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Campagne 2025 : bilan des maladies du feuillage de l'ITB

Si le premier levier de gestion dans la lutte contre les maladies du feuillage de la betterave reste le choix variétal, il existe des produits performants pour maîtriser la cercosporiose et la rouille.

Lors du comité technique de l'ITB (Institut technique de la betterave) le 13 janvier dernier, Alexandre Métais, responsable régional de l'ITB pour la Normandie et le Val-d'Oise, est revenu sur la campagne 2025 en ce qui concerne les maladies du feuillage.

Environ 300 000 ha de betteraves sont aujourd'hui concernés par le développement de la cercosporiose à l'échelle nationale. Aucune région n'est épargnée. « En 2025, la cercosporiose a été bien présente dans tous les secteurs de la Normandie et du Val-d'Oise. La maladie s'est déclenchée sur 70 à 80 % des parcelles. Cependant, la pression a été plus faible qu'en 2024 et 2023. La maladie est arrivée tôt mais les conditions sèches du mois d'août et septembre ont freiné son développement ».

La rouille a également été observée sur tous les secteurs, en particulier sur la bordure maritime de la Seine-Maritime.

« Dans la lutte contre les maladies du feuillage, le triptyque habituel est le choix variétal, l'utilisation de produits performants et un bon positionnement des interventions en s'adaptant aux conditions de l'année ».

Choix variétal : le critère numéro un

« L'utilisation de variétés tolérantes en récolte tardive permet de garder un feuillage sain et de profiter des gains de productivité dont la betterave bénéficie à l'automne. Sur la bordure maritime, il faut prendre également en compte la sensibilité rouille ».

Selon Alexandre Métais, faire le mauvais choix variétal peut coûter cher, notamment sur des années à forte pression. « Un essai de 2023, année où la pression cercosporiose était relativement forte, montre qu'avec un programme fongicide identique, une variété tolérante permet d'éviter la perte d'un peu plus de 10 % de productivité par rapport à une variété très sensible. Cela peut représenter une perte de 300 à 500 euros de l'hectare ».

Meltop One, un nouveau produit homologué

En cette fin d'année 2025, un nouveau produit vient d'être homologué : la matière active du Meltop One est la fenpropidine qui a une efficacité très intéressante sur cercosporiose mais qui peut être un peu juste sur la rouille et l'oïdium par rapport à un Spyrale. « En Normandie, il est conseillé de l'associer avec une autre triazole et notamment le Timbal EW ou l'Airone SC. Sa dose d'utilisation est à 0,5 litre/ha et une seule application est autorisée avec une recommandation au T1, selon la firme ».

Dans son intervention, Alexandre Métais, a ensuite présenté les quatre solutions les plus performantes sur la cercosporiose (résultats issus des essais pluriannuels de l'ITB). Le produit le plus efficace est le Propulse à 1,2 l/ha. Vient ensuite l'Airone SC à 3,5 l/ha, sous réserve de dérogation en 2026, le mélange Meltop One à 0,5 l/ha et Timbal EW à 0,8 l/ha et enfin le Spyrale à 1 l/ha qui reste une référence sur cette maladie.

Airone SC : incontournable en T1 sur variété sensible

« Concernant l'Airone SC, il est testé depuis trois ans car c'est un produit qui assure une bonne efficacité, une qualité de pulvérisation et une bonne tenue au lessivage. Sur variété sensible, le premier passage est valorisé quelle que soit l'année, avec un gain de productivité de 6 à 11 %. Sur le second passage, le produit est bien valorisé en forte pression, avec un gain de productivité de 7 %. En pression moyenne, le passage n'a pas été valorisé. Le premier passage paraît donc incontournable en Normandie mais la rentabilité du second passage sera très dépendante de la pression cercosporiose de l'année. Sur les variétés tolérantes, l'Airone SC ne permet pas de dégager des gains de productivité. Le programme avec des triazoles suffit. Le seul avantage à utiliser ce produit sur ce type de variété réside dans sa durabilité car il est multisite. Dans la gestion des résistances, cela peut être intéressant ».

Les produits efficaces sur la cercosporiose présentent une efficacité très satisfaisante sur la rouille. Dans les essais, le produit le plus efficace reste le Spyrale.

Antagonisme triazole + Airone SC

Sur la bordure maritime où la pression rouille est importante, l'antagonisme entre triazole et Airone SC est à prendre en compte. « Le bon compromis, pour la maîtrise des deux maladies, rouille et cercosporiose, est de se limiter à un seul passage d'Airone SC au T1 et d'éviter de revenir systématiquement avec ce produit à chaque passage. En situation de pression moyenne de cercosporiose, il est donc conseillé de faire un seul passage d'Airone SC au T1, dès l'apparition des symptômes de cercosporiose, un Propulse en T2 et un Spyrale en T3. Ce programme sera suffisant pour la Seine-Maritime mais dans le cas où la pression cercosporiose est plus forte certaines années, il peut être envisagé de faire deux passages d'Airone SC, sur variétés non tolérantes, sur T1 et T2 associé à du Propulse ».

Alexandre Métais rappelle enfin qu'il ne faut pas raisonner le traitement fongicide selon le calendrier mais selon les observations terrain. « Sur la cercosporiose, rien de sert d'anticiper la protection avant l'arrivée des premiers symptômes. L'expérimentation montre tous les ans que l'anticipation ne permet pas de gagner en productivité et que, très souvent, un traitement supplémentaire est nécessaire. Il existe des outils performants, Alert Maladie, qui informe les producteurs toutes les semaines sur les risques maladies ».•

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