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Inquiétudes pour les fourrages

La sécheresse et les épisodes caniculaires pèsent lourdement sur les cultures fourragères. Si les prairies pourraient retrouver une partie de leur potentiel en cas de retour des pluies, la situation est plus préoccupante pour le maïs fourrage.

S'il ne pleut pas en août, la situation pourrait être très préoccupante.
S'il ne pleut pas en août, la situation pourrait être très préoccupante.
© Idele

" Le plus préoccupant aujourd'hui, c'est le maïs dans certaines régions, notamment en Pays de la Loire et dans le sud de la Bretagne ", résume Fabienne Launay, responsable de projets au service fourrages de l'Institut de l'élevage (Idele). Pénalisé localement au printemps par les attaques de géomyzes, le maïs a subi un déficit hydrique marqué et des températures exceptionnellement élevées au moment de la floraison. Résultat : dans certaines régions, les premières estimations font état de rendements divisés par deux !

Ne pas ensiler trop tôt

Face à des maïs desséchés, certains éleveurs pourraient être tentés d'avancer la date d'ensilage. Une erreur selon l'Institut de l'élevage. " Même si la plante paraît sèche, il ne faut pas récolter trop précocement. Il faut attendre une teneur en matière sèche (MS) adaptée pour ne pas compromettre la qualité de l'ensilage et la conservation. "

La qualité nutritionnelle sera parfois un peu inférieure, avec une hétérogénéité importante entre parcelles, voire au sein d'une même parcelle. L'Idele recommande donc de réaliser des analyses de valeur alimentaire afin d'adapter ensuite les rations.

Les prairies peuvent encore rebondir

La situation est différente pour les prairies. Si la pousse est actuellement fortement ralentie, Fabienne Launay rappelle que " les prairies sont plus résilientes qu'on ne le pense. Dès que les pluies reviennent, elles peuvent repartir rapidement. "

Les observations réalisées après la sécheresse de 2022 montrent que de nombreuses prairies avaient retrouvé un bon niveau de production à l'automne. D'où le conseil d'éviter de retourner trop rapidement les prairies et de limiter leur dégradation par le surpâturage ou le piétinement. " Il faut préserver les prairies en mettant en place une parcelle tampon permettant l'affouragement des animaux ou en maintenant un pâturage tournant avec des temps de repos suffisants. Si on les épuise aujourd'hui, on compromet leur redémarrage. " Il est possible de distribuer des fourrages dans les prairies (bale grazing), mais, là aussi, il faut changer régulièrement les animaux de pâture.

Anticiper les pénuries

Après les récoltes, il faudra établir un bilan fourrager afin d'évaluer les stocks disponibles et d'anticiper des adaptations. Plusieurs leviers peuvent être mobilisés : adaptation des rations, passage à une ration à base de paille et de mélasse pour les animaux les moins exigeants, achat de fourrages, tarissement plus précoce ou réforme anticipée de certains animaux. " Quand il manque du fourrage, il faut raisonner le système dans son ensemble. Le bilan fourrager est indispensable pour prendre les bonnes décisions avant d'être au pied du mur. " Au niveau local, privilégier l'affouragement des animaux avant d'alimenter les méthaniseurs est une évidence à défendre.

À plus long terme, cette année climatique confirme l'intérêt de diversifier les ressources fourragères. Mélanges prairiaux variés, cultures dérobées lorsque les conditions le permettent, implantation sous couvert, plantation d'arbres ou constitution d'un stock de sécurité d'une année figurent parmi les pistes mises en avant par l'Idele. " Plus un système fourrager est diversifié, plus il est capable d'encaisser les aléas climatiques. " Une stratégie qui pourrait devenir incontournable face à des sécheresses estivales de plus en plus précoces et intenses.

Retrouvez les notes agro-climatique et prairies sur https://idele.fr/aclimel/

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