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Séparer ses effluents d’élevage pour mieux les valoriser en engrais

Qui dit bâtiment d’élevage, dit effluents à traiter. L’entreprise Bioret Agri a dévoilé en novembre dernier au Sima une solution pour les séparer et les valoriser en engrais avec Ferti’soluce. Le système a été récompensé d’une médaille d’argent aux Innovation Awards.

Dans un contexte incertain d’achat des intrants, et en considérant la problématique des effluents d’élevage, Bioret Agri a développé une solution en deux temps, Delta X puis Ferti’soluce. « L’objectif est de considérer les effluents d’élevage comme des produits valorisables et non seulement comme des déchets », explique Samuel Boucard, responsable technique et commercial chez Bioret Agri.

Séparation des effluents

« L’objectif est de recréer un système de toilettes qui permet de séparer les effluents avant la création de lisier », explique le responsable. Le système de séparation Delta X est installé dans les couloirs de circulation. Des pentes à 3 % sont faites de part et d’autre des rigoles pour entraîner par gravité les liquides et une partie des solides à l’intérieur. Des courroies dans le fond des rigoles entraînent ensuite les matières solides sur la partie supérieure, vers une fosse de stockage à une extrémité du bâtiment. La partie basse des courroies amène quant à elle la phase liquide à l’autre extrémité du bâtiment, pour être stockée dans un bac de récupération. « La séparation des effluents avant la création de lisier permet aussi de réduire de 70 % les émissions d’ammoniac », précise Samuel Boucard.

Filtration et valorisation

Delta X permet d’avoir un amendement organique riche en phosphate, facile à composter, à méthaniser ou à apporter directement aux cultures. Pour aller plus loin, le bureau d’études de l’entreprise française a approfondi la filtration de la partie liquide pour mieux valoriser l’azote présent. « Dans un premier temps, on va séparer le liquide et le restant du solide, les fibres ou morceaux de paille notamment », explique Samuel Boucard. Un séparateur à vis permet d’évacuer la matière sèche compostable. Ensuite, le liquide récupéré est nanofiltré. Il passe dans un système de disques en céramique qui permet de stabiliser l’urée en évitant la formation d’ammoniac volatil. Cette étape permet d’obtenir d’un côté, un rétentat riche en azote organique, phosphore, potassium et bio-organismes, déjà utilisable en apport direct par épandage, et de l’autre, un perméat riche en azote ammoniacal et potassium. Même si celui-ci est déjà pulvérisable, une dernière étape permet de réduire massivement les volumes en séparant l’eau présente par osmose inverse.

Économies à la clé

L’entreprise française prévoit un système de camion qui se déplacera dans les fermes pour nanofiltrer la partie liquide. « L’idée est de ne pas imposer à chaque élevage d’investir fortement dans un système de nanofiltration ou d’osmose inverse », explique le responsable. La solution permet également de limiter l’empreinte carbone des élevages en facilitant la gestion du lisier, qui nécessite de nombreux déplacements pour l’épandage. « De même pour l’odeur, la solution permettra aux exploitations de mieux s’intégrer dans le mécanisme sociétal », estime Samuel Boucard. Couplé avec les nouvelles solutions de pulvérisation ciblée, Ferti’soluce permettra aux éleveurs d’apporter la bonne dose de fertilisant, au bon endroit, sans achat supplémentaire d’engrais. •
 

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