Aller au contenu principal

Boostez votre interculture d'été : embarquez avec la cameline

Encore peu cultivée en France, la cameline se distingue pourtant par des atouts originaux et prometteurs.

Pour maximiser ses chances de succès, il est recommandé de disposer d'une parcelle propre au moment du semis de la caméline et de gérer efficacement les repousses d'orge par la suite. 
Pour maximiser ses chances de succès, il est recommandé de disposer d'une parcelle propre au moment du semis de la caméline et de gérer efficacement les repousses d'orge par la suite. 
© Jamet/Terres Inovia

Appartenant à la famille des brassicacées, cette crucifère rustique se caractérise par des besoins agronomiques limités et des débouchés de plus en plus attractifs, ce qui suscite un intérêt croissant chez les agriculteurs. L'un de ses principaux avantages est son cycle de culture court, compris entre 90 et 110 jours selon les variétés, qui en fait une candidate idéale pour une implantation en interculture d'été. Toutefois, quelques points de vigilance doivent être respectés pour garantir le succès de cette culture.

Favoriser une levée rapide

La réussite de la cameline en interculture estivale dépend largement de sa vitesse d'implantation. Cette étape cruciale passe par une levée rapide, homogène et vigoureuse. Il convient donc de tout mettre en place pour que le cycle s'effectue le plus rapidement possible afin de permettre une récolte à une date acceptable pour ne pas avoir d'impact sur la culture suivante qui sera une céréale d'automne.

Pour maximiser les chances de levée précoce, il est crucial de choisir un précédent cultural adapté, permettant une récolte avant le 10 juillet, date limite pour le semis de la cameline. Les cultures les plus propices vont être le pois protéagineux ou de conserve ainsi que l'orge d'hiver. Mais attention, des rémanences d'herbicides des groupes 2 (inhibiteur d'ALS* type metsulfuron, mésofulfuron, pyroxsulame c...) et groupe 14 (inhibiteur de la PPO** type bifenox) peuvent impacter la levée, particulièrement en conditions sèches et de faible travail du sol.

Après une orge d'hiver qui aura été fauchée la plus haute possible (25-30 cm), il est recommandé de retirer les pailles. Elles risquent de consommer de l'azote pour se dégrader et de gêner la qualité du semis (contact graine-sol). Les menues pailles doivent être bien réparties. Le semis doit être réalisé le plus proche possible après la récolte du précédent, idéalement dans les 24 à 48 heures suivantes, pour profiter de l'humidité du sol encore présente. Toujours dans un souci de préservation de l'humidité résiduelle, le semis direct avec un semoir à dents est à privilégier en positionnant les graines à 3 cm de profondeur.

Pour atteindre une densité optimale de 200 à 250 pieds/m², on devra semer environ 8 kg/ha de cameline. Cette recommandation tient compte des variations des poids de 1 000 graines, qui peuvent aller de 0,9 à 1,5 gramme selon les variétés, tout en prenant en considération les phénomènes d'auto-compétition propres à cette plante. L'écartement entre les rangs devra être compris entre 12,5 et 15 centimètres.

Eau et azote pour un démarrage rapide

À cette période de l'année, entre fin juin et début juillet, les précipitations significatives favorables à la germination des graines peuvent être aléatoires. Dans ce contexte, l'irrigation apparaît comme un levier pour garantir une levée rapide sans perte de temps. Un apport d'eau de l'ordre de 10 à 20 millimètres après le semis est suffisant. Néanmoins, à part dans le Sud-Est de la France, on peut espérer à cette période un épisode pluvieux. Toujours dans l'optique de favoriser un bon départ de la culture, il est recommandé d'apporter 40 unités d'azote après une orge d'hiver. Aucun autre apport en azote ne sera nécessaire pendant la phase de végétation.

Privilégier une parcelle propre

Si la cameline est bien implantée, c'est une culture qui concurrence les adventices. Pour maximiser ses chances de succès, il est recommandé de disposer d'une parcelle propre au moment du semis et de gérer efficacement les repousses d'orge par la suite. En ce qui concerne la lutte contre les dicotylédones, les options chimiques sont limitées, et l'application de produits en cours de végétation peut entraîner un ralentissement de la croissance de la culture.•

* ALS : acétolactate synthase

** PPO : protoporphyrinogène oxydase

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Eau/irrigation : en finir avec les mythes

La revue Agriculture et Eau, fondée par Gil Rivière-Wekstein, a présenté, à l'assemblée générale des Irrigants de France, un…

L'accord signé prévoit le versement d'une somme de 1 000 euros par an, et par équivalent pylône pour les lignes 400 kV et de 375 euros par an pour les lignes 225 kV.
Quand la mobilisation syndicale et professionnelle porte ses fruits

Un accord national vient d'être signé entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France. Ce dispositif inédit, négocié d…

Octobre rose : le monde agricole se mobilise aussi

Ce mois est aussi celui d'Octobre rose. Les initiatives se multiplient sur le terrain et le monde agricole n'est pas en reste,…

Sept ans après la reprise de la première structure, Estelle Lesage incarne la troisième génération à la tête de l'exploitation familiale.
Une installation au féminin dans l'Eure

Estelle Lesage, agricultrice dans le département de l'Eure, nous a ouvert les portes de son exploitation. Elle revient sur son…

Sylviane Lefez, présidente de la CNA, et Catherine Faivre-Pierret, ancienne présidente de la CNA.
"ll faut lutter pour que les femmes aient toute leur place""

Présidente de la Commission nationale des agricultrices de la FNSEA, Sylviane Lefez est en première ligne pour défendre les…

Brûlures suite à la formation de gouttelettes sur le câble des sondes en post-thermonébulisation.
Comment gérer au stockage des tubercules ayant déjà germé dans les buttes ?

Les canicules ont impacté le grossissement des tubercules, voire limité la tubérisation pour les plantations les plus tardives…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole