L'herbe au gré des pluies
dEn Normandie, la croissance journalière de l'herbe est en moyenne de 31 kg de matière sèche par hectare.
Pour rappel, début septembre, les valeurs de la pousse de l'herbe étaient similaires à celles d'aujourd'hui. Cela s'explique par les précipitations de fin août qui ont permis à l'herbe de repartir... mais pas pour longtemps. Au cours des trois dernières semaines, en l'absence de précipitations suffisantes, le rebond d'automne tant attendu s'essoufflait. Mais les pluies de la semaine passée peuvent changer la donne.
Les hauteurs d'herbe moyennes demeurent basses, rendant l'exploitation de la ressource fourragère difficile. S'impose un dilemme : concilier la demande en fourrage quotidienne avec la nécessité de préserver les herbages pour le printemps prochain.
Le bilan fourrager
Il permet d'évaluer les stocks de fourrage disponibles et les besoins du troupeau pendant la période d'hivernage. Il devient ainsi possible de calculer les excédents ou (surtout cette année) le déficit en fourrage, avec le calcul de jours d'avance (ou de déficit). Cela permet de mettre en place des leviers d'économie en fourrage ou de réduction des besoins.
Des pistes d'action
Les précédents bulletins de l'Observatoire de la croissance de l'herbe en Normandie ont déjà mis l'accent sur la préservation des herbages, le nécessaire repos entre deux passages des animaux, la limitation du surpâturage. En complément du soin apporté à ses parcelles, il est possible d'adapter les rations aux ressources disponibles en proposant davantage de fourrages grossiers aux animaux à faibles besoins. Les fourrages de meilleure qualité sont à donner en priorité aux femelles en fin de tarissement et en début de lactation, les génisses d'un an, agnelles et chevrettes jusqu'au sevrage et les animaux à la reproduction.
La sécurisation de la campagne 2027 peut passer par l'implantation de dérobées automnales (ray-grass italien/trèfle, colza fourrager pâturé, méteil fourrager). La constitution de silos de différentes tailles permet de limiter les pertes lors de la distribution.
L'analyse de ses fourrages est un des leviers pour adapter sa ration au mieux aux besoins de son troupeau et ainsi limiter le gaspillage.
L'anticipation de la vente des animaux improductifs est aussi un levier à considérer. À raison de 13 kg de matière sèche ingérés par jour, la vente d'une vache vide permet d'économiser plus d'une tonne de matière sèche en 3 mois.•