, la récolte 2022 sera abondante mais précoce. Cette précocité est due à un hiver doux qui a provoqué la floraison des pommiers plus tôt. Elle est également accentuée par le temps sec que nous connaissons depuis des mois. Nous redoutons toujours les floraisons précoces exposées au gel mais cette année, cela s’est bien passé ».
La récolte des poires a donc commencé et celle des pommes suivra courant septembre, environ une dizaine de jours avant la date habituelle.
En ce qui concerne la qualité, elle s’annonce belle, avec un taux de sucre supérieur à la moyenne mais les producteurs sont évidemment en attente de la pluie, pour faire grossir les calibres des fruits. Cependant, en vallée de Seine, le producteur reconnaît qu’ils ne sont pas les plus mal lotis.
Emmanuel Palfray cultive des vergers hautes tiges à Gonfreville-l’Orcher, dans le pays de Caux. Cette année, l’ensoleillement va lui offrir des pommes à cidre plus sucrées. « Nous aurons un cidre plus haut en densité, la qualité devrait être très bonne », explique le producteur qui fait partie du Syndicat de promotion des produits cidricoles du Pays de Caux demandant la reconnaissance en AOP cidre Pays de Caux. Implantés en limons profonds, ses arbres n’ont pas montré de souffrance particulière vis-à-vis de la sécheresse mais il a dû arroser ses jeunes pommiers plus sensibles au stress hydrique. Il souhaiterait que soit menée une vraie réflexion sur la gestion de l’eau, suite au constat d’étés de plus en plus secs. •
 

 

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