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Décarbonation : Christophe Béchu à Saipol Grand-Couronne

À la suite au discours du président de la République, le 8 novembre, devant les représentants des 50 sites industriels les plus émetteurs de gaz à effet de serre, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, s’est rendu le lendemain sur le site Saipol de Grand-Couronne pour voir comment l’entreprise mettait en application la décarbonation tant attendue.

« Les industriels sont aussi porteurs de solutions », a déclaré le ministre Christophe Béchu en visitant le site Saipol à Grand-Couronne.
© Catherine Hennebert

Cette visite officielle s’est tenue dans le cadre de la feuille de route de décarbonation des entreprises du secteur de l’industrie. Christophe Beaunoir, directeur général de Saipol, a présenté au ministre l’entreprise spécialisée dans la transformation des graines de colza.
La visite a commencé par l’unité de production du biocarburant Oleo 100 : « Notre nouvelle énergie se substitue au gasoil, avec des coûts et des performances équivalents, a-t-il souligné en introduction. Elle permet une réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Notre solution de transition énergétique sur des biocarburants Made in France est un succès ».
Le directeur de Saipol a exposé la solution digitale OleoZE qui a pour mission de valoriser les graines de colza issues d’une production vertueuse, grâce à un système de bonus GES. 250 000 tonnes de graines durables ont été ainsi collectées en 2021 et 120 000 m3 d’Oleo 100 ont été vendus aux professionnels du transport cette année pour de la décarbonation immédiate, tout en produisant des tourteaux.

Lutte contre la déforestation importée grâce aux tourteaux de colza

Car la vocation première de l’usine est la production de tourteaux de colza d’origine française, “non déforestante”. Chaque tonne de tourteau remplace une tonne de soja non importée. Ces tourteaux à destination de l’alimentation des animaux sont riches en protéines. L’huile de colza issue de la trituration part vers l’alimentation humaine et animale (“Fleur de colza”) et vers la filière biocarburant pour la production d’Oleo 100.
« Je ne suis pas venu visiter cette usine par hasard. Ce site est la démonstration que l’industrie délivre aussi des solutions », a précisé le ministre qui a ensuite échangé avec les représentants d’associations industrielles du territoire et Haropa Port pour transformer le site industriel de Grand-Couronne, et plus largement l’Axe Seine, en une zone industrielle bas carbone. Ces derniers ont répondu à l’appel à projets Zone industrielle bas carbone (Zibac) qui devrait leur donner les moyens de « devenir la première zone industrielle décarbonée au monde », selon Régis Saadi, président de Union pour la synergie industrielle et le développement économique  (Upside) boucles de Rouen.
Concernant le déforestation importée, Christophe Béchu a annoncé que « nous aurons bientôt un accord historique pour arrêter cette hypocrisie. La déforestation est une catastrophe écologique mais également économique. C’est le troisième levier sur lequel nous pouvons agir, devant le stockage du carbone dans les sols. Le texte obligera à avoir un certificat de non-déforestation pour nos importations, qui sera contrôlé par satellite ». « Cet engagement des Européens est crucial », a-t-il conclu. •
 

« Les industriels sont  aussi porteurs de solutions », a déclaré le ministre Christophe Béchu en visitant le site Saipol à Grand-Couronne.

 

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