3,7 km de haies plantées avec le Pacte en faveur de la haie
Le 5 mars dernier, la classe de seconde en aménagement paysager de l'Hortithèque de Fauville-en-Caux est venue planter 300 mètres d'alignements d'arbres de haut-jet chez Eugène et Camille Lefebvre à Grémonville.
Le 5 mars dernier, la classe de seconde en aménagement paysager de l'Hortithèque de Fauville-en-Caux est venue planter 300 mètres d'alignements d'arbres de haut-jet chez Eugène et Camille Lefebvre à Grémonville.
Pour leur projet de plantation, Eugène Lefebvre et sa fille Camille ont bénéficié du dispositif "Pacte en faveur de la haie" lancé en 2023 par le ministre de l'Agriculture de l'époque Marc Fesneau. Pour ces propriétaires d'une petite exploitation de 25 ha située à Grémonville, ce plan a permis de réaliser un projet de grande ampleur : la plantation de 3,7 kilomètres de haies autour de toutes les parcelles cultivées et les prairies.
Eugène et Camille ont repris une partie de la ferme familiale il y a 8 ans. Sur les 25 hectares, 50 % de la surface sont des prairies, valorisées par le pâturage et la production de foin pour chevaux. Les parcelles cultivées sont louées à un voisin. « Une petite structure peut être moteur d'une agriculture innovante plus résiliente, plus vivante, plus moderne où l'arbre devient un outil agricole », explique Eugène Lefebvre.
Une bonne formation pour les jeunes
À la fin de ce mois de février, 80 % du projet était planté. Le chantier a démarré en décembre et a été stoppé à cause des grosses pluies. Mais le beau temps de début mars a permis de reprendre les travaux : le 5 mars, les jeunes en formation aménagement paysager sont donc venus participer au chantier de plantation des 300 derniers mètres de haies qu'il restait à faire autour d'une prairie. « Dans le cadre de leur formation, les jeunes ont trois modules techniques : diagnostic de sites, travaux d'entretien et travaux de création. La plantation fait donc partie de leur formation mais les interventions à l'échelle du paysage agricole ne sont pas très courantes. C'est donc une bonne expérience. C'est également l'occasion de leur expliquer l'intérêt de planter des essences locales », explique leur formateur Olivier Véron.
Sur la partie organisation du chantier, les jeunes étaient également encadrés par Victor Laurent qui travaille pour l'entreprise Environnement Forêts située à Yvetot, spécialisée dans les travaux forestiers. Eugène Lefebvre lui a confié tous les chantiers de plantation réalisés sur l'exploitation.
Le projet global représente 3 700 plants et 19 essences provenant d'un pépiniériste du pays de Bray.
« Les haies, des ouvriers invisibles »
« Tout a commencé par des visites de fermes dans l'Eure proposées par les Civam normands sur le sujet de la valorisation de la haie. J'y ai rencontré Yann Pivain, à l'époque chargé de mission agroforesterie et biodiversité à la Chambre d'agriculture de Normandie. J'ai été passionné par son intervention. Je me suis alors rapproché de la Chambre et j'ai rencontré Nicolas Coufourier, conseiller érosion-biodiversité, avec qui nous avons travaillé sur un projet de plantation, en respectant le cahier des charges du Pacte national. Le dossier a été déposé en octobre 2024 et est revenu validé par la DDTM fin 2025 », explique Eugène Lefebvre.
« Les haies sont des ouvriers invisibles, ajoute Eugène Lefebvre. Elles travaillent pour nous gratuitement : c'est un refuge pour les pollinisateurs, un habitat pour les auxiliaires, un coupe-vent naturel. » « Elles stockent aussi du carbone, freinent les ruissellements, protègent nos sols », conclut l'agriculteur qui pense également à leur valorisation dans 6 à 7 ans.•