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Achetons notre supermarché

Un nouveau modèle de distribution verra le jour en 2019 sur Dieppe. Il repose sur quatre valeurs : social, local, éthique et durable.

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L'ouverture du supermarché est programmée pour 2019. L'association créée en 2017 compte 200 adhérents. L'objectif est d'en atteindre 800 en fin d'année.
© Catherine Hennebert

 

Le groupement féminin de développement agricole et rural Saâne et Scie a rencontré Frédérique Gerber, présidente de l'association « La Serre citoyenne » le 4 mai à Fontaine-le-Dun.
Frédérique Gerber n'hésite pas à se déplacer pour expliquer son projet : créer un supermarché participatif sur Dieppe. « D'un point de vue professionnel, je suis spécialisée dans l'aide aux porteurs de projet. Aujourd'hui, je consacre une partie de mon temps à réunir des gens autour d'un modèle de distribution différent, où chacun serait propriétaire de son supermarché ».
« La Serre Citoyenne » réunit toutes les personnes désireuses de participer à la mise en place du projet « Achetons notre supermarché ». Le souhait est de créer un espace de vie et de vente qui participerait au développement du territoire et soutiendrait les producteurs locaux.

Mettre l'humain au coeur du concept
Pour le moment, l'association créée en octobre 2017 compte 200 adhérents. L'objectif est d'atteindre les 800 en fin d'année puis de réunir entre 1500 et 300 adhérents dont 80% souhaiterait devenir propriétaire d'un supermarché de 200-300m2 en ville. L'ouverture est programmée en 2019. Pour le moment, les membres de l'association sont organisés en neuf collèges : la communication, les achats, l'aménagement du magasin, la recherche d'adhérents, le bien-être, l'administration, la logistique et la distribution, l'informatique, le développement durable. Chacun peut rejoindre un groupe en fonction de ses compétences et de ses centres d'intérêt afin de participer aux prises de décision.  En ce qui concerne l'approvisionnement, une charte est en cours de construction qui définira les besoins par catégorie, alimentaire et non alimentaire : « Nous devons choisir ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas en termes de qualité et d'éthique. Le but est d'ouvrir les portes à tous les producteurs qui font de belles choses. Nous avons rencontré un éleveur laitier qui nous a expliqué combien il doit vendre son lait pour ne pas perdre d'argent. Nous souhaitons offrir une alimentation saine et durable, sensibiliser les gens à l'importance du bien manger. Nous voulons assurer une politique du juste prix pour les consommateurs et garantir une juste rémunération aux producteurs et aux salariés. Nous voulons tendre vers une économie circulaire et générer le moins de déchets possible. Une étude est réalisée pour limiter les consommations d'eau et d'électricité. Nous voulons privilégier des achats équitables et une consommation raisonnée. Nous favoriserons une économie de partage et de fonctionnalité. Pourquoi tous avoir un appareil à raclette ? Pourquoi ne pas le louer ? ».
D'un point de vue fonctionnel, cet espace commercial aura une gouvernance partagée : un homme égal une voix. Chaque personne propriétaire aura un droit de regard, prendra part aux décisions de gestion. « Une dizaine de personnes forment un collège, faisant des propositions qui sont remontées au conseil d'administration. Ce dernier décidera en accord avec la charte ». Les futurs salariés seront aussi propriétaires. Ils voteront comme les adhérents pour les grandes décisions.

Recevoir des dividendes proportionnellement au montant de nos consommations
« La particularité de ce projet est de vouloir développer un modèle qui propose deux modes de distribution : vers le consommateur et vers le territoire. Les bénéfices iront aux associés propriétaires en fonction des euros consommés et augmenteront leur pouvoir d'achat. Mais ils permettront également la création et le développement de structures et services favorisant ainsi l'économie locale ».
Le montant de la part sociale est en réflexion, Frédérique Gerber parle de 150 euros  par personne ou 300 euros par famille pour être propriétaire d'un supermarché. « Cela permettrait d'avoir un capital qui faciliterait la levée de fond et l'obtention d'aides par les pouvoirs publics. Nous sommes plutôt partis vers un achat des murs qui représenterait environ 4 millions d'euros. Des études économiques réalisées par des experts comptables et fiscalistes mettent en avant la viabilité et la rentabilité du projet et les banques nous ouvrent leurs portes car il y a une consommation assurée ».
Chacun a la possibilité de rejoindre l'association « La Serre Citoyenne » pour soutenir ce projet, de participer à son élaboration et/ou prendre une part sociale et devenir propriétaire à terme. Pour ceux qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas directement participer, un accès adhérent sur le site permet de suivre l'évolution du projet, de le commenter et d'y apporter des idées.

La Serre Citoyenne : 06.23.43.78. 23 - contact@laserrecitoyenne.fr
www.jachetemonsupermarche.com

Réunions d'informations

Pour en savoir plus, deux réunions d'information sont organisées. La première aura lieu vendredi 1er juin à 18 h 30, salle des associations, impasse des fleurs à Longueville-sur-Scie. La seconde est prévue lundi 11 juin à 18 h, chez Francine et Guy Duponchel, la demeure de Litteville, 4 rue du bélvédère à Touffreville-sur-Eu.

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