Aller au contenu principal

Une usine flambant neuve pour s'implanter au cœur du tissu économique du lin

Après le négoce, Norlin, société nordiste, a choisi de réindustrialiser le teillage de la fibre courte en Normandie.

Fondée en 2001 à Lille, Norlin a jusque-là "sélectionné, acheté et revendu du lin issu des teillages de Normandie et des Hauts-de-France en Europe, en Chine et en Inde". En 2020, la société a été reprise par Loïc Charron, " et du fait des investissements massifs des entreprises de teillage (opération mécanique qui permet de séparer les fibres textiles du bois et de l'écorce) et de l'augmentation importante des surfaces de culture du lin, de 100 000 à 200 000 hectares en 10 ans", le nouveau directeur général a décidé de faire construire une usine de teillage de la fibre courte, en activité depuis le 10 décembre 2025, à Malleville-sur-le-Bec "pour devenir le seul retravailleur d'étoupes en France à 100 %".

Un investissement de 5 millions d'euros qui permet de réindustrialiser une activité perdue depuis longtemps alors que la Normandie cultive 70 % du lin mondial.

Une fibre au cœur des dollars US

Le lin est surtout réputé pour sa fibre longue, transformée en fil pour l'industrie du vêtement. Mais, lors de son teillage, il reste des coproduits dont la fibre courte qui jusque-là était revendue en Belgique ou en Asie : "mon idée a donc été de travailler nous-même cette fibre comme une matière première de qualité destinée à être mélangée par nos clients à d'autres fibres comme le coton pour faire des vêtements, du linge de maison et d'ameublement. La fibre courte peut aussi servir dans l'industrie automobile et papetière comme dans le papier à cigarette ou plus insolite, introduit comme élément de sécurité dans les billets de banque aux USA", détaille Loïc Charron.

Pour cette première implantation, l'entrepreneur a choisi l'Eure, "car nous sommes au carrefour des routes des champs, autour d'une dizaine d'unités de teillage pour l'approvisionnement et du port du Havre pour l'exporter, car il n'existe plus de filatures spécialisées en France. En plus, cela permet de m'appuyer sur la logistique et la technologie de cette région. Nous sommes au cœur du tissu économique du lin où nous avons été bien accueillis par la Région Normandie". En outre, face au réchauffement climatique, Loïc Charron pense à son expansion, "puisque la Bretagne a débuté aussi la culture du lin. Trois teillages vont bientôt ouvrir dans cette région. C'est un végétal en pleine progression".

Une production de 300 tonnes par mois

Loïc Charron mise aussi sur la qualité "Made in Normandie" de son produit, grâce à un outil industriel "franco-belge de premier ordre qui permet de réaliser un processus unique de secouage, battage et peignage. 100 % automatique, c'est une grande machine à laver sans eau. Avec notre dizaine de salariés embauchés en local, avec nos mélanges comme des millésimes, nous obtenons une fibre fine pour l'industrie textile et principalement le mélange lin-coton. Et aussi, une fibre moins fine pour l'industrie papetière. Aspirés, les anas et les poussières sont envoyés vers une chaufferie biomasse en Seine-Maritime. L'unité est opérationnelle puisque le jeudi 22 janvier, nous avons envoyé nos quatre premiers conteneurs en Chine. Nous estimons pouvoir produire 300 tonnes de fibres courtes par mois".•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Pour Albéric Avenel, « Chaque brin d’herbe doit servir à faire du lait ».
Prolonger le pâturage l’été grâce aux stocks sur pied

Stocker de l’herbe sur pied est une technique simple, économique, qui peut s’adapter à différents contextes. Elle fait partie…

De g. à d. : Hélène Méline, salariée, Jean-Joseph Roussignol, président de l'association, Jean-Luc Duclos, trésorier, et Sophie Adam, vice-présidente.
Solidarité Paysans 76 : un collectif toujours sur le pont

L'association Solidarité Paysans 76 qui vient en aide aux agriculteurs en difficulté a tenu son assemblée générale le 23…

Pour nombre d'éleveurs, le chien est devenu indispensable. Gain de temps, travail sécurisé, diminution de la pénibilité, ou encore réduction du stress des animaux sont autant d'atouts à prendre en considération... à condition de bien se former et de former son chien au troupeau.
L'Aisne accueille le championnat d'Europe de chiens de troupeaux

Le 3e championnat d'Europe de chiens de troupeaux aura lieu du 22 au 24 mai à Monceau-le-Neuf-et-Faucouzy, dans l'Aisne,…

La Sarthoise, Sylvie Le Dilly, passe le relais au Manchois,  Denis Calipel.
Denis Calipel élu à la tête de Groupama Centre Manche
Depuis le 30 avril, Denis Calipel, agriculteur manchois, est le nouveau président de Groupama Centre Manche, organisme…
118 faons ont été mis à l'abri lors des fauches en 2025.
Avec l'ADSF 76, 1 270 hectares survolés, 118 faons sauvés*

En Seine-Maritime, l'ADSF 76 (Association départementale de sauvetage des faons de Seine-Maritime) est devenue l'alliée "…

Dans son atelier, Raynald Delattre travaille sur une sellette de vannier (établi de genoux) qu'il a lui-même perfectionnée pour faire pivoter ses pièces. 
Osiériculteur vannier, retour sur un métier ancestral

Après 31 années passées au service de l'Office national des forêts (ONF), Raynald Delattre, 56 ans, a opéré un retour aux…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole