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De la cuve à la cabine, bien protéger son salarié

Préparation, application, nettoyage : les travaux de pulvérisation exposent directement les salariés agricoles. Formation, organisation et équipements adaptés constituent les piliers d’une protection efficace sur l’exploitation.

La sécurité du salarié lors des travaux de pulvérisation repose sur une combinaison d’équipements adaptés et une organisation rigoureuse.
La sécurité du salarié lors des travaux de pulvérisation repose sur une combinaison d’équipements adaptés et une organisation rigoureuse.
© Julie Lochon/Horizons

Sur une exploitation, la pulvérisation ne s’improvise pas. Si l’attention se porte souvent sur la qualité d’application ou la performance agronomique, la protection du salarié doit constituer un préalable. Car les risques d’exposition aux produits phytosanitaires apparaissent dès la préparation du chantier, bien avant l’entrée dans la parcelle.
La logique de prévention repose d’abord sur une organisation rigoureuse du chantier. Avant même l’application, l’employeur doit identifier les situations à risque et mettre en place des mesures adaptées. Les protections collectives constituent le premier niveau d’action : local phytosanitaire conforme et ventilé, stockage sécurisé, aire de remplissage aménagée pour éviter les débordements, système d’incorporation limitant les projections, dispositifs de rinçage intégrés. Ces aménagements réduisent significativement les contacts avec le produit concentré et sécurisent les étapes les plus sensibles du travail.

Certaines phases sous surveillance

Les phases les plus exposantes sont bien identifiées : ouverture des bidons, dosage et incorporation, nettoyage du pulvérisateur, gestion des effluents et des emballages vides. Des gestes techniques maîtrisés et un matériel adapté permettent de limiter ces situations critiques. Les pulvérisateurs récents, dotés de cabines filtrées performantes ou de coupures automatiques participent également à la réduction de l’exposition pendant l’application.
Les équipements de protection individuelle (EPI) interviennent en complément. Gants en nitrile certifiés, combinaison de type adapté (3 ou 4 selon les usages), bottes dédiées, lunettes ou visière, protection respiratoire munie du filtre approprié : le choix des EPI doit être cohérent avec les mentions figurant sur l’étiquette du produit. Leur mise à disposition relève de la responsabilité de l’employeur, tout comme leur entretien et leur renouvellement. Un EPI usé ou inadapté perd rapidement son efficacité.

Formations et obligations, un cadre clair pour l’employeur

Au-delà du matériel, la formation joue un rôle central. Le Certiphyto rappelle les règles de lecture d’étiquette, les conduites à tenir en cas d’incident ou d’exposition et les bonnes pratiques de manipulation. Pour l’employeur, cela s’inscrit dans un cadre plus large : évaluation des risques dans le Document unique, formalisation des consignes, respect des délais de rentrée dans les parcelles traitées et information des équipes.
Dans un contexte de vigilance accrue autour de l’usage des phytosanitaires, protéger son salarié lors des travaux de pulvérisation dépasse la seule obligation réglementaire. C’est aussi un facteur de professionnalisation et d’attractivité pour l’exploitation. Anticiper les risques, investir dans du matériel adapté et structurer l’organisation du travail : autant d’actions qui sécurisent les chantiers et inscrivent l’entreprise agricole dans une logique durable, où performance et protection avancent de concert.•

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