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Forte affluence à Terre.s d’avenir

Le 12 décembre au lycée agricole d’Yvetot, le forum Terre.s d’avenir a réuni près de 900 collégiens et lycéens normands pour une journée consacrée à la découverte du monde agricole. Avec une vingtaine de stands, cet événement a permis de mettre en avant la diversité des métiers du secteur, offrant aux jeunes un aperçu des nombreuses opportunités professionnelles qu’il propose.

Dans une région où l’agriculture représente 2 % des emplois et se distingue par la diversité de ses productions, le forum Terre.s d’avenir s’avère être le lieu idéal pour promouvoir les métiers du secteur à la future génération. 
Le 12 décembre, plus de 900 collégiens et lycéens, issus d’établissements agricoles et généraux, se sont ainsi rendus à cet événement au lycée d’Yvetot. Organisé depuis plus de dix ans par les Jeunes agriculteurs de Normandiehttps://www.jeunes-agriculteurs.fr/reseau/jeunes-agriculteurs-de-basse-normandie/, ce forum itinérant parcourt d’année en année et à tour de rôle les cinq départements normands – de Saint-Lô à Vire, en passant par Le Neubourg, Sées et Yvetot. 
« Il était pertinent de faire appel à Naturapôle et au lycée agricole et agroalimentaire d’Yvetot, car plus de 2 000 élèves suivent déjà des formations agricoles dans ces établissements », souligne Laurence Sellos, présidente de Naturapôle et de la Chambre d’agriculture départementale.
Au programme de cette journée : des tables rondes, le jeu de la personne mystère, un mur de l’emploi et de nombreux stands d’acteurs du territoire qui œuvrent dans le secteur agricole présents pour l’occasion : la Chambre d’agriculture de Normandie bien sûr mais aussi l’Anefa (Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture), des établissements de formation (la Fédération des MFR, UniLaSalle Rouen et le lycée agricole d’Yvetot), des coopératives (NatUp et Noriap), des établissements de conseils et services (MSA, Crédit Mutuel, Crédit Agricole, AS76). 

Répondre aux besoins d’un secteur en mutation

Pour Emmanuel Roch, président des Jeunes agriculteurs de Normandie, ce type d’événement est essentiel pour répondre aux défis actuels d’un secteur en pleine évolution : « L’agriculture est un métier d’avenir, qui recrute activement et offre des perspectives variées et nombreuses. Il faut dépasser les clichés et insister sur l’importance de ce secteur, non seulement pour nourrir la population mais aussi pour préserver l’environnement ».
Impliqué dans l’organisation, il souligne la préparation nécessaire en amont d’un tel forum : « Il faut environ dix mois pour tout organiser, en collaboration avec les établissements scolaires. Cela permet de maximiser l’impact auprès des élèves et de leurs professeurs ».
Les retours positifs des participants sont nombreux et confirment l’utilité d’une telle journée. « Lors d’une édition précédente, un jeune passionné par la mécanique agricole est revenu le lendemain avec ses parents, convaincu d’avoir trouvé sa voie, précise Emmanuel Roch. Ce n‘est qu’un exemple, mais cela montre à quel point ce genre d’événement peut être transformateur ».

L’agriculture au sens large

Trop souvent perçue comme un secteur limité au métier d’agriculteur, la filière agricole rappelle qu’en réalité elle s’élargit à bon nombre de débouchés liés au vivant et à la nature. Le lycée agricole et agroalimentaire d’Yvetot propose par exemple des formations en horticulture, maraîchage et aménagement paysager. « Ces filières spécialisées sont moins connues du grand public, il est donc essentiel de les faire découvrir aux jeunes élèves », souligne Laurence Sellos. 
« Ici, l’objectif est de faire découvrir l’aménagement paysager et de susciter la curiosité des jeunes, pour qui cette filière reste souvent méconnue », renchérit Martin Lefebvre, directeur du site Naturapôle de Fauville-en-Caux, en désignant son stand parsemé de végétaux. Leur présence à ce forum n’est pas anodine. « Les jeunes ne connaissent pas ces métiers et n’y sont pas suffisamment sensibilisés », souligne Céline Izabelle, chargée de recrutement à Fauville-en-Caux. Pourtant, cette filière offre une grande diversité de métiers, allant du paysagiste au jardinier, en passant par le chef(fe) de culture et le conseiller(ère) horticole. Tous ont en commun une même passion pour le contact avec la nature. Mais faut-il encore que « les élèves aiment le végétal ou qu’ils aient envie de nourrir les consommateurs », souligne Céline Izabelle. C’est pourquoi pour les deux représentants de Naturapôle il convient de miser sur des approches pédagogiques. « Les jeunes qui s’intéressent au végétal et à l’évolution d’une plante oublient souvent qu’on commence par une graine ou une bouture. Il est donc crucial de leur réapprendre ce processus », précise Martin Lefebvre. « Nous sommes une filière très spécialisée dans le secteur agricole, et il est vrai que les jeunes ne s’attendent pas à nous voir lorsqu’en cours d’année nous débarquons dans les établissements pour présenter nos formations », ajoute-t-il. Ce constat, Sandrine Ganaye, responsable communication à Naturapôle, le partage également. « Ce matin, certains collégiens pensaient qu’à Yvetot, seule l’agriculture était enseignée » en désignant son stand, où l’on trouve un microscope, des produits alimentaires et même un kit d’hygiène pour les mains. Le microscope, positionné en évidence, intrigue particulièrement. « Nombreux sont ceux qui me demandent si je fais des études en médecine, raconte-t-elle. Je leur explique que les analyses ne se limitent pas à la santé humaine, mais s’étendent aussi à la santé animale, aux analyses de produits alimentaires et de sols agricoles ». 
Du côté des formations auxquelles on ne pense pas immédiatement se trouvent également toutes celles qui tournent autour du bois, comme le rappelle le lycée des métiers du bois et de l’écoconstruction d’Envermeu qui présente ses formations spécialisées dans l’élagage, la gestion forestière et la valorisation du bois.

Susciter l’intérêt par les nouvelles technologies

Pour capter l’attention des élèves, nombre d’exposants ont choisi l’immersion. En faisant appel à la réalité virtuelle, à des quiz interactifs, voire de façon plus anecdotique à des tours en tracteurs, le jeune public a pu découvrir l’agriculture sous des angles variés. 
Jean-Marc Morcet, chargé de mission à la Chambre d’agriculture de Normandie à Alençon, fait appel à la réalité virtuelle. « Sur mon stand, j’ai installé deux outils ludiques. Le premier est un jeu d’arcade où les participants doivent sauver un champ attaqué par des pucerons en libérant des coccinelles. Le second est une visite de ferme grâce à un casque de réalité virtuelle ». « Notre cible, ce sont les jeunes qui n’ont pas forcément de lien avec le milieu agricole, explique-t-il. Nous cherchons à les sensibiliser et à leur donner envie de s’orienter vers ce secteur. Et la meilleure façon de les atteindre, c’est par les jeux ».

Des échanges constructifs

« Cette édition a été marquée par un véritable travail de découverte, où les élèves devaient percer le mystère des métiers de certains exposants », explique Laurence Sellos. Et pour les collégiens qui ont une idée encore assez vague du métier qu’ils aimeraient faire, le jeu de la “personne mystère” s’est avéré être un excellent moyen de susciter les échanges. « Parfois, ces discussions mènent à des échanges très intéressants, notamment sur leur orientation professionnelle », ajoute Laurence Sellos. Ce jeu a beaucoup plu, notamment à Léonie Petit et Louise Chauvin, élèves de 4e au collège Louis Bouilhet à Cany-Barville. « Moi qui suis un peu timide, ça m’a permis de poser des questions et de deviner leur métier », confie Léonie, ajoutant que cette expérience lui a aussi permis de « découvrir l’existence du Service de remplacement ».•

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