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Biogaz. Ces tracteurs qui pointent le bout de leur capot

Produire du biogaz à la ferme et l’utiliser pour faire fonctionner son tracteur. En voilà une idée vertueuse. En France, certaines exploitations ont sauté le pas. 

L’un des maillons du cercle vertueux de la ferme indépendante en énergie : c’est de cette manière que New Holland vante son T6 Methane Power, premier tracteur au monde à être alimenté à 100 % au méthane, commercialisé en France depuis 2021. « Les agriculteurs cultivent des couverts à vocation énergétique et utilisent les effluents d’élevage pour produire du biométhane, qui alimente le tracteur, lequel – à son tour – participe aux travaux liés aux cultures ou aux soins des troupeaux », commente la marque. 

Retour d’expérience

Trois ans plus tard, les agriculteurs disposent d’un peu de recul sur ce tracteur, notamment grâce au projet “Mon tracteur roule au biogaz produit à la ferme” mené par la FNCuma et l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF). L’objectif est d’évaluer en conditions réelles d’utilisation l’impact du changement d’énergie sur les performances techniques, sur l’organisation des chantiers et sur le plan économique. Six tracteurs étaient répartis sur la France, dont cinq alimentés en biogaz par l’unité de méthanisation des exploitations et un à la Cuma du plateau de Brie en Seine-et-Marne, rechargé en gaz par des stations ouvertes au public.

Quelques chiffres

En 2023, ces tracteurs ont réalisé de 99 à 634 heures et parcouru entre 913 et 5 770 km sur la route. Leur consommation de biogaz a varié, selon les fermes, entre 7,03 et 9,6 l/h, soit un coût de carburant horaire allant de 9,98 à 13,63 euros H. T., en se basant sur un prix moyen pondéré du gaz de 1,42 euro H. T./kg. 
D’après les premiers résultats du projet, « dans l’hypothèse d’un prix au litre identique entre GNR et biogaz, voire plus cher pour le GNR à moyen terme, le T6 Methane Power est économiquement intéressant sur le poste carburant ». Le point limitant serait la recharge en biogaz dans le cas, comme pour la Cuma du plateau de Brie, où la recharge se fait dans une station extérieure. Cette Cuma disposait d’une station située à 10 km de son siège. Sur 99 heures d’utilisation, 20 heures ont été consacrées au remplissage du biogaz, temps de trajet compris. Mais des solutions existent. Les utilisateurs ont investi en septembre 2023 dans une solution de stockage mobile.

Convertir son tracteur au biogaz

Quelles solutions existent pour un agriculteur attaché à une marque en particulier ? La conversion au biogaz pourrait être possible. C’est le cas, à Verrières-en-Forez (42), où pour la première fois en France un tracteur à motorisation diesel a été rétrofité pour carburer au biogaz. Il s’agit d’un Claas Celtis 436. Cette opération, appelée rétrofit au gaz renouvelable, a été réalisée par le Centre de recherche en machines thermiques (CRMT), basé à Dardilly dans le Rhône. Le moteur diesel a subi plusieurs modifications (mécaniques, intégration du système de contrôle moteur CRMT et développement de stratégies de contrôle, ajout d’un système de post-traitement) pour pouvoir fonctionner au bioGNV (gaz naturel véhicule produit à partir de matière organique). Les réservoirs embarqués autorisent environ quatre heures de travail.
La transformation fait l’objet d’une expérimentation recevant l’aide de GRDF, qui se poursuivra par une phase de test en conditions réelles. Le tracteur évoluera pendant quinze jours au sein du Gaec du Pré-Vert (42), qui compte déjà un tracteur New Holland T6 Methane Power dans son parc, afin de le mettre dans des conditions réelles d’exploitation agricole (déplacement de matériels, travail dans les champs…). Cette exploitation dispose d’une unité de méthanisation et d’une station de distribution de bioGNV.•

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