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Lors de ses Hivernales, l'AGPL réaffirme ses missions

Les Hivernales de l'Association générale des producteurs de lin (AGPL) se déplacent dans les départements liniers durant l'hiver pour échanger sur l'actualité du lin. L'AGPL rencontrait ainsi les producteurs de Seine-Maritime le 27 janvier au Bocasse.

Les Hivernales de l'AGPL sont des moments de rencontres et d'échanges entre les producteurs de lin et les membres du conseil d'administration.« Nous voulons être sur le terrain, rencontrer et écouter les liniculteurs, être disponibles, informer sur les tendances du marché », a introduit la nouvelle présidente de l'AGPL, Lucie Morgand.

Après 12 ans d'engagement, Bertrand Gomart ayant souhaité arrêter ses fonctions de président, c'est Lucie Morgand qui a repris le flambeau. Agricultrice dans la Somme, elle a accueilli les liniculteurs seinomarins en rappelant l'importance de la présence de tous les bassins de production au sein du conseil d'administration. Elle a également insisté sur la représentativité de l'AGPL auprès des instances : « nous avons le pouvoir de parole et de décision auprès des instances nationales mais également européennes, au Copa-Cogeca notamment, pour défendre notre production de lin ».

Christophe Chopin, nouvellement élu vice-président à l'AGPL, agriculteur dans l'Eure et administrateur à la coopérative du Neubourg, a commencé par un point de récolte.

La barre des 200 000 hectares dépassée

« En 2025, nous avons passé la barre symbolique et exceptionnelle de 200 000 hectares sur les trois pays producteurs : France, Belgique et Pays-Bas. En France, la surface de production s'est étendue, vers d'autres régions telles que la Bretagne (1 500 hectares et un teillage en cours de construction) ».

Entre 2015 et 2025, les surfaces des trois pays ont ainsi été multipliées par deux, passant de moins de 100 000 hectares à plus de 200 000 hectares. France, Belgique et Pays-Bas représentent les trois quarts de l'offre mondiale de fibres longues de lin.

Même si les rendements ont augmenté en 2024 et 2025 par rapport aux mauvaises années précédentes, la récolte 2025 a malgré tout été moyenne avec un total de lin fibre d'une tonne par hectare. Rappelons que sur les 10 dernières années, la moyenne était plutôt autour de 1,3-1,4 tonne par hectare.

La part du lin d'hiver augmente avec des prévisions de 60 000 hectares sur les trois pays pour la récolte 2026 (30 000 hectares en 2025).

Pour la Seine-Maritime, les estimations de rendement 2025 en lin de printemps tournent autour de 1,2 tonne par hectare en moyenne.

« On vend tout ce que l'on produit »

« Les ventes de lin fibres suivent complètement la production. Nous fournissons tout juste le marché. Il en découle des prix intéressants », précise Christophe Chopin. « La fibre courte a connu des heures de gloire au moment où nous manquions de fibres longues en raison de la mauvaise récolte 2023. Nos clients asiatiques se sont réfugiés sur une partie de la fibre courte et on apprit à l'utiliser dans leur process de fabrication. Vont-ils poursuivre dans cette voie dans un objectif de réduction des coûts ? À ce jour, le prix de marché de l'étoupe reste très élevé avec 1,77 euro le kilo ».

Sur les huit dernières années, la France, la Belgique et les Pays-Bas ont vendu entre 150 000 et 160 000 tonnes de fibres. Après des années de faibles rendements, la tendance est en train de se retourner car les meilleures récoltes 2024 et 2025 laissent entrevoir plus de fibres longues mises sur le marché.

Aujourd'hui Christophe Chopin annonce 200 000 tonnes à vendre. « Il y a environ 15 000

tonnes de fibres, c'est-à-dire un mois de production, en stock. Va-t-on arriver à vendre cette production et à quel prix ? ».

Fibre désirable

Damien Durand, directeur économique d'Alliance du lin et du chanvre européens, a donné quelques éléments sur le marché final du lin. Une étude "States of Fashion" publie tous les ans les résultats d'un sondage réalisé auprès des grands décideurs dans le domaine de la mode. Pour la seconde année consécutive, la principale crainte des grandes marques mondiales est le manque de désir du consommateur pour acheter des articles de mode. « Si 2026 devait être une année avec une croissance relativement modérée au niveau des achats d'article de mode, en particulier pour le luxe, la seconde main est, par contre, un segment de marché qui ne connaît pas la crise avec une croissance à deux chiffres attendue pour 2026 et 2027 », explique Damien Durand.

Ce dernier souligne une hausse progressive et très nette de la proportion des fibres synthétiques. « En conséquence la proportion des fibres végétales baisse. En 2024, le coton est même passé sous la barre des 20 %. Les consommateurs demandent plus de fibres naturelles et nous sommes dans un monde où il y a de plus en plus de fibres synthétiques. Avec moins de 1 % de l'offre mondiale de fibres textiles, le lin a un statut de fibre rare, mais en termes de marché final il est toujours désirable. Le marché veut du lin. C'est une bonne nouvelle ».•

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