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Colza : un deuxième fongicide à mi-floraison ?

D'après les résultats d'essais, le traitement à G1 reste souvent justifié mais, en 2026, le deuxième fongicide ne présente pas de rentabilité assurée dans la majorité des situations.

Dans les essais de ces 12 dernières campagnes (voir graphiques), c'est la cylindrosporiose qui traduit surtout, le cas échéant, l'intérêt du deuxième fongicide, après un premier fongicide qui permet déjà de bien la freiner. Quant au mycosphaerella, ce pathogène reste à suivre mais n'a été problématique que ponctuellement (2024, sud Essonne, sud Orne).

Le relais positionné 10-15 jours après le stade G1 présente une réponse variable, avec un gain brut moyen de 1 à 2 q/ha. D'après les références régionales, il devient pertinent entre autres lorsque la période allant de début mars à mi-avril est humide et fraîche (T° ~12-14 °C, pluies > 60-70 mm et ≥ 8 jours de pluie), dénotant une dynamique active de cylindrosporiose. Ce complément au traitement à G1 peut alors procurer un gain de 2 à 3 q/ha. Mais en conditions plutôt sèches avant G1 (pluies  40 mm et peu de jours de pluie), la valorisation du deuxième fongicide est généralement faible voire nulle.

Les données montrent que le gain net du deuxième passage est donc étroitement lié aux conditions de l'année. Hors années très favorables (ex. 2016), il est proche de 0,9 q/ha (coût de fongicide déduit, ex : Sunorg Pro 0,5 à 0,6).

Le potentiel de rendement est un facteur clé : à climat équivalent, les parcelles à fort potentiel (> 40 q/ha) valorisent bien mieux la protection (souvent 3-5 q/ha au G1), en comparaison aux cas de potentiel limité ( 30 q/ha) qui montrent des gains  2 q/ha au G1 et  1 q/ha pour le deuxième fongicide.

Pas de justification régionale forte pour le 2e fongicide en 2026

La campagne 2025-2026 se caractérise par un début de printemps sur fond de risque, mais avec une séquence avant/après G1 globalement déficitaire de 30 à 50 % de pluies à l'échelle régionale, par rapport aux normales. La floraison s'est installée lentement jusqu'au 5 avril, avec parfois des stades hétérogènes. Cette situation a pu compliquer le positionnement du G1 et étaler la période de risque, sans pour autant modifier le diagnostic global.

Dans ce contexte, pour les parcelles homogènes (hors accidents de début floraison), 2026 ne correspond a priori pas aux années à forte valorisation du deuxième fongicide, d'autant que les pertes liées au passage de pulvérisateur peuvent partiellement annuler le bénéfice attendu. On se situe dans un profil intermédiaire, avec une dynamique des maladies type cylindrosporiose, certes avérée, mais globalement limitée. Une différenciation territoriale persiste, du fait des cumuls pluviométriques, l'Ouest de la Normandie (Calvados, Orne) apparaissant légèrement plus exposé que l'Eure, la Seine-Maritime ou l'Ouest francilien.

Seules des situations ciblées pourront peut-être rentabiliser l'intervention : parcelles à fort potentiel, variétés sensibles à la cylindrosporiose (ex : Blackjack, Lid Crateo, Besstito, Crossfit, Hemotion, Kws Demos, Kws Mikados, Lid Invicto...), présence marquée - c'est assez rare en 2026 - de symptômes de cylindrosporiose et/ou mycosphaerella, ou secteurs plus arrosés en mars.

Enfin, il convient de rappeler l'importance d'éviter les interventions superflues et de respecter la réglementation "abeilles" afin de préserver l'action des auxiliaires et des pollinisateurs. En l'absence de maladies, les fongicides appliqués à floraison n'apportent pas de gain de rendement régulier, les effets dits "physiologiques" (effets verts) restant trop faibles et aléatoires pour justifier une intervention.•

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