Aller au contenu principal

Spécial Lin : L’AGPL est attentive à ce qui se passe sur le marché.

Interview de Bertrand Gomart, président de l’AGPL.

file-alt-63500
© Valérie Sorieul

Comment se porte le marché du lin actuellement ?

Aujourd’hui il y a un marché. Il n’est pas revenu au niveau d’avant la crise sanitaire mais les filateurs achètent. Ils ont un besoin de matière première. Leurs usines tournent à 60 % de leur capacité. En Chine, la crise est derrière et l’économie reprend. Il y a production et vente de fils. Nous pensons aussi que les filateurs font des achats de précaution. Le prix du lin teillé a baissé d’un tiers. Il se situe entre 2 et 2,20 euros le kilo. C’est donc le moment pour eux de faire du stock au cas où les prix remonteraient.

Enfin la troisième hypothèse est qu’ils achètent la récolte 2019 pour être sûrs d’avoir de la bonne matière. La récolte 2020 est moins qualitative.La situation n’est pas la même en Europe où le secteur de l’habillement reste très morose. En Amérique, par contre, il y a, à nouveau, une demande soutenue mais uniquement sur le secteur de l’ameublement. Cela permet aux filateurs européens de tourner, pas à 100 % mais il y a de l’activité.

Qu’en est-il pour les producteurs de lin ?

Cette année, dans les trois pays producteurs, Belgique, France et Pays-Bas, 12 % de la surface en lin n’a pas pu être récoltée. Même si la reprise est là, la recette des liniculteurs ne sera pas bonne. L’AGPL est attentive à ce qui se passe sur le marché, et demande aux producteurs de faire une pause en diminuant leur surface de 30 % pour les semis 2021.

Sur une production de 150 000 tonnes de lin teillé en 2019, la filière vendra environ 100 000 tonnes durant l’année 2020. Si nous sommes sur les mêmes niveaux de consommation en 2021, il est important de rester sur une production ne dépassant pas les 150 000 tonnes. Avec des surfaces diminuées de 30 % et une année de production normale, cela suffira pour approvisionner le marché.

La plupart des producteurs l’ont bien compris et vont baisser leur surface. D’autres vont se détourner du lin faute de rentabilité. Ce sont les producteurs plutôt opportunistes, peu équipés et ayant des terres à moindre potentiel.

Que va devenir la récolte 2020 ?

La récolte 2020 a été faible partout. En Europe, le rendement est de 4,9 tonnes de paille par hectare. Il est du même niveau en France. Sur le plan national, il y a des résultats qui vont du simple au double : dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme, les rendements annoncés se situent entre 450 et 600 kilos de lin teillé à l’hectare.

En Normandie les niveaux se situent entre 800 et 1100 kilos. Compte tenu  de ce qui s’est passé cette année, l’AGPL incite aussi fortement les agriculteurs à prendre une assurance récolte. Nous allons communiquer sur ce sujet durant l’hiver. Depuis trois ans nous étudions les coûts de production avec les centres de gestion pour rendre ce dispositif accessible à tous.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole