Aller au contenu principal

Emploi agricole : le travail familial s'érode, le salariat progresse

D'après les données publiées fin septembre par Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture, le volume d'emploi agricole en France a diminué de 1,3 % en 2024 pour s'établir à 654 460 ETP. Porté par le recul des non-salariés, ce repli devrait se poursuivre à un rythme plus modéré en 2025 (- 0,8 %).

L'emploi agricole a reculé de 1,3 % en France en 2024 pour s'établir à 654 460 équivalents temps plein (ETP).
L'emploi agricole a reculé de 1,3 % en France en 2024 pour s'établir à 654 460 équivalents temps plein (ETP).
© iStock

En 2024, le secteur agricole français (hors départements et régions d'outre-mer - Drom) enregistre une perte nette de 8 730 équivalents temps plein (ETP). Après la baisse marquée de 2,5 % en 2023, le recul de l'emploi agricole se poursuit mais s'adoucit, tout en restant supérieur à la moyenne annuelle observée depuis 2010 (- 1,0 % par an), note l'étude d'Agreste.

Ce recul est principalement dû à la diminution continue du travail non salarié. Le volume d'heures assurées par les chefs d'exploitation et coexploitants s'étiole de 2,0 % (- 7 370 ETP), tandis que celui des conjoints et autres actifs familiaux chute de 9,3 % (- 1 960 ETP). Le repli est plus accentué chez les exploitants individuels (- 3,0 %) que chez ceux sous statut sociétaire (- 1,4 %). Les sociétés regroupent désormais 62,2 % du travail des exploitants, traduisant la restructuration juridique des fermes.

À l'inverse, l'emploi salarié et l'externalisation résistent. Le volume de travail des salariés permanents reste stable (0,0 %), rompant temporairement avec sa hausse historique (+ 1,7 % par an depuis 2010). Les effectifs saisonniers progressent légèrement (+ 0,4 %), alors que le recours aux entreprises de travaux agricoles (ETA) et aux Cuma gagne 1,8 %. Si les chefs d'exploitation assurent toujours 55,4 % du travail agricole, la part des salariés permanents (27,1 %) et saisonniers (11,8 %) confirme la montée en puissance du salariat.

Des filières particulièrement touchées

L'étude montre que les récoltes faibles de 2024, pénalisées par la météo, ont pesé sur l'activité. Trois filières concentrent près des deux tiers des pertes nationales : la viticulture (- 2,4 %, soit - 3 140 ETP), les céréales (- 2,1 %, soit - 1 340 ETP) et les bovins viande (- 2,1 %, soit - 1 180 ETP). À l'échelle régionale, la Nouvelle- Aquitaine (- 2,5 %, - 2 760 ETP) et l'Occitanie (- 2,1 %, - 1 910 ETP) regroupent plus de la moitié du recul national.

Des salaires en hausse de 2,2 %

Sur le plan des rémunérations, Agreste constate que le salaire horaire brut moyen dans les fermes atteint 14,49 euros en 2024, en hausse de 2,2 % sur un an (+ 0,32 euro). Cette progression égale celle du Smic (+ 2,2 %, à 11,69 euros), maintenant le salaire agricole moyen 24 % au-dessus du minimum légal. La revalorisation bénéficie davantage aux permanents (+ 2,8 %, à 14,89 euros) qu'aux saisonniers (+ 0,9 %, à 13,56 euros), ce qui accentue l'écart de rémunération, soulignent les statisticiens. Ces derniers pointent également de fortes disparités selon les filières. La viticulture (16,10 euros) et l'élevage de volailles (15,98 euros) affichent les taux les plus élevés, loin devant les bovins viande (12,11 euros) et les bovins lait (12,23 euros). Géographiquement, l'Île-de-France (15,26 euros) et la Nouvelle-Aquitaine (15,21 euros) devancent la Normandie (13,27 euros).

Selon les projections provisoires pour 2025, la contraction de l'emploi agricole ralentirait à - 0,8 %. Les effectifs d'exploitants baisseraient encore (- 2,2 %), mais le salariat permanent (+ 1,1 %), les saisonniers (+ 2,9 %) et les prestations ETA-Cuma (+ 2,8 %) repartiraient à la hausse. La baisse se poursuivrait en céréales (- 2,6 %) et bovins viande (- 2,5 %), tandis que le salaire horaire moyen est pressenti en hausse de 3,4 %.•

L'étude complète est à retrouver sur le site d'Agreste : https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

L'herbe passe au vert
Cet été, la croissance de l'herbe en Normandie a atteint des niveaux exceptionnellement bas. Toutefois, l'observatoire a…
Semées au printemps, les dérobées d'été sont pâturées par les brebis de juillet à octobre.
Journée technique au Ciirpo le 17 septembre

Destinée aux éleveurs et aux techniciens, la rencontre du Ciirpo du 17 septembre traitera, comme à l'accoutumée, de…

Le suivi sanitaire ne s'improvise pas : la performance de l'élevage repose sur un travail d'équipe et une confiance étroite entre Éric Monnet, à gauche et Jérémy Vimbert.
« En médecine rurale, nous avons affaire à des professionnels »

Vétérinaire mixte à Saint-Romain-de-Colbosc depuis plus de vingt ans, Éric Monnet revient sur l'évolution de sa pratique :…

"La transmission en questions"

La section des Seniors agricoles proposera lors de ses réunions de secteur une information sur la transmission avec des…

Récoltes céréalières 2026 : les plus précoces en Normandie depuis 20 ans

Les situations météorologiques extrêmes de janvier à juin expliquent des rendements en baisse, mais pas catastrophiques, pour…

Louis Vuilliot estime à environ 35 % la plus-value économique apportée par la sélection génétique.
Miser sur la génétique pour créer de la valeur

Installé depuis 2008 sur une exploitation en polyculture élevage ovins à Saint-Pierremont dans l'Aisne, Louis Vuilliot conduit…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole