FCO-3 : une vague de naissances de veaux “débiles” dans les élevages cet hiver
La fièvre catarrhale ovine (FCO) sérotype-3 est passée à l’été et l’automne 2025 dans les élevages bovins et ovins seinomarins. Il en résulte des conséquences.
La fièvre catarrhale ovine (FCO) sérotype-3 est passée à l’été et l’automne 2025 dans les élevages bovins et ovins seinomarins. Il en résulte des conséquences.
Avec l’hiver, la maladie circule moins à la suite de la baisse de circulation de son vecteur, un petit moucheron (Culicoïdes). La carte ci-dessus indique en vert les densités d’élevage, en rouge les cas positifs (ramenés aux codes postaux) : toute la Seine-Maritime a été impactée.
Pourquoi parle-t-on encore de la FCO cet hiver ?
La FCO est une maladie entraînant rapidement des ulcères, symptômes observés cet été-automne. Mais elle a également un impact notable sur la reproduction. Elle entraîne de la stérilité sur les mâles (durant 2 à 3 mois), des avortements ou le développement de fœtus malformés avec des symptômes neurologiques : des veaux “débiles”.
Fin août déjà, les éleveurs ovins ont alerté sur des taux de remplissage anormalement bas avec une probable stérilité de béliers touchés par la FCO (non vaccinés). Par la suite, en septembre/octobre, de nombreux élevages ovins et bovins ont signalé des avortements.
Au bilan, c’est 526 avortements déclarés de juillet à décembre 2025 en bovins contre 289 en 2024, soit deux fois plus ; dont 43 % imputables à la FCO.
Depuis fin novembre, plusieurs signalent en plus la présence de veaux débiles, incapables de téter, voués à mourir. Si on regarde les chiffres, les mois de septembre 2025 et janvier 2026 sont déjà impactés avec une moyenne départementale respectivement de 6 et 5 % de naissances en moins (par rapport au même mois de l’année précédente) ; à noter que la baisse de l’effectif entre fin 2024 et fin 2025 est moindre, de l’ordre de 3,4 %. Tandis que du côté de la mortalité, on recense 8 % de mortalité supplémentaire en 2025 dans les élevages foyers, comparativement aux élevages sans signalement FCO.
Certains éleveurs rapportent au GDMA déjà 30 % de veaux ou d’agneaux en moins entre les avortements et les veaux présentant des symptômes neurologiques. Tous les cantons sont concernés avec de nombreux appels reçus en ce sens au GDMA. Il faut noter que la prise de sang (analyse PCR) sur le veau débile ou sur sa mère ne revient pas forcément positive, étant donné que la maladie est passée plusieurs mois avant.
Quelle suite pour 2026 ?
Les virus peuvent toujours nous jouer des tours, mais la FCO est une maladie relativement connue. On sait ainsi qu’entre 2006 et 2008, il a fallu trois années de vaccination pour qu’elle ne circule plus. Des études ont également montré que pour qu’un élevage soit correctement protégé suite à une circulation sauvage (sans vaccin), il faut a minima 30 % des animaux avec une forte clinique.
Au bilan, il est donc bien probable que la FCO-3 revienne en force en 2026 dans nos élevages… Sauf si la vaccination massive l’en empêche, comme ce fut le cas dans l’est de la France en 2025.•
Qu’en est-il des autres FCO ?
La FCO sérotype 8 circule depuis quelques années en France. Dans une étude GDS des Pays de Loire, le passage de la FCO-8 a entraîné 30 % d’avortements en plus en 2024. La maladie s’est beaucoup déplacée l’année dernière, touchant sévèrement la Bretagne. À l’automne dernier, elle est arrivée en Seine-Maritime avec trois élevages concernés : un avec des symptômes légers, un avec de la mortalité et un avec des avortements.
Comment s’en protéger ?
C’est un virus, la meilleure arme reste donc de doper l’immunité de vos animaux : ration, gestion des autres maladies (parasitisme notamment) et bien sûr la vaccination. Les insecticides n’ont pas démontré une efficacité suffisante à ce jour contre le moucheron : efficacité maximale de 50 %, sur une période de 8-9 jours.
« Mon voisin était vacciné et a eu plus de problèmes que moi »
Nous avons reçu de nombreux appels quant à l’intérêt voire l’inefficacité de la vaccination… À discuter, il ressort que les élevages vaccinés ont eu moins de symptômes, et moins longtemps. De plus, les données de mortalité montrent que les élevages de cas de FCO non vaccinés ont eu 15 % de mortalité en plus par rapport aux élevages de cas de FCO ayant vacciné. Ils ont ainsi eu deux fois plus de bovins morts en 2025 par rapport à 2022. De même, on y constate plus d’avortements.
D’autre part, suite à un vaste questionnaire lancé par le GDMA 76 et le GDS 27 ayant recueilli 655 réponses, plus de 69 % des éleveurs souhaitent vacciner, alors qu’environ 50 % des cheptels sont vaccinés en 2025 (source DGAL). Preuve, peut-être, que ceux qui n’ont pas vacciné quand le vaccin était gratuit y ont perdu beaucoup et sont prêts aujourd’hui à vacciner avec un vaccin payant…