Aller au contenu principal

À Guizancourt, les camélidés nous alpaguent

Dans la Somme, suite à une reconversion professionnelle, Évelyne Dubæle s’est lancée dans l’aventure d’une ferme pédagogique avec de nombreux animaux comme l’alpaga. Sa passion est tellement forte que cette femme au grand cœur réserve bien des surprises.

Nichée sur le flanc de la montagne du larris, la ferme familiale surplombe le village de Guizancourt et la vallée des Évoissons nappés d’un manteau blanc lié au gel. Cette exploitation agricole de quatre hectares abrite bien évidemment des animaux connus des Hauts-de-France. On y trouve des chevaux, des poneys, des ânes, une vache, des chèvres, des volatiles, des rongeurs, mais un animal en particulier nous a alpagué. « La passion des animaux m’a amenée à réaliser ce rêve. Pour compléter ce beau projet, je voulais découvrir... les alpagas. Je suis allée visiter un élevage d’alpagas dans l’Aisne pour en apprendre plus sur ces animaux. Finalement, j’en ai acheté pour commencer mon élevage. Coup de cœur assuré ! », déclare-t-elle. Elle possède 12 alpagas de type huacaya. Il se distingue avec un poil mi-long et frisé/ondulé, d’aspect cotonneux ou pelucheux, qui lui donne une silhouette toute ronde. « La gestation d’un alpaga dure onze mois et demi avec un bébé à la fois. J’aime beaucoup cet animal car il ressemble à une grosse peluche, très gentil et facile à vivre. Ces animaux ont besoin de vivre en troupeau. Du coup, les alpagas ne sont pas les seuls camélidés, son cousin le lama habite également dans la ferme. On propose des randonnées, avec nos deux lamas, Hercule et Delon, en plein cœur du larris au bord du village de Guizancourt et à travers la colline des Évoissons », précise-t-elle.
Évelyne Dubæle pratique la transformation locale avec la laine d’alpaga. Ces camélidés supportent très bien le climat européen et sont tondus une fois par an, au mois de mai généralement. « La tonte se réalise au printemps, d’une part pour leur hygiène de vie et d’autre part pour diminuer la couche de laine sur le dos durant les périodes estivales. Une salariée s’occupe du nettoyage, du cardage et du filage à la main ». Écharpes, bonnets et gants sont donc tissés avec la prestigieuse laine d’alpaga, surnommée la laine des dieux, pour sa douceur, sa résistance et ses propriétés thermiques uniques. Ces accessoires sont vendus sur la ferme ou bien sur les marchés.

Une ferme au grand cœur

« Aujourd’hui, mon souhait est de partager, avec petits et grands, ma passion pour les animaux », affirme Évelyne Dubæle. En effet, la ferme des Alpagas des Évoissons n’est pas qu’une simple ferme pédagogique. La famille Dubæle a décidé d’accueillir des personnes en difficulté ou en situation de handicap. La ferme est labellisée accueil paysan. Plus précisément, elle inscrit sa ferme comme un lieu « d’accueil social pour des personnes qui éprouvent la nécessité d’une rupture momentanée avec leur entourage habituel », selon le site du label. « Il s’agit ainsi d’un mouvement d’éducation populaire créé en 1987 par des paysans et acteurs ruraux engagés en faveur d’une agriculture paysanne et d’un tourisme durable, équitable et solidaire. On travaille souvent avec l’aide sociale à l’enfance. On travaille énormément avec des instituts médico-éducatifs (IME) », explique-t-elle.
Évelyne Dubaele se réjouit du label obtenu, symbole de travail reconnu à sa juste valeur. « Il n’y a rien de nouveau pour moi. Ce que je fais à la ferme, c’est une question de valeurs », poursuit-elle. La famille Dubæle travaille également sur la médiation animale au sein de l’exploitation mais aussi dans différentes structures comme les Epahd, les foyers pour enfants, les crèches avec des rongeurs et des chiens de race caniche toy. Cet accueil social ne s’arrête pas là, Évelyne Dubæle n’a pas pour projet d’agrandir son exploitation pour y mettre plus d’animaux, mais de construire une maison annexe pour proposer un séjour en toute sécurité aux enfants en difficultés. Comme vous l’avez compris, la ferme des Alpagas des Évoissons a un grand cœur. •

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Eau/irrigation : en finir avec les mythes

La revue Agriculture et Eau, fondée par Gil Rivière-Wekstein, a présenté, à l'assemblée générale des Irrigants de France, un…

L'accord signé prévoit le versement d'une somme de 1 000 euros par an, et par équivalent pylône pour les lignes 400 kV et de 375 euros par an pour les lignes 225 kV.
Quand la mobilisation syndicale et professionnelle porte ses fruits

Un accord national vient d'être signé entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France. Ce dispositif inédit, négocié d…

Octobre rose : le monde agricole se mobilise aussi

Ce mois est aussi celui d'Octobre rose. Les initiatives se multiplient sur le terrain et le monde agricole n'est pas en reste,…

Sept ans après la reprise de la première structure, Estelle Lesage incarne la troisième génération à la tête de l'exploitation familiale.
Une installation au féminin dans l'Eure

Estelle Lesage, agricultrice dans le département de l'Eure, nous a ouvert les portes de son exploitation. Elle revient sur son…

Sylviane Lefez, présidente de la CNA, et Catherine Faivre-Pierret, ancienne présidente de la CNA.
"ll faut lutter pour que les femmes aient toute leur place""

Présidente de la Commission nationale des agricultrices de la FNSEA, Sylviane Lefez est en première ligne pour défendre les…

Brûlures suite à la formation de gouttelettes sur le câble des sondes en post-thermonébulisation.
Comment gérer au stockage des tubercules ayant déjà germé dans les buttes ?

Les canicules ont impacté le grossissement des tubercules, voire limité la tubérisation pour les plantations les plus tardives…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole