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Des crèmes glacées au pays du neufchâtel

Des agriculteurs seinomarins tentent de faire aboutir leur projet de glace à la ferme grâce au financement participatif.

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© lgeffroy

José Monfray, polyculteur-éleveur à Bully, et sa compagne Laëtitia Dumontier, font appel au financement participatif pour finaliser une partie de leur projet de vente directe de glaces à la ferme. Lors de notre visite, le 8 juillet, il leur restait 9 jours pour atteindre l'objectif de 9 000 euros, mais ils n'avaient récolté que 535 euros en un peu plus d'un mois. « Nous sommes un peu déçus par la plateforme Miimosa car nous avons eu peu de contributions, par manque de visibilité », regrette Laëtitia. L'entreprise lancée en 2014 propose aux agriculteurs de les aider à récolter des fonds du grand public via son site internet. Mais le financement n'est obtenu que si le producteur atteint 60 % de la somme fixée au départ. Si celle-ci n'est pas atteinte, le couple de Seinomarins compte néanmoins poursuivre la démarche sur le site facebook « aux glaces du pays de Bray » qu'ils ont créé pour faire connaitre leur nouvelle activité.

Pour aider Laëtitia et José : www.miimosa.com/aux-glaces-du-pays-de-bray

 

 

 

Déclic suite à la crise

 

La crise laitière et le manque de foncier disponible a provoqué un déclic chez José Monfray qui a souhaité rebondir avec une activité de transformation. Si les banquiers lui ont conseillé de fabriquer du Neufchâtel, vu qu'il est installé en plein dans la zone de production, l'éleveur a préféré se tourner vers un produit plus original et inattendu : les crèmes glacées. Il a fait appel à une entreprise néerlandaise, Ice Delite et sa marque « glace de la ferme » qui propose tout l'équipement clefs en main, formation et recettes comprises (coût de l'investissement : 200 000 euros). « Le lait que nous allons utiliser pour nos produits ne nécessite qu'une ou deux vaches, le reste sera toujours livré à la laiterie. »

L'exploitant a repris en 2000 la ferme de ses parents et élève 50 vaches normandes sur 52 hectares. Cela fait deux ans qu'il réfléchit au meilleur moyen de valoriser une partie de son lait. Ce sera chose faite en août, date prévue pour l'ouverture de l'atelier et du magasin, en plein coeur du pays de Bray. Ice Delite garantit aux producteurs une zone de commercialisation exclusive. Bien que 300 agriculteurs soient déjà engagés dans ce concept en France, il reste de la place pour de nouveaux laboratoires.

 

Produits locaux

 

José et Laetitia comptent utiliser les fruits et légumes produits dans la région pour parfumer leurs sorbets et crèmes glacées. Le public visé est aussi bien les particuliers, Brayons ou de passage, que les restaurateurs et les cantines scolaires. « Glace de la ferme » propose 700 recettes différentes à ses clients, et les deux Seinomarins en ont choisi une soixantaine. A noter que si le traditionnel sorbet à pomme ou à la fraise parait évident, les glaces au foie gras ou à la betterave rouge peuvent faire fureur. « Glace de la ferme » a du succès dans de nombreux pays européens, car il mise sur la qualité grâce au choix soigné de ses ingrédients et aux nouvelles recettes proposées par l'entreprise. Pour la petite histoire, on notera que parallèlement à ce projet, Laetitia se lance dans l'élevage de chat de race chartreux et elle a ouvert une pension féline, car comme elle le souligne, « C'est comme pour les glaces, il faut faire ce qu'on aime dans la vie » !

Miimosa, le crowdfunding pour les agriculteurs

La plateforme Miimosa lancée en 2014 a déjà permis aux agriculteurs français de lever un million d'euros, à raison de 200 projets par an. Le principe du financement participatif ou crowdfunding, ce n'est pas le prêt, mais le don. Le producteur s'engage toutefois à faire des dons en nature en échange. Pour être sûr d'intéresser du monde, il faut que le projet soit séduisant et il faut communiquer. Le financement n'est obtenu que si le producteur atteint 60 % de la somme fixée au départ. Déposer un projet, c'est gratuit mais soumis à l'accord des responsables. Si un projet n'atteint pas 60 % de son objectif, Miimosa ne prend pas de commission. Au-delà, il demande 8 à 12 %.

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