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Pucerons et cicadelles : surveillez bien vos parcelles

Douceur du temps et périodes ensoleillées marquent cet automne 2022, favorisant la présence de pucerons et de cicadelles dans les céréales. Dans ce contexte, des tours de plaine réguliers s’imposent pour observer et décider si un traitement est nécessaire. À réaliser dès la levée.

Les pucerons et les cicadelles n’impactent pas directement le potentiel des céréales à pailles d’hiver par leurs prélèvements de sève. Ils sont nuisibles à cause des virus qu’ils peuvent porter et transmettre aux plantes lors des piqûres alimentaires : la jaunisse nanissante de l’orge (JNO) est transmise par les pucerons d’automne (principalement Rhopalosiphum padi mais d’autres espèces comme Sitobion avenae, Rhopalosiphum maïdis en sont également capables), tandis que le virus des pieds chétifs est transmis par les cicadelles de l’espèce Psammotettix alienus.
Les céréales d’hiver sont particulièrement sensibles aux virus durant la période qui va de la levée jusqu’au tallage. Par ailleurs, tous les pucerons ne sont pas systématiquement porteurs de virus, mais il est difficile de pouvoir déterminer avec certitude si les populations sont porteuses ou non. La problématique est la même pour les cicadelles : l’analyse de risque repose sur l’observation directe des pucerons et cicadelles sur plantes. Les conditions climatiques actuelles et à venir sont favorables aux activités de ces ravageurs d’automne.

Observer avant d’intervenir

Les pièges jaunes englués alertent sur les vols de pucerons et incitent seulement à aller rechercher les insectes sur les plantes. Ceux-ci sont facilement visibles sur les feuilles des jeunes plantes en conditions ensoleillées. Les observations doivent être réalisées sur des séries de dix plantes (plusieurs lignes de semis), au cours des heures les plus chaudes de la journée et sur les zones de la parcelle les plus à risque (proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, les jachères, le maïs…).
Il convient donc de programmer une intervention quand :
- 10 % de plantes sont porteuses d’au moins un puceron ;
- en complément, la présence de pucerons, même inférieure à 10 % de plantes porteuses, pendant plusieurs jours consécutifs, peut justifier une intervention. Par le passé, des dégâts ont pu être observés dans cette situation.
Pour les cicadelles, insectes très mobiles, le piégeage peut apporter des informations précieuses. L’application d’un traitement insecticide est recommandée dès l’observation d’une trentaine de captures hebdomadaires sur piège. Pour rappel, Psammotettix alienus est en partie reconnaissable par sa couleur générale beige et la présence de bandes blanches étroites et de bandes beiges larges sur le thorax. En l’absence de piège, l’observation d’individus volants (cinq cicadelles) dans cinq endroits différents de la parcelle peut justifier une intervention.

Intervenir suite aux observations

Rappelons qu’il n’existe à ce jour aucune lutte directe possible contre les virus. Par conséquence, la lutte repose sur un insecticide pour traiter les vecteurs (pucerons, cicadelles). Parmi les solutions utilisables, il n’y a que des pyréthrinoïdes. Ce sont des produits de contact, sans action préventive. Dans notre région, dans la plupart des situations, pour gérer les pucerons, une seule application insecticide, bien positionnée, est suffisante. En revanche, les cicadelles sont très mobiles et la lutte a souvent une efficacité partielle. Il est donc nécessaire de poursuivre les observations et renouveler, si besoin, l’application de l’insecticide.
Attention, le recours systématique à une voire plusieurs applications, sans prise en compte du risque réel et dans des conditions d’efficacité non optimales, est de nature à engendrer plus rapidement l’apparition de résistances. Sur orges d’hiver tolérantes à la JNO, une intervention insecticide n’est pas recommandée (sauf si présence de cicadelles à l’automne provoquant la maladie des pieds chétifs). •
 

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