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Les éleveurs laitiers, acteurs de la biodiversité sur leur territoire.

La filière laitière française souhaite faire entrer la biodiversité dans ses objectifs de responsabilité sociétale.

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Biotex a été créé pour aider les éleveurs à mieux comprendre le potentiel de biodiversité de leurs parcelles et du territoire dans lequel ils évoluent.
© Véronique Rychembusch

Il y a trois ans, la filière laitière  a rejoint le programme européen European Milk Forum, pour un secteur laitier durable en Europe. Dans le cadre de ce programme, deux symposiums sur le climat et la qualité de l’eau, ont déjà été organisés. La troisième rencontre s’est déroulée à l’initiative de l’interprofession laitière le 13 octobre dernier à Paris sur le thème de la biodiversité. A cette occasion, l’outil Biotex a été présenté par Vincent Manneville, référent biodiversité à l’institut de l’élevage.

 

Mon activité favorise-t-elle la biodiversité ?

Biotex a été conçu par l’Idele, l’Inra et le muséum d’histoire naturelle pour aider les éleveurs à mieux comprendre le potentiel de biodiversité de leurs parcelles et du territoire dans lequel ils évoluent. La biodiversité des prairies est dépendante à la fois des pratiques agricoles mais aussi de l’organisation du paysage. Le bocage par exemple joue un rôle dans le déplacement des plantes et des insectes  : les haies connectées entre elles, favorisent la rencontre et la diversité génétique de ses habitants.  « Il s’agit d’une évaluation de 27 indicateurs qui donnent une vision de son territoire et de ses pratiques agricoles. Un inventaire est réalisé des éléments fixes du paysage et un calcul est effectué donnant une surface de biodiversité rapportée à la SAU. Il permet à chacun de connaître ses capacités d’accueil et d’hébergement des espèces faunistiques et floristiques et de voir où et comment la situation pourrait être améliorée ».

 

Simplicité de l’outil

Hélène Freger et Christine Vazelle, éleveuses respectivement dans le Cher et en Haute-Loire, ont témoigné de la simplicité de l’outil qui permet de comprendre les mécanismes naturels et de voir rapidement où il faut travailler en faveur de la biodiversité « J’ai pris conscience de l’importance du sol, de la diversité des cultures, des éléments agroécologiques sur la qualité de la nourriture que je donne à mes vaches  », précise Hélène Freger. En fonction des résultats, l’éleveur peut ensuite s’il le souhaite ajuster ses travaux agricoles, et faire en sorte d’améliorer les habitats refuges.

 

Expérimenté dans 350 élevages français

Testé dans plusieurs pays d’Europe, près de 350 élevages laitiers français ont utilisé Biotex pour évaluer si leur activité favorise ou altère la biodiversité.Thierry Geslain, directeur du développement durable au Cniel, a précisé la volonté d’intégrer cet outil Biotex dans le diagnostic CAP2ER qui évalue la fertilité du sol et donc la biodiversité de celui-ci.

Le projet de recherche Indibio (2011-2013) piloté par l’institut de l’élevage a démontré que le rôle joué par le paysage, entretenu par l’éleveur, est très important. Il explique au moins 30 % de la variabilité au sein de chaque espèce mobile comme les bourdons, la chauve-souris et les oiseaux. De plus, les vaches fertilisent les parcelles, entretiennent une diversité floristique par leur alimentation et la vie des sols s’en trouve aussi préservée.

Rémunération pour services environnementaux rendus.

Biotex permet de faire prendre conscience de la valeur des services environnementaux rendus par l’élevage. Se pose alors la question de la rémunération pour service rendu ?

Bernard Chevassus-au-Louis, biologiste et écologue français, président de Humanité et biodiversité précise que l’Agence de l’eau teste actuellement ce processus de notion de paiement de services environnementaux. « Il faut que votre filière mette en place une méthode reconnue pour pouvoir dire : oui je veux bien produire tel service mais voici ce que cela me coûte. Il vous faut des outils de mesure de services environnementaux pour pouvoir négocier avec les services publics mais également avec les négociateurs privés qui vont acheter ses services. Il faut vous organiser pour avoir une offre. Il y a là un défi technique auquel il va falloir vous préparer. C’est un sujet lourd et sérieux . »

C. H.

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