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Réagir 27-76 : des adhésions directes en hausse en 2025

Le 12 février, l'association Réagir 25-76 dont l'accompagnement permet de redresser de nombreuses situations, a tenu son assemblée générale à Saint-Paër. En 2025, elle enregistre, dans un contexte agricole très dégradé, une hausse des adhésions d'agriculteurs en grande difficulté économique et psychologique. Radioscopie.

C'est devant un parterre d'une cinquantaine de personnes, et en présence de sa présidente, Mireille Lamy-Cadiou, que les conseillers de l'association Réagir 27-76 ont présenté à tour de rôle les résultats 2025 de la structure chargée d'aider les agriculteurs en difficulté dans l'Eure et la Seine-Maritime. " L'association enregistre 43 nouveaux adhérents en 2025 ; ce qui porte à 230 le nombre d'exploitations accompagnées durant cette année-ci, à peu près à parts égales dans les deux départements ", note en introduction Xavier Larchevêque, directeur de Réagir 27-76.

Des adhésions en hausse depuis 2023

L'association a connu un pic important d'adhésions depuis 2023, à la suite de son changement de nom (ex-Atex), mais aussi d'un important travail de communication auprès de ses partenaires, et d'une prescription (recommandation à adhérer à l'association) accrue en raison de facteurs conjoncturels défavorables.

" Les profils des exploitants aidés changent au fil des années, souligne au passage le directeur, et, chose nouvelle, 18 % de ces nouveaux entrants nous arrivent dorénavant de leur propre chef. Là aussi ça s'explique par le fait que l'association connaît une visibilité croissante, et qu'enfin, ce n'est plus un tabou d'adhérer à Réagir ".

Suivis et accompagnements

En 2025 l'association comme à son habitude a proposé différents types d'accompagnement : "normal", "allégé", "trésorerie", etc. " On a 6 à 12 rendez-vous par an, en fonction du besoin de chaque adhérent. Les suivis dits "allégés" ou prestations de trésorerie, sont proposés plutôt en fin de suivi, pour des adhérents qui n'ont pas forcément envie d'être "lâchés" tout de suite. "

En 2025, il y a eu un pic important de rendez-vous post-moisson, l'association proposant des bilans récoltes et de préparation à la campagne suivante.

Diagnostic des systèmes de production entrants

" Cette année, 41 % des adhésions sont des systèmes "scopeurs" (surfaces céréalières et oléoprotéagineuses) liées à la difficulté de la filière. Viennent ensuite les bovins viande, puis les bovins lait. Donc, à eux trois, ils représentent les trois quarts des adhésions ", explique l'un des conseillers. À noter que les années précédentes, les bovins lait étaient la première des catégories aidées. " On a vraiment une inversion de ces trois systèmes majoritaires. Pour le quart restant, on retrouve des systèmes très variés, allant des systèmes maraîchage, arboriculture, équins, mais aussi des apiculteurs, des élevages canins ".

Travailler seul semble plus difficile

Au niveau du statut juridique, les entrants sont pour moitié en individuel et 40 % en EARL unipersonnelle. Viennent très loin derrière les formes sociétaires, Gaec et SCEA. Travailler seul semble donc plus difficile.

Les motifs d'adhésion

Il ressort qu'une exploitation qui adhère a " toujours des difficultés multifactorielles ", souligne un conseiller, la plus importante, étant " celle du choix stratégique, c'est-à-dire des mauvais choix de gestion d'entreprise ". En deuxième position, il y a l'organisation du travail. " Les deux tiers sont des retards conséquents de comptabilité et/ou des difficultés administratives ". En troisième position, " des problèmes de santé ". En quatrième, " des problèmes techniques, des choix de conduite du système par exemple ". En cinquième, " des difficultés qui relèvent des aléas climatiques ", puis enfin " des désaccords (entre associés, entre générations, etc.)".

L'âge moyen des entrants 2025 s'établit à 48 ans, " un âge plutôt stable ". " Une majorité de nouveaux entrants a entre 50 et 60 ans. Cependant, on voit que les jeunes ne sont pas épargnés puisque quasiment un quart d'entre eux ont moins de 40 ans. "

Quant à leurs niveaux de formation, il y a "18 % d'entre eux qui n'avaient pas de diplôme du tout. Ce qui sous-entend qu'ils se sont aussi installés sans les aides. A contrario, il y a 22 % des exploitations dont les chefs d'entreprise ont des diplômes allant du bac + 2 à bac + 5, mais ce sont des installations hors cadre familial ".

Quelques critères technico-économiques

Concernant l'EBE sur produit brut, " les exploitations entrantes ont un EBE moyen à 4 %, sachant que celui d'une exploitation "normale" est de 30 %. Un quart des entrantes ont quant à elles un EBE sur produit brut négatif. On a donc de gros problèmes de rentabilité liés à la conjoncture principalement ".

La dette fournisseur a de son côté tendance à augmenter sur l'ensemble des exploitations entrantes et leur taux d'endettement est " élevé, mais stable par rapport aux cinq années passées ". " 57 % des exploitations ont un taux supérieur à 70 % d'endettement. Cela engendre des difficultés puisqu'une exploitation qui est très endettée va avoir beaucoup de mal à se faire financer et à aller chercher de nouveaux financements. "

Concernant le revenu disponible par UTH, " sur les 43 exploitations qui sont entrées, la moitié a travaillé pour ne rien gagner du tout, ce qui provoque forcément des situations de mal-être, souligne la présidente. On a une moyenne d'exploitations qui sont à - 2 500 euros de revenu par an depuis 5 ans [...] Si on n'avait pas de lin dans la région, on aurait beaucoup plus d'exploitations en difficulté ".

" Sur la stratégie d'investissement, on a souvent trop d'investissements, trop grands, trop gros, et la rentabilité n'est pas là ", ajoute-t-elle.

Les motifs de sortie

En 2025, 27 exploitations sont sortantes, 11 dans le 76 et 16 dans le 27. 70 % d'entre elles sont redressées (9 exploitations) ; 11 % ont connu une cession (3 exploitations), et 19 % sont sorties sur désaccord (5 exploitations), les personnes n'écoutant pas les conseils et les préconisations.

" Par rapport aux indicateurs financiers moyens des exploitations sortantes, une exploitation qui rentre chez Réagir, et qui a un EBE sur produit brut qui se situe entre 5 et 10 %, sort plutôt avec un EBE à 26 %. Sur le taux d'endettement, celui-ci diminue d'au moins 20 %. La dette fournisseur reste élevée, mais l'association qui a négocié permet à l'exploitant d'avoir un échéancier. Quant au revenu disponible, il approche des 60 000 euros, mais ce chiffre est à relativiser. " 

" Un suivi chez nous est en moyenne de 5 ans, précise la présidente. Bien sûr, c'est variable d'un dossier à l'autre. Le but c'est de rendre les gens les plus autonomes possible." "On constate que quand on a des difficultés d'ordre structurel, les accompagnements sont beaucoup plus longs."•

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