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Aide aux petits investissements : un soutien primordial pour nombre d'exploitants

Victor Lesage et Cyril Lucas ont reçu à tour de rôle sur leur exploitation élus et représentants de la Chambre d'agriculture ce 27 janvier. Tous deux ont témoigné du soutien aux "petits investissements matériels" agricoles mis en place par le Département, un dispositif qui a fait ses preuves au fil des années par son efficacité.

Né d'une volonté politique forte, le dispositif de soutien aux "petits investissements matériels" agricoles (inférieurs à 10 000 euros HT) est plébiscité par les exploitants. Cyril Lucas et Victor Lesage en ont bénéficié récemment comme sont venus le constater dans leur ferme respective Cécile Sineau-Patry, vice-présidente du Département en charge de l'agriculture et de la ruralité, accompagnés d'autres élus seinomarins et de représentants de la Chambre d'agriculture.

En introduction, Cécile Sineau- Patry a rappelé la genèse de cette aide : " Depuis la loi NOTRe de 2015, les Départements n'ont pas le droit de porter la politique agricole, seules les Régions peuvent le faire ". Refusant de laisser les agriculteurs sans soutien, les cinq départements normands ont alors réagi : " On a signé une convention avec la Région et on s'est mis d'accord, on a fait un deal ", précise-t-elle avec pragmatisme.

Ce "deal" permet aujourd'hui au Département d'injecter plus de 2 millions d'euros par an dans l'économie agricole locale au titre de ce dispositif. Et le succès est au rendez-vous, avec une demande qui ne faiblit pas. " C'est exponentiel. En 2016, quand il y a eu l'expérimentation, on avait environ 350 dossiers. On est passé à plus de 700 dossiers actuellement ", détaille-t-elle, soulignant que cette politique est " une vraie réussite " qui répond " nécessairement à des attentes ".

La sécurité avant tout

À Saint-Rémy-Boscrocourt, Victor Lesage, 32 ans, gère un troupeau de vaches allaitantes au sein de la SCEA MC2G. Installé depuis 2023, il n'habite pas sur son lieu de travail, ce qui rendait la surveillance des vêlages complexe. Grâce au dispositif des petits investissements, il a pu investir dans deux caméras. " C'est un confort pour moi, parce que ça me permet de jeter un œil 24 heures sur 24. C'est aussi une sécurité pour les animaux, je ne voudrais pas qu'une vache reste mal prise avec un vêlage ", confie-t-il.

L'éleveur a multiplié les projets grâce à la simplicité du dispositif : " Ce qui est bien, c'est que ce sont des dossiers qui sont assez rapides et simples à monter. Souvent, sur d'autres dossiers, il faut quasiment passer par un comptable. Ici, on a beaucoup de chance. À l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), on a quelqu'un au téléphone pour nous guider ". Après avoir acquis des râteliers, des auges et des bacs à eau pour optimiser ses pâturages, Victor prévoit pour 2026 l'installation de cellules de stockage en béton : " Ça me permettra d'acheter en vrac pour avoir des rations plus équilibrées tout au long de l'année ".

L'exigence de la qualité

À Dancourt, Cyril Lucas dirige les Serres de l'Yères depuis 13 ans. " J'ai racheté l'entreprise, il y a 13 ans. On y faisait déjà de la vente au détail ", précise l'horticulteur de 40 ans. Le dispositif de soutien lui a permis d'acheter un déshumidificateur, pièce maîtresse de sa stratégie de protection biologique intégrée (PBI). " Comme on lâche des auxiliaires pour combattre les ravageurs, on fait beaucoup plus attention. Et si on a énormément d'humidité, on a du botrytis partout ", explique-t-il. En régulant l'hygrométrie, il réduit donc drastiquement les maladies et le recours aux traitements, tout en réalisant " des économies d'énergie ". Pour ce professionnel du végétal, qui mise avant tout sur la qualité pour se battre contre la concurrence de la grande distribution, ce soutien financier a été vital. Comme le disait sa grand-mère : " Le prix attire, mais la qualité retient ".

Du sens à l'action publique

Pour Dominique Détouteville, chef du service agriculture au Département, l'impact de ces aides dépasse le simple aspect financier, l'objectif est avant tout humain : " L'idée, au départ, c'était vraiment d'accompagner dans la réduction de la pénibilité ". Qu'il s'agisse de manipuler du bétail ou de gérer le climat d'une serre, le matériel subventionné soulage le travail physique et mental des exploitants. Cécile Sineau-Patry abonde en ce sens et rappelle que ces visites sur place sont indispensables : " Ça donne du sens, et ça permet d'avoir un échange ". En soutenant l'élevage, le maraîchage ou l'horticulture, la Seine-Maritime prouve que de petits investissements, bien ciblés, sont les moteurs d'une agriculture résiliente et durable.•

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