In Vigno Meritas : des vendanges 2026 sous le signe du partage
Dimanche 23 août, les adhérents de l'association In Vigno Meritas se sont donné rendez-vous pour procéder aux vendanges des vignes situées sur une parcelle escarpée du Mont Fortin qu'ils cultivent à Bois-Guillaume depuis plusieurs années.
Dimanche 23 août, les adhérents de l'association In Vigno Meritas se sont donné rendez-vous pour procéder aux vendanges des vignes situées sur une parcelle escarpée du Mont Fortin qu'ils cultivent à Bois-Guillaume depuis plusieurs années.
En cette fin du mois d'août, l'heure des vendanges a sonné pour les membres de l'association In Vigno Meritas de Bois-Guillaume. Retraités, actifs, étudiants ou lycéens, près d'une cinquantaine de passionnés de l'association (qui en compte 80), se sont munis de sécateurs pour couper les grappes de cette parcelle pentue du Mont Fortin qui les accueille. Les pieds de vignes prédominent la ville de Rouen et laissent apercevoir la flèche haute de la cathédrale Notre-Dame. La vue est à couper le souffle et le soleil de la partie en ce dimanche matin.
L'association, qui est née de l'envie de ses membres « d'expérimenter le retour de la vigne en Normandie » dixit Philippe Rivals, son président, s'est installée sur ce terrain agricole privé en 2015. Ils y ont planté 1 431 pieds de vigne sur 0,2 ha qu'ils entretiennent tout au long de l'année. Outre leur intérêt pour le vin et les bienfaits du plein air, ce sont des valeurs de partage et de convivialité qui les animent. Une partie du vin produit à l'issue de ces vendanges et de la vinification est cédée à la Société Saint-Vincent-de-Paul pour l'aider à financer ses actions caritatives auprès des familles dans le besoin.
L’association In Vigno Meritas, créée en 2015, a planté 1 431 pieds de différents cépages sur 0,2 ha. Ses 80 membres participent à son entretien tout au long de l’année.
Témoignages
François Didot est membre de l'association depuis deux ans : « J'ai des origines vigneronnes et j'avais besoin une fois à la retraite de rencontrer de nouvelles personnes. La proximité de la parcelle avec mon domicile, de même que le côté caritatif de l'association, ont été déterminants. Je me suis spécialisé dans l'assemblage du vin et la culture des levures. »
« C’est la curiosité, l’envie de connaître le process du vin de A à Z qui m’a fait rejoindre l’association. J’y ai appris son élevage jusqu’à sa mise en bouteille en passant par l’entretien de la vigne, sa taille, ses soins, ses cueillettes, sa mise en cuve », explique Catherine Gally.
De son côté, Catherine Gally, 60 ans, a rejoint l'association il y a six ans. Elle est désormais membre de son conseil d'administration et s'occupe plus particulièrement de sa communication. « Je travaillais auparavant dans l'agroalimentaire mais n'avais aucun lien avec le milieu agricole. C'est la curiosité, l'envie de connaître le process du vin de A à Z qui m'a fait rejoindre l'association. J'y ai appris son élevage jusqu'à sa mise en bouteille en passant par l'entretien de la vigne, sa taille, ses soins, ses cueillettes, sa mise en cuve ». « Quand on est étudiant, on va souvent faire les vendanges. Et moi, je n'en avais pas le droit ; du coup je fais les vendanges ici. », ajoute-t-elle avec malice. Aujourd'hui, Catherine se charge des portes ouvertes de l'association. « Nous n'avons rien à vendre, l'association est à but non lucratif. Nous n'existons que dans le partage avec les gens. Nous participons par exemple en septembre au Forum des associations de Bois-Guillaume et nous avons créé des petites balades en ville. Nous avons aussi mis en place avec Philippe Rivals des visites de notre vigne avec Rouen Tourisme ».
Une fois l'accueil et les présentations passés, recommandations sont données aux vendangeurs avant la récolte : il faut récolter uniquement les cépages blancs et n'avoir qu'une seule personne par pied afin de ne pas se blesser. Les cépages rouges seront vendangés lors des "vendanges des voisins" (Cuvée des voisins), l'autre grand rendez-vous de l'association fixé au 6 septembre prochain.
L'assemblage 2026
Une fois les caisses remplies, direction en début d'après-midi au chai situé Ferme du Chapon, à quelques encablures. La pesée le confirme : 550 kg de raisins ont été récoltés. « C'est 200 kg de moins que l'année dernière », précise Philippe Rivals qui l'explique par les différentes canicules. Les membres s'activent alors à presser la récolte sous la houlette d'Arnaud Battu, membre de l'association et professeur de physique-chimie au lycée Pierre-Corneille à Rouen, qui se charge de conduire la vinification.
Au final, les vendanges ont donné 3 hectolitres de Clos du Mont Fortin 2026 d'un jus prometteur riche en sucre.•