Aller au contenu principal

YOHANN BARBE, président de la FNPL
« Le prix du lait est une urgence absolue pour les éleveurs »

Dans les fermes, l'heure des choix approche. La sécheresse a frappé l'ensemble des territoires et les éleveurs ont dû entamer leurs stocks fourragers bien plus tôt que prévu. Devant cette situation, et à l'approche des négociations commerciales, Yohann Barbe tire la sonnette d'alarme.

" Aujourd'hui, dans de nombreuses exploitations, les silos se vident et les inquiétudes grandissent. Cette situation ne touche pas seulement le moral des producteurs ; elle les place face à des décisions lourdes de conséquences.

Faut-il acheter des fourrages supplémentaires et faire face à une nouvelle flambée des coûts de production, qu'il s'agisse de l'alimentation animale, du carburant ou des engrais, alors même que les trésoreries ont déjà été lourdement mises à mal par la baisse du prix du lait depuis le début de l'année ? Faut-il réduire les cheptels pour faire face au manque d'alimentation ? Pour certains, c'est même la poursuite de l'activité laitière qui est en question. Dans ce contexte, le niveau du prix du lait sera déterminant. C'est lui qui décidera si les éleveurs peuvent préserver leur potentiel de production ou s'ils sont contraints de décapitaliser davantage. Plus que jamais, les éleveurs ont besoin de perspectives économiques. Et celles-ci ne pourront venir que d'une meilleure valorisation du lait.

À l'approche des négociations commerciales, la FNPL salue la prise de conscience des enseignes de la grande distribution des difficultés auxquelles font face les éleveurs et de la nécessité de préserver la matière première agricole française. Ces prises de position constituent un signal positif, même si nous ne sommes pas dupes : le sort des éleveurs ne restera pas longtemps au cœur des discussions dans les boxes de négociation, où les déclarations d'aujourd'hui seront rapidement confrontées à la guerre des prix.

Les éleveurs attendent désormais des actes. La situation exige un effort collectif. Les entreprises de transformation ont évidemment un rôle majeur à jouer, mais elles ne sont pas les seules concernées. La restauration hors foyer doit également prendre toute sa part dans la valorisation des produits issus du lait français et dans le soutien aux éleveurs laitiers.

La FNPL rappelle également que l'export constitue un débouché stratégique pour la filière. Loin d'être un simple marché de dégagement, il participe pleinement à la création de valeur des entreprises et doit également contribuer à une meilleure rémunération des producteurs.

« Face aux conséquences exceptionnelles de la sécheresse, il faut des réponses exceptionnelles. La valorisation de l'origine France doit se retrouver partout : dans les rayons, dans la restauration hors foyer et à l'export. Chaque acteur doit prendre sa part dans la revalorisation du prix du lait. La France a besoin de ses producteurs pour continuer à approvisionner ses usines, ses rayons et ses restaurants avec du lait français."•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

L'herbe passe au vert
Cet été, la croissance de l'herbe en Normandie a atteint des niveaux exceptionnellement bas. Toutefois, l'observatoire a…
Semées au printemps, les dérobées d'été sont pâturées par les brebis de juillet à octobre.
Journée technique au Ciirpo le 17 septembre

Destinée aux éleveurs et aux techniciens, la rencontre du Ciirpo du 17 septembre traitera, comme à l'accoutumée, de…

Le suivi sanitaire ne s'improvise pas : la performance de l'élevage repose sur un travail d'équipe et une confiance étroite entre Éric Monnet, à gauche et Jérémy Vimbert.
« En médecine rurale, nous avons affaire à des professionnels »

Vétérinaire mixte à Saint-Romain-de-Colbosc depuis plus de vingt ans, Éric Monnet revient sur l'évolution de sa pratique :…

"La transmission en questions"

La section des Seniors agricoles proposera lors de ses réunions de secteur une information sur la transmission avec des…

Récoltes céréalières 2026 : les plus précoces en Normandie depuis 20 ans

Les situations météorologiques extrêmes de janvier à juin expliquent des rendements en baisse, mais pas catastrophiques, pour…

Louis Vuilliot estime à environ 35 % la plus-value économique apportée par la sélection génétique.
Miser sur la génétique pour créer de la valeur

Installé depuis 2008 sur une exploitation en polyculture élevage ovins à Saint-Pierremont dans l'Aisne, Louis Vuilliot conduit…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole