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350 élevages de moins en Normandie

Le 24 novembre à Tôtes, les éleveurs étaient invités à une présentation de Florian Fougy du service économie de la Chambre d'agriculture de Normandie sur la situation de l'élevage dans la région. Le cheptel bovin normand est en baisse en 2024, deux fois plus rapidement en système laitier que dans les races à viande.

Florian Fougy accompagne la veille stratégique, la valorisation des données, la structuration d'observatoires* ainsi que la réalisation d'études économiques et prospectives au sein des Chambres de Normandie.

Sa présentation a débuté par un constat qui est tout à fait nouveau. Dans le chiffre d'affaires agricole de la région Normandie, le produit végétal est passé sous la barre des 40 % du produit agricole normand. En revanche, le produit animal a, quant à lui, fortement augmenté : + 10 % entre 2010 et 2020 et + 33 % entre 2020 et 2023. Dans le produit animal, le produit bovin a augmenté de 44 % en Normandie entre 2020 et 2023.

Les prix des produits animaux ont augmenté de 50 % en cinq ans ! Avec une très forte dynamique pour les gros bovins (+ 72 % en cinq ans). " Le prix de la viande rouge n'a jamais été aussi élevé. C'est le prix de tous les animaux qui est concerné, même les veaux laitiers ".

Baisse de 42 300 bovins en 2024

À côté de cette embellie de prix, le cheptel bovin normand est en baisse : - 2 % en nombre d'animaux entre le 1er janvier 2024 (1 969 900) et le 31 décembre 2024 (1 927 300). " C'est une tendance de fond. La baisse est régulière et linéaire quelle que soit la conjoncture. Elle est deux fois plus intense qu'en 2023 et trois fois plus rapides dans les races laitières (- 2,9 %) que dans les races à viande (- 0,9 %) ".

Les naissances ont diminué de 1,6 % en 2024 et la mortalité également de 1,5 %. Le chiffre important de la mortalité (182 500 animaux sur un total de 1 969 900 animaux au 1er décembre 2024) a fait réagir les éleveurs présents. Les ventes d'animaux vifs ont augmenté de 0,8 % (315 600 animaux) et les ventes abattoir de + 1,9 % (506 300 animaux).

350 élevages en moins

En 2024, ce sont 350 élevages en moins en Normandie, dont 205 laitiers (- 4 %). " C'est presque un élevage qui a disparu par jour ! ".

Si on resserre sur la Seine- Maritime, l'effectif bovin total a diminué de 2,9 % en 2024 par rapport à 2023. Et c'est le nombre de vaches laitières qui a le plus diminué (- 5 %).

Augmentation des bœufs et des veaux de boucherie en Seine-Maritime

Un petit focus a été fait sur l'augmentation du nombre de bœufs (+ 7 %) et du nombre de veaux de boucherie (+ 5,4 %) dans le département. En Seine-Maritime, les systèmes les plus représentés sont les systèmes allaitants. " Les laitiers deviennent allaitants et les cultivateurs s'intéressent à l'élevage. Ce ne sont pas des tendances de fond mais, auparavant, ce phénomène ne se constatait pas du tout ", a précisé Florian Fougy.

Pour les participants, l'élevage devient également une réponse pour redynamiser les sols. C'est donc une prise de conscience agronomique pour les céréaliers.

À noter que la densité des bovins est homogène sur tout le département. Étonnamment, il n'y a pas de différence entre le pays de Bray et le pays de Caux.

Les élevages allaitants : les plus représentés

Revenons à l'échelle normande où le système le plus représenté est également le système vache allaitante avec 2 410 élevages, soit 16 % des exploitations ayant des bovins en Normandie. Mais le système qui a le plus de bovins reste le système spécialisé lait avec 424 800 bovins, soit 22 % des bovins en Normandie.

Le système qui progresse le plus en un an est le système engraisseur de jeunes bovins avec + 12,9 %.

Concernant la taille des troupeaux, 3 % des élevages allaitants normands ont plus de 100 vaches et 17 % ont plus de 50 vaches. Pour les laitiers, 9 % des troupeaux ont plus de 150 vaches et 33 % ont plus de 100 vaches laitières. " Nous sommes loin de l'élevage industriel ", a souligné Florian Fougy.

Les grandes races baissent en effectifs d'animaux

En élevage allaitant, toutes les grandes races chutent en effectif en 2024 par rapport à 2023 (- 5 678) : la race blonde d'Aquitaine perd 3 975 bovins, la race charolaise 3 568 bovins, la race Limousine 655, et la race Salers 815. " Les croisés viande et les autres races à viande ont, quant à elles, augmenté de 3 335 bovins. Il semble que chez les jeunes éleveurs, il y a une recherche de races plus rustiques ".

En élevage laitier, le nombre de bovins présents en Normandie a chuté de 36 621. Si la race normande (- 18 819 animaux) et la race prim'holstein (- 17 785 animaux) sont en baisse, la montbéliarde augmente très légèrement (+ 71 animaux), ainsi que d'autres races à lait (+ 710 animaux).

Après cette présentation, Florian Fougy a demandé aux éleveurs présents si la conjoncture économique plutôt favorable du prix de la viande allait les encourager à recapitaliser : la réponse pour la plupart d'entre eux est la prudence : " on ne sait pas ce que sera demain. Par ailleurs, nos bâtiments et nos prairies ne sont pas extensibles. Enfin, il y a l'âge car la plupart d'entre nous approchent de la retraite et n'ont plus envie d'investir. La démographie agricole sera un facteur très critique. Il y a également la question de l'attractivité de notre métier, avec un temps de travail supérieur à la moyenne agricole et les difficultés de recrutement ".•

* L'observatoire des troupeaux bovins en Normandie (chiffres 2024) est consultable sur le site de la Chambre régionale d'agriculture de Normandie.

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