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Du fourrage supplémentaire grâce aux cultures dérobées fourragères

La couverture des sols en intersaison est une démarche agronomique et environnementale intéressante dans la gestion de l'assolement. Ce peut être également l'opportunité de produire davantage de fourrage, diversifiant ainsi les cultures dans la rotation mais aussi diversifiant les ingrédients de la ration.

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Brebis pâturant - cultures dérobées
© GNIS

Bien choisir le devenir du couvert dès son implantation

Il faut bien distinguer deux situations au moment du semis pour un couvert en interculture. En effet, soit il s'agit d'une interculture purement agronomique, environnementale et réglementaire, auquel cas, aucun traitement ni fertilisation ne sont autorisés. Soit il s'agit de cultures dérobées avec un objectif de récolte, dans ce cas la fertilisation est alors permise et une simple fiche culturale est à tenir.

Il est important de préciser que la récolte d'un couvert ne compromet pas un objectif environnemental, tels que l'impact sur la structure du sol, la lutte contre des parasites ou adventices, le piégeage ou la fixation d'azote, la lutte contre l'érosion.

La culture dérobée fourragère peut permettre d'amener plusieurs tonnes de matière sèche, souvent de bonne valeur, selon les espèces, et avec un faible coût si on considère que l'essentiel des charges de structure sont imputées à la culture principale.

 

26 espèces pour répondre aux différentes situations

Pour optimiser la production de fourrage dérobé, il est essentiel de bien choisir les espèces, puis les variétés et surtout de bien soigner le semis afin de garantir une bonne implantation. Pas moins de 26 espèces sont utilisables. Pour les sélectionner, 8 questions clés sont à se poser :

  • A quelle date se libère la parcelle de la culture précédente ? Certaines plantes doivent être semées tôt, d'autres plus tard.
  • Où se situe la parcelle par rapport à la stabulation ou à une prairie que les animaux connaissent bien ? Ceci permet d'estimer la possibilité de pâturage.
  • Avant même le semis, il faut penser au moyen de destruction. Certaines plantes sont détruites par l'exploitation, d'autres doivent être détruites chimiquement ou mécaniquement.
  • Puis il faut se demander quelle sera la culture suivante ? En effet y a-t-il un risque de parasitisme commun, un risque de repousse, d'allélopathie, de concurrence quant à la réserve en eau ?
  • Comment envisage-t-on d'exploiter le couvert végétal ? Par pâturage, en fauche, en affourragement en vert ?
  • A quelle période la parcelle va être exploitée ? Est-ce dès la fin de l'été, de l'automne, en hiver, au printemps ou à plusieurs de ces périodes ?

Les climats automnaux se suivent et ne se ressemblent pas. Il est intéressant d'associer des espèces dont au moins une d'entre elles se développera bien s'il fait chaud et sec, une autre s'il fait froid et sec et une autre s'il fait froid et humide.

Il est aussi possible d'associer des espèces qui se complètent dont certaines s'exprimeront à l'automne et d'autres au printemps. Les doses de semis de ces espèces complémentaires seront alors additionnées et non pas effectuées au prorata.

 

Culture fourragère et bien plus...

Pour finir on peut joindre à l'objectif fourrager un ou plusieurs objectifs agronomiques ou environnementaux : mellifères, cynégétiques, sur la structure du sol, sur la gestion de l'azote, sur la lutte contre l'érosion, les adventices.

La qualité de l'implantation est essentielle pour que les espèces semées expriment leur potentiel. D'une façon générale, il faut semer le plus tôt possible après récolte de la culture principale, sur une terre affinée, ameublie en surface et aplanie. Il faut rouler pour favoriser le contact terre graine et respecter les doses de semis préconisées.

 

Mais quelles sont les 26 espèces ?

Il y a le sorgho monocoupe et le sorgho multicoupes, le chou, le radis fourrager, le colza fourrager, le navet et la navette fourragère, les ray-grass italiens alternatifs et non alternatifs, les pois d'hiver ou de printemps, fourragers ou protéagineux, l'avoine rude, l'avoine d'hiver et de printemps, le seigle classique et le seigle forestier, le triticale, le moha et le millet, les vesce de printemps et d'hiver, la vesce velue, les trèfles d'Alexandrie, incarnats, de Michelli.

Pour aider à la prise de décision sur le choix des espèces, le GNIS propose désormais une réglette similaire à la célèbre réglette qui existe déjà pour le choix des espèces prairiales.

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