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Enseignement supérieur agricole
UniLaSalle détaille sa politique pour une transformation écologique et sociétale

Le vendredi 23 septembre, UniLaSalle a convié le public au lancement de sa stratégie de transformation écologique et sociétale, Uni4change. Elle détaille et formalise la réponse d’UniLaSalle face aux urgences climatiques actuelles. Cette stratégie est aussi le témoin de la maturité de l’engagement d’UniLaSalle, pris depuis plus de 30 ans, notamment au travers des différentes fusions réalisées.

Anciens et nouveaux élèves, salariés d’UniLaSalle, professionnels... l’Agora de l’établissement était plein à craquer le vendredi 23 septembre. En effet, UniLaSalle a présenté ce jour-là sa nouvelle politique, Uni4change, en grandes pompes. UniLaSalle réaffirme son ambition et pose les jalons d’une école inspirante en matière d’engagement de transformation écologique et sociétale, en lançant cette stratégie.
« L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde : cette affirmation de Nelson Mandela aurait pu être celle de Jean-Baptiste de La Salle, engagé à créer des écoles afin de lutter contre la pauvreté. En ce début de XXIe siècle, plus que jamais, l’éducation est le levier le plus puissant pour relever les défis du développement durable et de la transformation écologique et sociétale. Avec Uni4change, nous souhaitons incarner cette responsabilité. Les étudiants d’UniLaSalle que nous formons, futurs cadres, engagés dans leur entreprise ou comme citoyens, seront ceux qui porteront ces challenges, contribueront à trouver les solutions, accompagneront les mutations », débute Philippe Choquet, directeur général d’UniLaSalle.
« Depuis près de 170 ans, UniLaSalle a toujours eu le souci d’accompagner les filières professionnelles et plus largement la société et ses mutations. Historiquement positionnés sur l’agriculture et l’alimentation, il est apparu rapidement la nécessité de s’engager et de se mobiliser également sur les enjeux environnementaux, écologiques et sociétaux. Être en mesure de répondre à ces enjeux a été le moteur de notre stratégie, notamment de fusions que nous avons opérées pour constituer le groupe UniLaSalle qui couvre aujourd’hui l’agronomie et l’alimentation (Isab et Esitpa), les géosciences (Igal, le génie de l’environnement (EME), l’énergie et le numérique (Esiee Amiens) et, tout dernièrement, l’ajout de notre formation vétérinaire qui couvre les enjeux sanitaires. Forts de cette diversité qui fait d’UniLaSalle un groupe unique quant aux compétences réunies, nous avons eu à cœur, depuis 30 ans, d’agir en faveur de la durabilité. Nous avons progressivement pris conscience des impacts de nos pratiques et de l’enchevêtrement des enjeux. Et c’est naturellement qu’à l’occasion de l’adoption de notre dernier plan stratégique, en 2017, nous avons inscrit dans la raison d’être d’UniLaSalle notre engagement en faveur de la durabilité », ajoute Sébastien Windsor, président d’UniLaSalle.

Une stratégie en plusieurs volets

L’année 2022 est doublement marquée, à la fois par la publication du 6e rapport du Giec. Ces rapports appellent à une mobilisation forte pour faire face à l’extrême urgence de la situation climatique : les activités humaines sont désormais reconnues comme responsables de manière irréfutable et elles sont en retour menacées par le dérèglement de la Terre. Chacun des trois volets rappelle la vitesse à laquelle s’opère et s’opèrera le changement climatique si aucune mesure d’ampleur ne vient réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) au niveau international. En effet, respecter l’Accord de Paris, obtenu lors de la Cop 21 en 2015 qui vise à contenir le réchauffement climatique à 2 °C, voire 1,5 °C, est encore tenable, mais les marges de manœuvre deviennent de plus en plus limitées. Les conséquences de ces changements sont observables dans toutes les régions du monde (catastrophes naturelles, inondations, sécheresses, ouragans...) et leurs effets sur les populations touchées deviennent d’année en année de plus en plus importants.
Mais le changement climatique n’est pas la seule menace : effondrement de la biodiversité, raréfaction des ressources, dégradation de la qualité des sols, accroissement des inégalités sont également des défis majeurs du XXIe siècle.
Dès lors, UniLasalle se mobilise avec Uni4change. Cette stratégie s’articule autour de cinq enjeux prioritaires.
Le premier enjeux s’intitule climat et énergie. Il s’agit de promouvoir une transformation écologique et sociétale dans l’ensemble des activités de l’établissement et sur le territoire. En effet, pour Geoffroy Belhenniche, directeur DD-TES à UniLaSalle, « c’est une prise de conscience partagée qu’il faut inventer, un monde nouveau, plus inclusif, plus sobre, c’est un engagement déterminé à agir, sans délai. Les scénarios actuels nous amènent à une hausse des températures mondiales de + 1,1 °C entre 1850-1900 et 2011-2020 ; + 68 % d’émissions de GES entre 1990 et 2019 et 41 % des émissions de GES issues de la production d’électricité ».
Le deuxième enjeux se nomme biodiversité, alimentation et santé. Ici, il s’agit de former des décideurs responsables et éclairés. « En février 2022 est publié le rapport du groupe de travail "Enseigner la transition écologique dans le supérieur" (rapport Jouzel, NDLR) qui recommande une ambition forte, c’est-à-dire faire en sorte qu’à brève échéance, 100 % des étudiants issus de l’enseignement supérieur en formation initiale aient été formés aux enjeux, voies et moyens de la transition écologique. Nous devons construire et déployer, pour toutes les formations d’UniLaSalle, un ruban pédagogique permettant d’acquérir les compétences en développement durable. Il faut savoir que 87 % des zones humides présentes au XVIIIe siècle avaient disparu en 2000, et plus de 75 % des cultures vivrières dépendent de la pollinisation. Il est nécessaire d’adopter une approche intégrée alliant santé humaine, animale et environnementale, le fameux “One Health” dans notre éducation », continue-t-il.
Le troisième enjeux s’intitule eau, sols et ressources. Ce point consiste à apporter des solutions concrètes aux objectifs de développement durable. « Au sein des différents campus d’UniLaSalle, les unités de recherche se mobilisent pour innover, mais également pour intégrer pleinement le référentiel des objectifs de développement durable définis par l’ONU et permettre de proposer des solutions à différentes échelles (du local au global). L’ambition de la recherche au sein d’UniLaSalle est également de contribuer à la transformation écologique et sociétale en accompagnant les entreprises dans leur transition. Il faut savoir que 23 % des terres ont perdu en productivité à cause de la dégradation des sols, et plus de 55 % des océans sont exploités par la pêche industrielle », énumère Geoffroy Belhenniche.
Le quatrième enjeux concerne les villes et les territoires. UniLaSalle a pour objectif de mieux gérer les campus pour viser un impact environnemental positif. « Notre principal défi est de maîtriser nos impacts environnementaux sur l’ensemble des campus d’UniLaSalle. Nous travaillons donc à structurer notre politique environnementale en priorisant les actions à mener : définir une stratégie bas carbone, œuvrer pour la préservation de la biodiversité ou encore répondre à l’enjeu de sobriété énergétique. Nous souhaitons également associer l’ensemble de nos étudiants à cette dynamique pour laquelle ils ont une très forte attente. En effet, les nombreux projets qu’ils portent autour de l’alimentation ou des déchets par exemple permettent d’impacter de manière très positive la gestion environnementale de nos campus. Il faut savoir que 60 % de la population mondiale vivra en ville en 2030, et 60 % des ressources seront utilisées par les villes », déplore-t-il.
Le dernier enjeux s’appuie sur l’engagement lasallien et la justice sociale. Ici, l’établissement s’engage pour l’épanouissement des parties prenantes internes. « Offrir un environnement de travail sécurisé, sain et agréable est notre priorité. C’est également veiller au développement des compétences de tous les salariés en s’appuyant sur une démarche d’évolution des emplois et des parcours professionnels ainsi que sur un plan de développement des compétences ambitieux. C’est aussi prendre soin d’agir contre toutes les discriminations, en veillant notamment à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et à l’inclusion. Il faut savoir que 10 % des personnes les plus riches captent 52 % du revenu mondial, 1,82 % des étudiants de l’enseignement supérieur et recherche (ESR) en France sont en situation de handicap et 28 % des ingénieurs en France sont des femmes (2021) », conclut Geoffroy Belhenniche. Ces enjeux prioritaires s’appuient sur les objectifs du développement durable (ODD) et les différentes feuilles de route (Accord de Paris, Agenda 2030, European Green Deal...) qui tracent les perspectives de durabilité d’ici la fin de la décennie. Ils s’articulent autour des formations, de la recherche, des valeurs et de l’histoire qui constituent l’identité d’UniLaSalle. La mise en œuvre de cette politique se concrétise par l’affirmation d’une recherche-action collaborative autour de la pédagogie de l’engagement en faveur des ODD ; un plan d’investissement de rénovation thermique et d’autonomie énergétique de 10 millions d’euros d’ici à fin 2025 et la mise en place d’un fonds de dotation pour soutenir les projets et initiatives des étudiants et salariés en faveur de la durabilité, avec une dotation de 100 000 euros.

Une décroissance de la société nécessaire ?

Le philosophe franco-suisse Dominique Bourg a dressé un bilan de l’état actuel de la planète bleue. Depuis 2018, les canicules s’enchaînent en France. Mais ce phénomène climatique se ressent sur l’ensemble de la planète. « Nous avons franchi un seuil depuis 2018. Pour les vingt prochaines années, le climat est, en gros, fixé. C’est une hausse de deux degrés sur Terre qui est prévue d’ici 2050. Ce que nous vivons donc actuellement n’est qu’un petit avant-goût. La Terre devient de moins en moins habitable et elle deviendra encore moins habitable à l’avenir », explique le philosophe. En 2021, la ville de Lytton, au Canada, a été ravagée sous l’effet des trop fortes chaleurs. Cette ville est située à la même latitude que la Belgique. Autre exemple, le Pakistan... « En 2022, ce pays a été la plus grosse victime du réchauffement climatique. D’abord, ce furent des chaleurs infernales, au printemps, atteignant, 50 °C dans certaines localités et aggravant la fonte des glaciers dans les hautes montagnes et la sécheresse dans les plaines. Début précoce de la mousson à la mi-juin : des pluies torrentielles, conjuguées aux crues, ont submergé un tiers du pays. Cela dépasse toute limite constatée par le passé. Ce ne sont pas nos idées qui détruisent le monde, mais l’énergie et la matière. C’est le niveau de richesse matérielle qui détruit l’habitabilité de la Terre. Il faut donc le faire descendre », affirme Dominique Bourg. Dès lors, le philosophe suggère, pour sauver la planète, une décroissance de la société. Ce mot ne suggère pas de vivre mal, mais d’apprendre à vivre mieux avec une empreinte écologique plus faible. L’idée principale de la décroissance, c’est l’auto-limitation. Cependant, pour Dominique Bourg, ce terme fait écho à de la contrainte. « S’auto-limiter, c’est trouver une forme d’équilibre. Il n’y a pas de bonheur sans une forme d’équilibre. La démesure est nocive. Mais notre société est basée sur la consommation excessive, on ne cesse de créer des manques artificiels. En Occident, nous avons répandu l’idée complètement illusoire que l’accomplissement de soi se réalise à travers la consommation. Mais cette liberté est une erreur. Et les conséquences sont terribles pour la planète », ajoute-t-il. Il invite alors les futurs ingénieurs d’UniLaSalle à réinventer le métier d’ingénieur. « Chaque métier se transforme en fonction de l’évolution de la société. Pour le vôtre, vous devez trouver de nouvelles idées et communiquer sur votre savoir-faire pour trouver, par exemple, des solutions afin de ne pas utiliser les énergies fossiles et de véhiculer les bonnes pratiques écologiques. N’oubliez pas, l’énergie verte n’existe pas. Elle génère en réalité des déchets massifs et entraîne toute une série de problèmes. Ce qui rend un système énergétique vert, c’est la sobriété à laquelle il est couplé. Opter pour le tout-nucléaire pour produire autant d’énergie qu’avant, c’est criminel. Mais proposer une montée en puissance délirante des éoliennes pour obtenir la même capacité d’énergie qu’avant l’est tout autant ».

 

UniLaSalle et Fleury Michon signent un partenariat
Depuis 2016, Fleury Michon, entreprise familiale, vendéenne et de taille intermédiaire travaille en collaboration avec l’école d’ingénieurs et vétérinaires UniLaSalle. L’établissement est reconnu pour ses enseignements sur les enjeux du développement durable et de santé par l’alimentation. Les futurs cadres ingénieurs d’UniLaSalle pourront contribuer à l’ambition de Fleury Michon d’aider les Hommes à manger mieux chaque jour.
Fleury Michon, engagée dans l’agronomie, formule aussi le souhait de partager ses savoir-faire aux élèves-ingénieurs d’UniLaSalle en proposant des offres de stages (huit stagiaires en 2022) qui peuvent aboutir sur des recrutements. À ce jour, dix alumnis de UniLaSalle sont en poste chez Fleury Michon en CDD ou en CDI dont sept qui ont été embauchés à la suite de leurs stages. L’école se positionne quant à elle dans l’accueil de l’entreprise lors de tous ses événements professionnels et dans la formation continue des collaborateurs du groupe. L’idée est, à tous les niveaux, de croiser et nourrir les expertises, de la biologie à la technologie industrielle, grâce à la pluridisciplinarité des deux structures.
À l’occasion du dernier forum professionnel AgoraJob 2021, les élèves-ingénieurs ont évalué Fleury Michon comme leur « entreprise coup de cœur ». Une raison de plus pour poursuivre l’engagement entre l’école et l’entreprise. L’entreprise vendéenne souhaite devenir la référence du secteur de l’agroalimentaire pour l’accueil, la formation et le développement de carrière de nouveaux embauchés. Cette ambition s’illustre par le nouveau slogan de sa marque employeur « Venez grandir et faire grandir Fleury Michon ».
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