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Alexis Brière : « à l’OP, on est les motivés du lait »

Producteur de lait dans le Perche, Alexis Brière est aussi président de son canton JA et président de l’OP Lactalis du département. À 35 ans, cet éleveur aime son métier, ses animaux et s’engage ardemment pour défendre la profession.

« J’aime mon métier, tout me plaît, même ce qui est moins sympa à faire. »
© J. P.

« C’est souvent que ça sonne », dit, le sourire énergique, Alexis Brière en dégainant son portable. Pour cette fois, il laisse couler. C’est que l’éleveur laitier, installé en Gaec à Chemilli (61), multiplie les casquettes : président de l’Organisation de producteurs laitiers de l’Orne (Oplo), administrateur à l’Organisation des producteurs Normandie Centre (OPNC), président du canton JA de Bellême, président d’une Cuma et administrateur d’une autre, membre d’un groupe lait Elvup, président d’interco à la FDSEA 61, nouveau dans la section lait du syndicat aîné, conseiller municipal et « marié, père de quatre enfants de 10, 8, 6 et 2 ans ».

« Je ne voulais pas laisser les vaches »

Alexis Brière est fils et petit-fils d’agriculteurs. Ses parents sont éleveurs de porcs et cultivent des céréales. Il traîne aussi dans la ferme d’à-côté, « à 400 mètres », où les éleveurs traient des normandes. « On s’entendait super bien. Cette ferme m’a donné envie de faire des études dans le lait. » Alexis valide un BTS Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole (Acse) dans la Sarthe en 2009, puis enchaîne avec un emploi salarié. En 2011, l’exploitant de la ferme voisine décède brutalement. « Il fallait faire le boulot, j’y avais déjà travaillé et je ne voulais pas laisser tomber les vaches. » Le 1er janvier 2012, il reprend la ferme et crée le Gaec du Bois Robin avec ses parents. De 50 normandes, 300 000 litres de lait, une salle de traite en 2 x 6 en 2012, il passe à 110 prim’holstein, 1,3 million de litres de lait et deux robots de traite aujourd’hui. Les prairies sont réservées aux génisses. « Les vaches ne sortent plus, mais elles mangent autant d’herbe qu’avant ».

Continuer le travailde Jacky Gilbert, mais...

Alexis Brière fait partie des « motivés du lait ». Il rentre à l’Oplo « du temps de Jacky Gilbert » et assiste aux assemblées générales. Quand le président veut passer la main, il lui propose le poste. « C’est une démarche volontaire. Il y a peu de producteurs de lait dans le Perche, on n’est pas beaucoup représenté. J’ai beaucoup d’estime pour l’engagement de Jacky, il a relancé une dynamique, il a fait un vrai travail sur les OP », apprécie-t-il. Alors, il ne veut pas le laisser tomber. Lui non plus. Et, « si on veut critiquer, il faut s’engager », lance-t-il pragmatique. L’Oplo, « c’est une journée par an. On communique, on s’apporte des informations, on partage le positif et le négatif ». À l’OPNC, « j’apprécie le travail de Yohann [Serreau, président de l’OPNC et de l’Unell, ndlr]. On échange beaucoup. Il faut prévoir une journée toutes les cinq à six semaines ». Alexis Brière fait une pause : « enfin, ça dépend du prix du lait ».

... déçu de Lactalis

Depuis juillet, l’éleveur déchante. Les relations entre l’OP et Lactalis se sont tendues. « Jusque-là, il y avait du respect entre les hommes, de la cohérence dans le système. » En 2022, alors que les cours beurre poudre, sur lesquels la formule de prix est indexée, flambent, la laiterie négocie un ajustement à la baisse. « Nous l’avons compris. » En 2023, les cours chutent. Machinalement, le prix du lait dégringole. L’Unell demande alors un ajustement à la hausse. Juste retour de bâton. « On aurait pu tous être intelligents », plaide Alexis Brière. Lactalis refuse, la clause de sauvegarde est activée pendant l’été. « Je suis déçu par son comportement. On reprend les relations avec le médiateur. C’est dommage, ça recasse les liens. » Mais Alexis Brière ne désespère pas. Son naturel positif reprend le dessus et il transmet son énergie à ses enfants. « Ils sont autonomes entre eux, ils ne nous embêtent jamais le matin, ils m’aident à la ferme. Ils nous donnent beaucoup, alors je leur donne aussi et je ne sabote pas leurs vacances. On part une semaine l’été et au moins une autre l’hiver. » Des semaines où, là aussi, Alexis Brière fait le choix de moins décrocher quand son portable sonne. •

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