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Des animaux d’excellence récompensés à Forges-les-Eaux

Éleveurs sélectionneurs, éleveurs engraisseurs, négociants et abatteurs se sont donnés rendez-vous sur le foirail de Forges-les-Eaux le lundi 27 mars pour assister à la finale régionale du concours d’animaux de boucherie de Normandie qui s’y tient tous les ans avant Pâques. Les membres du jury ont évalué 110 bêtes. Temps forts et palmarès de cette édition 2023.

« Incontournable ! » C’est certainement l’adjectif qui revient le plus souvent dans la bouche des professionnels qui participent ce lundi 27 mars à cette 21e édition du concours régional des races à viande de Normandie qui se déroule sur le foirail de Forges-les-Eaux. Toutefois ils sont un petit moins nombreux à concourir que l’année précédente (120 en 2022, NDLR). La conjoncture économique délicate est passée par là et les déplacements ont un coût. Mais, pour les éleveurs allaitants présents, la passion qui les anime vaut bien la prise de risque. Surtout s’il y a retour sur investissement.

Des éleveurs enthousiastes

Maxime Villey, 36 ans, éleveur-engraisseur à Beuzeville (Eure), ne manque aucune édition et rien ne semble le décourager. Bien au contraire. Cette année, il remporte deux des trois grands prix (championnat mâle et femelle). « Je suis installé depuis 18 ans et j’élève une centaine de rouge des prés à l’année, explique-t-il. Je participe à ce concours tous les ans, Arriver cette année en finale régionale et la remporter avec deux bêtes, c’est une très, très grande fierté. » « Certes, c’est beaucoup de travail, ajoute l’éleveur, car un animal demande un an de préparation, mais c’est sans conteste un excellent moyen de le valoriser et d’avoir une communication très positive sur mon travail et sur l’élevage en général. »
Lucas Bouteillier, 25 ans, est tout aussi unanime. « C’est ma première participation au concours en tant qu’installé, souligne le jeune homme, éleveur de père en fils à Bouelles, qui ensemble ont remporté un premier prix en femelle parthenaise. J’ai de multiples raisons d’être là. D’abord, il est très important pour moi de venir ici afin de continuer à faire vivre ce lieu mythique destiné à l’élevage. » « Et cela d’autant que j’ai encore en travers de la gorge le fait que l’abattoir de Forges ait dû fermer, tient-il à souligner. Dorénavant je dois emmener mes animaux dans l’Eure ou dans l’Aisne. C’est une aberration tant sur le plan du bien-être animal que sur le plan environnemental. Et puis ce sont des dépenses supplémentaires très importantes en termes de carburant. On avait tout ici pour travailler ! C’est très dommage et ça décourage les éleveurs en activité ».
« J’ai aussi à cœur de montrer qu’il y a encore des jeunes qui s’intéressent à l’élevage, poursuit-il, et de faire découvrir la race parthenaise car elle n’est pas encore très connue dans le département. J’apprécie tout particulièrement ses qualités bouchères, et comme nous avons une boucherie, le retour des clients sur la viande qu’ils achètent est pour moi très important ». « Le seul bémol, explique le jeune homme, c’est qu’il devrait y avoir un prix pour les éleveurs puis un autre pour les marchands de bêtes. » Une réflexion des organisateurs est en cours sur ce point pour distinguer les naisseurs engraisseurs.

Création d’une section label rouge

« Cette année il convient de souligner que tous les animaux sont très bien finis, explique Patrice Faucon, président de la section bovine de la FNSEA 76. Si bien que tous ont été classés. » 
« Depuis trois ans, en lien avec la communication interprofessionnelle d’Interbev, nous avons créé une section label rouge pour les animaux issus d’élevages certifiés. » À noter que le grand prix d’honneur label rouge est issu du même élevage que le super champion blanc bleu distingué cette année, à savoir celui de Charly Houpin à Beaudéduit (60). Félicitations à lui car il truste les prix en étant naisseur engraisseur.
En parallèle de ce concours de bovins allaitants s’est tenu comme tous les ans un concours d’agneaux de boucherie. Le grand prix d’honneur a été décerné à un lot de cinq agneaux de l’élevage de Philippe Deffaux de Sainte-Croix-sur-Buchy. •

 

Christine Lesueur, maire de Forges-les-Eaux 

« Il y a un petit peu moins de bêtes à concourir cette année. J’espère que cela n’est pas un signe. J’ai quelques appréhensions. Outre la décapitalisation du cheptel bovin qui est désormais une réalité, l’image du métier qui reste encore empreinte de pénibilité alors que les fermes se modernisent, la difficulté pour les jeunes de s’installer, le revenu qui n’est pas toujours en rapport avec le travail réalisé, l’augmentation du coût des intrants... Les dix années qui viennent risquent d’être difficiles pour nous pays de Bray qui sommes une terre d’élevage. D’autant qu’on entend aussi parler de viande cellulaire. Alors forcément, ça m’interpelle. Pour autant je vois bien que la consommation de viande rouge ne diminue pas, même si les gens la consomment différemment, mais je me demande comment on va la produire si nous n’avons plus d’éleveurs. Et pourtant, je rencontre énormément de jeunes et de moins jeunes encore passionnés d’élevage... Ils m’ont d’ailleurs conduit avec l’Association de promotion des races à viande à organiser ici, à Forges, un festival de l’élevage en juin prochain. »
 

Bernard Niel, président du concours des races à viande

« Je remercie tous les participants pour la qualité des animaux présentés et les acheteurs, mais aussi la mairie de Forges-les-Eaux et ses équipes ainsi que tous les partenaires sans qui il ne serait pas possible d’organiser chaque année un tel événement. Tous les animaux ont trouvé preneurs et les prix dans l’ensemble ont été à la hausse par rapport à l’an passé. »
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