Aller au contenu principal

Arnaud Bazin, metteur en scène des concours de saut d’obstacles

Dans un concours hippique, c’est lui qui amène le décor. Il fait en sorte que les acteurs, couples cheval-cavalier, puissent y jouer leur meilleur rôle. Chef de piste est un rôle clé. Rencontre avec Arnaud Bazin, un Samarien qui exerce cette fonction depuis dix ans.

La compétition a toujours été un moteur pour Arnaud Bazin. « Ma mère m’a transmis son amour pour le cheval. Depuis tout jeune, j’ai été compétitif », confie le fils d’agriculteurs de Saint-Aubin-Rivière, dans la vallée de la Bresle. Le mordu a décidé assez tôt de suivre un cursus professionnel dans le milieu : BEPA, bac pro, monitorat… « Et à chaque fois que j’allais en concours, je donnais un coup de main au chef de piste. Les notions de construction de parcours, de distances entre les obstacles, d’alignement des combinaisons, m’ont toujours plu. »
Depuis dix ans, la fonction de chef de piste officiel s’ajoute à ses activités. Arnaud est aussi à la tête de sa microentreprise (micro BA) de pension de chevaux, et responsable de la partie équestre du centre des Papillons blancs des vallées de Foucarmont en Seine-Maritime. « Tout est complémentaire », assure-t-il. En tant que chef de piste, son évolution est constante. « C’est un long cursus. Il faut pratiquer chaque niveau pour pouvoir monter les pistes d’un niveau supérieur. » Lui acquiert son expérience auprès de chefs de pistes chevronnés et à force de pratique. Il est désormais candidat au niveau national élite, le plus élevé pour un chef de piste en France. Sa prochaine mission est d’imaginer les parcours du concours Super As de Villers-
Vicomte (60) le week-end prochain, qui rassemblera les meilleurs cavaliers poney de France (voir encadré).

Une grosse responsabilité

Avec Arnaud Bazin, chaque parcours est mûrement réfléchi. « J’élabore mes plans bien en avance. Je n’aime pas l’improvisation. » Il faut dire que la responsabilité est énorme. « Je suis un peu le metteur en scène du film, dans lequel les acteurs sont les cavaliers et leur cheval. On amène le décor dans lequel ils évoluent.» Pour imaginer son tracé, le perfectionniste part toujours du cheval. « Je ne veux pas créer de grosse faute, avec des barres qui claquent dans les membres. Je bannis les obstacles juges de paix. Pour moi, ce sont des pièges. »
Un bon parcours est à ses yeux construit et aéré, un peu fautif partout si le cavalier ne pilote pas parfaitement. La difficulté doit être amenée sereinement. Les combinaisons, doubles ou triples, sont toujours faciles à aborder, parce qu’elles mettent déjà suffisamment le cheval à l’effort.
« Un parcours parfait, c’est une poignée de sans fautes, et une ribambelle de quatre points (une barre tombée par terre, NDLR) », sourit-t-il. Une multitude de facteurs entrent en compte. « Il faut faire attention au dévers d’une carrière, à la qualité du sol, aux obstacles eux-mêmes, à l’organisation… » Arnaud Bazin joue sur les distances entre deux obstacles, sur la largeur frontale des obstacles. Mais ce qui fait la finalité de l’épreuve est le chronomètre. « Le temps accordé au cavalier pour réaliser son tour est le plus difficile à déterminer. S’il est trop long, ce sera trop facile. S’il est trop court, les cavaliers vont devoir serrer leurs courbes trop fort et ce sera trop difficile. » Avec sa roue métrique, le chef de piste connaît la longueur de son parcours au mètre près. Des références sont données par niveau, comme 375 m par minute en épreuves professionnelles. «Mais il faut toujours l’adapter. Les trois premiers cavaliers sont un peu les cobayes. On a la possibilité d’ajuster ce temps accordé après leur passage. »
 

Des concours internationaux aux locaux

Pour ces cavaliers, Arnaud tient à rester le plus abordable possible. « Je vais toujours à leur contact. Recueillir leur ressenti est enrichissant. Je peux aussi leur apporter une aide. » Cette communication est d’ailleurs primordiale pour Arnaud Bazin. « C’est l’équipe toute entière qui fait la qualité du concours. Je suis sans cesse en relation avec les membres du jury, les organisateurs, le chef de paddock… » L’humilité du passionné paye. Arnaud a été appelé pour assister Cédric Longis, un des chefs de piste internationaux les plus demandés, lors du CSI 3* de Valence du 24 au 27 novembre (Concours international de niveau 3*). « C’est une vraie chance d’être appelé pour ça. C’est hyper gratifiant. » Pour autant, Arnaud reste disponible pour les « plus petits » concours locaux qui l’ont aidé à se lancer, comme celui d’Abbeville (80). « Toutes les catégories sont intéressantes. Je suis heureux de participer au plaisir des cavaliers, peu importe leur niveau ».

 

Super As : les meilleurs cavaliers poney à Villers-Vicomte (60)

La crème de la crème des cavaliers poney se retrouvent à l’écurie Lambert de Villers-Vicomte, ce week-end du 20 novembre, pour une étape Super As. Cette étape est une des dix organisées en France, adressées aux meilleurs cavaliers de moins de dix-huit ans sur des poneys D maximum (1,50 m au garrot), qui participent au circuit Tournée des As Poney. Mis en place pour la saison 2017-2018, les Super As participent à l’élaboration d’un projet sportif et éducatif. « Elles ont pour but d’améliorer le niveau technique des cavaliers et poneys. Elles servent surtout de support de détection pour l’équipe de France poney, qui participe à des épreuves internationales », explique la Fédération française d’équitation (FFE). Les cavaliers devront piloter au mieux leur poney sur un parcours imaginé par… Arnaud Bazin. « La famille Lambert est une des premières à m’avoir fait confiance, se souvient-il. Continuer de travailler avec cet organisateur me tient à cœur ».

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les JA du canton d'Yvetot en charge de cette édition 2026.
Festival de la terre : J -1

Boostés par l'organisation l'année dernière des Terres de Jim à Vieux-Manoir, les Jeunes agriculteurs seinomarins vont…

Le service juridique se tient à votre disposition pour tout renseignement.
Fermage 2026 : une augmentation plus mesurée

L'arrêté du 11 août 2026, publié au JORF le 13 août 2026, fixe l'indice national des fermages à 127,04, soit une…

Grâce à l'arrivée de nouvelles machines, près de 13 000 hectares ont pu être écapsulés sur le territoire de la coopérative Terre de Lin.
Récolte de semences de lin 2026 : une campagne inédite

La saison d'écapsulage est terminée pour Terre de Lin. Elle est inédite à plusieurs titres. Explications.

La réforme concerne pratiquement toutes les entreprises et exploitations assujetties à la TVA.
Facture électronique : l'AS 76 mobilisée aux côtés de ses adhérents
La mise en place de la facture électronique constitue une évolution importante au sein des exploitations agricoles. Pour…
Maïs touchés par la sécheresse dans le pays de Bray.
« Si l'urgence est au court terme, il va vite falloir penser aux échéances plus lointaines

La violence de cet été caniculaire va nécessiter un accompagnement rapide des exploitations les plus en difficulté. La rentrée…

Pour répondre à la demande, le local doit pousser les murs.
Les Petites L'Ouches s'équipe pour répondre à la demande d'un nouveau gros client

L'atelier de transformation et la plate-forme logistique pour les agriculteurs locaux a lancé des travaux et des achats pour…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole