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Sapins de Noël made in Normandie

Sébastien Duramé cultive et vend des sapins de Noël depuis douze ans. Un produit local de qualité et de fraîcheur.

Certains exploitants agricoles ont choisi de se diversifier en vendant des sapins pour les fêtes de Noël. Des sapins produits sur l'exploitation, assurant un gage de qualité qui plaît aux clients qui viennent acheter à la ferme. Sébastien Duramé, agriculteur et éleveur laitier à Saint-Paër, fait partie de ceux-ci. Il a repiqué ses premiers petits arbres il y a douze ans, sur deux hectares de l'exploitation : « Il y a beaucoup d'importations de sapins pour Noël alors qu'ils poussent très bien chez nous. J'ai donc décidé de me diversifier en repiquant 6 000 plants sur mes parcelles où le sol est plus léger », explique le jeune homme.

Plus de 80 % de la population préfère le naturel
Les plants de sapins ont déjà quatre ans quand ils sont repiqués en terre. Ils nécessitent une grande surveillance car le salissement de la parcelle et les attaques de pucerons ne leur sont pas favorables. Les mauvaises herbes entourent le jeune plant, le forçant à se développer en hauteur pour atteindre la lumière plutôt qu'en largeur. De plus, cette végétation herbacée entre en compétition avec les jeunes arbres. Le désherbage est donc une étape importante et Sébastien intervient par le débroussaillage. La qualité du plant est  un élément déterminant dans sa capacité à résister aux parasites et aux maladies.
Coupés la veille, toutes les tailles - entre 50 cm et 4 m - de sapins attendent dans la cour de la ferme. Les clients ont le choix entre l'épicéa, le nordmann et bientôt l'épicéa de Serbie (Picea Omorica) aux aiguilles bleu-vert. Les plus grands sont en général coupés à la demande, pour les communes ou les écoles.
Autrefois, le sapin de Noël était cueilli dans les forêts. L'augmentation de la demande et des exigences des consommateurs fait qu'il est maintenant devenu une culture agricole à part entière dont les méthodes de production se rapprochent de celles de la vigne ou des petits fruits.

Grosse concurrence du sapin d'importation
« La vente de mes sapins était assez compliquée au départ. La première année, je n'ai vendu qu'une centaine d'arbres. Il faut un moment pour se faire connaître. En 2015, j'ai vendu environ 600 sapins et cette année, j'espère faire la même chose mais je constate depuis quelques années que les ventes stagnent. La concurrence est rude avec la grande distribution qui vend du sapin d'importation. Elle propose un bon d'achat à celui qui achète un sapin. C'est difficile de lutter ». La grande distribution reste le principal lieu d'achat des sapins de Noël avec un peu plus de trois sapins achetés sur dix. Cette année, Sébastien Duramé a planté un hectare supplémentaire qu'il pourra mettre en vente dans 6 à 8 ans.

Sapin et environnement : petite mise au point
Acheter un sapin de Noël naturel est un acte « vert », contrairement à certaines idées reçues. Ils sont issus de plantations spécifiques et ne sont donc pas coupés en forêt. C'est une culture agricole qui n'a rien à voir avec les problématiques forestières. De plus, une plantation est au maximum en place pour 10 ans, la litière (branches mortes, aiguilles) responsable de l'acidification n'a donc pas le temps de se former. Produits en France par des agriculteurs, les sapins de Noël poussent sur une superficie estimée à plus de 5 000 hectares.

Agriculteur et vedette télévisée

Sébastien Duramé est également une vedette télévisée depuis son passage sur M6 dans l'émission de téléréalité « L'amour est dans le pré ». « Ce fut une belle expérience même si je suis un peu déçu par le montage. Ils ont montré très peu de choses de ma vie sur la ferme. J'ai découvert un autre monde et il faut faire attention de rester soi-même. Je pense que cette émission permet de montrer la dureté de notre métier et la complexité de fonder une vie de famille. Nous vivons sur notre lieu de travail et il faut se donner les moyens de sortir, de voir du monde. J'ai été chouchouté durant ces derniers mois et ce n'est pas désagréable du tout. Cela nous sort de notre quotidien, je me suis fait des amis dans la production et auprès des autres agriculteurs », explique l'agriculteur seinomarin qui poursuit sans précipitation sa relation avec Charlotte, rencontrée sur l'émission.

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