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Les Jeunes agriculteurs poussent à la planification agricole

Dans une conférence de presse qui s’est tenue à Paris le 18 février, les Jeunes agriculteurs ont demandé que la « planification soit la priorité » de la future loi d’urgence agricole. En cohérence avec les contrats d’avenir qu’ils veulent développer et dans l’objectif de reconquérir la souveraineté alimentaire. 

Les Jeunes Agriculteurs poussent à la planification agricole
Conférence de presse des JA du 18 février 2026.
© C. S/Actuagri

Le président des Jeunes agriculteurs, Pierrick Horel aimerait bien voir « plusieurs milliers de contrats d’avenir signés d’ici la fin de l’année », a-t-il déclaré. Ces contrats sont primordiaux pour relever « le défi démographique et le renouvellement des générations », a-t-il poursuivi regrettant qu’il y a 30 ans, « on installait 21 600 jeunes agriculteurs par an, contre 12 600 maintenant ». L’idée est d’inscrire, dans l’article 1er de la future loi d’urgence, un « cadre » pour ces plans et contrats d’avenir « afin de structurer une véritable politique d’adaptation des exploitations agricoles ». Cette politique qui s’inscrit dans la démarche des Conférences de souveraineté organisées par le ministère de l’Agriculture devra notamment repenser les territoires agricoles. « Il serait ainsi opportun de ramener de l’élevage dans certains départements et déspécialiser certaines régions », a affirmé Pierrick Horel. Il a pris l’exemple des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine qui souffrent aujourd’hui du dérèglement climatique et qui subissent des campagnes d’arrachage de vignes. Donner un avenir aux jeunes agriculteurs pourrait passer par l’accompagnement des exploitants vers des productions nouvelles, susceptibles de créer de la valeur ajoutée et du revenu : pistaches, olives, grenades, poires d’industrie… « À condition que l’ensemble de la filière agroalimentaire soit derrière », a-t-il estimé. Autrement dit qu’il existe un marché, que les consommateurs soient au rendez-vous et que l’ensemble des acteurs de la filière soient solidaires.

« Pourquoi pas nous ? »

Il n’est pas question cependant de « politiser ces productions », à l’image de ce qui s’est passé avec le bio. Les JA estiment ainsi qu’avoir donné la compétence bio aux Régions a été une erreur. En effet, toutes les Régions ont financé les installations en bio, donnant des primes ici ou là, pour la reconversion. « Tout le monde voulait être la première région bio de France. Finalement, le consommateur n’a pas été au rendez-vous et l’agriculture biologique a passé des moments difficiles », a expliqué Pierrick Horel.

C’est d’ailleurs sur les reliquats des conversions en agriculture biologique, que les JA envisagent dans un premier temps de financer les plans et contrats d’avenir. Mais l’accompagnement financier devra être plus soutenu. Pierrick Horel vise ici les taxes à l’importation de produits étrangers. « On veut appliquer le même principe et le même schéma que les Chinois ou les Américains vis-à-vis des produits européens qui financent une partie de leurs agriculteurs sur les droits de douane. Pourquoi pas nous ? ». 

Il restera à convaincre le gouvernement d’utiliser ce procédé, ce qui est encore loin d’être gagné. Le budget de la Pac pour lequel JA demande une enveloppe globale de 10 % fléchée sur l’installation, pourrait aussi contribuer à ces contrats d’avenir, notamment à travers son volet « cohésion des territoires. » Mais de manière très modérée car le gouvernement serait tenté de se replier uniquement sur ce poste budgétaire. Sur ces contrats d’avenir, il restera à convaincre les acteurs de l’aval. « Pour le moment, ils sont très motivés et partants. Mais quand on va discuter de la partie financière, les choses devraient être différentes », a prévenu, très lucidement, le président des JA. •

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