Annie Genevard à l'écoute de la profession agricole
Avant de participer à la restitution des travaux des Conférences de la souveraineté alimentaire, la ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, est allée à la rencontre des agriculteurs ce vendredi 12 juin. L'occasion pour FNSEA 76 et JA 76 de porter leurs revendications.
C'est en compagnie du préfet de la région Normandie, Jean-Benoît Albertini, mais aussi des élus locaux et régionaux, qu'Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, s'est rendue en Seine-Maritime pour participer à la restitution des travaux normands des conférences de la souveraineté alimentaire le 12 juin.
Avant cette restitution, qui s'est déroulée dans les locaux de l'usine Lunor à Luneray l'après-midi, la ministre a visité l'exploitation agricole de la Scea de la Ferme du Pays à Pissy-Pôville.
Annie Genevard a été accueillie par Arnold et Elizabeth Puech d'Alissac et leurs fils sur leur exploitation de polyculture élevage : "Le choix de la vente directe qui renforce le lien entre les producteurs et les consommateurs, la volonté et l'envie de transmettre aux jeunes générations sont à saluer. Nous sommes ici au cœur de la Normandie, un territoire adapté à la souveraineté alimentaire. Il y a dans cette région une capacité de production qui la rend exceptionnelle", a souligné la ministre.
Cette visite a été l'occasion d'aborder différents sujets d'actualité avec les représentants de la FNSEA 76 et de JA 76. Loi d'urgence, gestion de la tuberculose, qualité de l'eau, pression foncière et relation avec RTE ont ainsi été évoquées.
La ministre a notamment été interpellée par Franck Grémont sur les sujets liés au développement de l'EPR de Penly. "Ce chantier a évidemment des impacts sur le foncier, que la profession tente de minimiser au prix d'âpres discussions avec les promoteurs de ce projet. Nous nous battons aussi depuis des mois pour revoir les indemnités versées par RTE pour l'implantation des pylônes. Nous avons besoin de votre soutien sur ces deux sujets majeurs", a lancé le vice-président de la FNSEA 76.
"Tout en reconnaissant que les efforts sont à accentuer", les responsables syndicaux ont souligné que la protection de la ressource en eau ne pourra se faire sans l'adhésion des agriculteurs, ni le soutien de l'État, des collectivités territoriales et de l'agence de l'eau.
" La terre agricole est précieuse "
Évoquant le projet de loi d'urgence, Annie Genevard a rappelé que ce texte prévoyait des dispositions pour protéger le foncier agricole, premier facteur de souveraineté alimentaire. "La terre agricole est précieuse et nous sommes très attentifs quand les agriculteurs sont privés de leur moyen de produire. Le projet de la loi d'urgence doit notamment encadrer plus strictement les mécanismes de compensation écologique, afin qu'ils ne se fassent pas au détriment de terres agricoles fertiles. Il donne la priorité à la compensation écologique sur des terres peu productives, en permettant qu'elle puisse se trouver dans un périmètre géographique plus large ". Les responsables agricoles ont profité de cette visite pour rappeler que la profession sera attentive à la gestion foncière du potentiel chantier de la Ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN) et à la restitution des terres en stock en cas d'abandon définitif du projet de contournement de Rouen.
Concernant la problématique de la qualité de l'eau, Justin Lemaitre, président de JA 76, et Bruno Ledru, président de la FNSEA 76, ont interpellé la ministre sur la nécessité de privilégier le dialogue et la coconstruction à la réglementation. "Tout en reconnaissant que les efforts sont à accentuer", les responsables syndicaux ont souligné que la protection de la ressource en eau ne pourra se faire sans l'adhésion des agriculteurs, ni le soutien de l'État, des collectivités territoriales et de l'agence de l'eau. "Il est important de concilier protection de la ressource et production agricole, notamment si nous voulons garantir la souveraineté alimentaire", a souligné Bruno Ledru, président de la FNSEA 76.•