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Après la crise, les consommateurs reviendront vers le lin.

La crise du lin est conjoncturelle, il est conseillé de fortement baisser ses surfaces pour qu'elle ne se transforme pas en crise structurelle.

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© Ludovic Vimond

L'association des producteurs de lins (AGPL) a voulu informer les liniculteurs de façon transparente sur la filière lin en organisant un webinar le 23 juin dernier. Bertrand Gomart et Jacques Fauvel, président et vice-président, ont expliqué les conséquences immédiates de la crise du Covid-19 sur les liniculteurs. « La filière lin est une filière dynamique et innovante. Ses parts de marché augmentent depuis 10 ans car le lin est consommé partout, aux Etats-Unis, en Asie et en Europe. C'est une fibre qui est sortie de nos frontières et c'est très bien », tient à préciser Bertrand Gomart. Seulement depuis mi-mars, la crise du Covid-19 a stoppé net la consommation. Les ventes de vêtements ont chuté (-50 % en mars et -75 % en avril) et toute la filière s'est arrêtée subitement. « En mai, il y a eu un petit sursaut mais personne ne sait si cela va durer. Les magasins de prêt-à-porter connaissent de grosses difficultés. Ce qui n'a pas été vendu durant le printemps sera à vendre dans les mois à venir. Tout cela a des répercussions sur la filière évidemment car les acheteurs de fibres ne risquent pas de revenir avant au moins 6 mois. »


Le lin a le vent en poupe

Le président de l'AGPL parle d'une crise conjoncturelle qui sera longue mais insiste pour  dire que le lin n'est pas en cause : « le lin a le vent en poupe. Les consommateurs reviendront vers le lin, c'est une certitude. Toutes les études vont dans le même sens. Elle mettent en avant la volonté profonde de consommer en minimisant l'impact sur l'environnement. Le lin est prêt pour répondre à ces évolutions. En attendant, il faut tenir bon et surtout continuer à faire une fibre de qualité ».A côté des conséquences du Covid-19, la filière subit aussi de plein fouet une sécheresse qui va beaucoup impacter la récolte 2020. « Dans l'Eure par exemple, près de 15 % des linières ne sont pas arrachables, 30 % sont travaillables et 55 % sont correctes. Les liniculteurs prennent leur disposition maintenant que nous avons des informations plus précises de la part de l'administration. Les linières peuvent ainsi être détruites sans conséquence sur les primes. Par contre pour ceux qui  décident d'aller jusqu'à l'arrachage mais qui ne pourront  pas rentrer leur lin, je rappelle qu'il n'y aura pas de dérogation de brûlage. Il est donc conseillé d'anticiper et de voir dès maintenant ce qu'il faut faire avec son technicien ». Après une fermeture de trois mois, les teillages reprennent à environ 30 % de leur capacité. 40 % de la récolte 2019 est teillée à ce jour. Les agriculteurs doivent donc se préparer à stocker une à deux années de récolte et prévoir de baisser très fortement leur surface pour 2021. « Si chacun conserve sa surface habituelle, cette crise conjoncturelle deviendra une crise structurelle. Il faut passer ce cap difficile de 2 à 3 ans en diminuant sa surface de lin ». Bien sûr cette situation va lourdement impacter les trésoreries. Les mesures du gouvernement ont été rappelées dont le PGE, Prêt Garanti par l'Etat, qui correspond à un prêt de trésorerie par hectare,  à taux zéro, pour passer le cap d'une année. « Si on ne peut pas rembourser le PGE au bout d'un an, il est amortissable sur 3 à 5 ans. Les bénéfices 2020 arriveront en 2021. C'est donc en 2021 que les soucis de trésorere seront les plus importants. Nous conseillons donc d'activer le PGE le plus tard possible », explique Jacques Fauvel. De plus, l'AGPL s'est rapprochée des banques ouvertes aux agriculteurs afin qu'elles proposent plus facilement des reports d'annuités sans frais supplémentaires. La DPA peut également être transfromée en DPE qui est un système d'épargne plus souple permettant de débloquer de la trésorerie plus rapidement. Enfin Bertrand Gomart  a présenté les travaux  au niveau de l'AGPL : la mise en place d'un panel de 450 liniculteurs pour une représentativité plus fiable des surfaces, un travail sur les coûts de production de la culture qui pourra aider à négocier le dossier assurance récolte.

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