Contrôle des graminées d'automne : intérêt du décalage du semis en céréales d'hiver
Face à la pression croissante des graminées d'automne, comme le vulpin ou le ray-grass, les stratégies reposant uniquement sur les herbicides montrent leurs limites dans les céréales d'hiver. Pour préserver durablement le potentiel des cultures et garder le contrôle de ces graminées, il est essentiel de combiner des leviers complémentaires efficaces. Parmi eux, le décalage de la date de semis s'impose en situations difficiles.
Vert : ray-grass, orange : vulpin.
Retarder le semis est efficace pour esquiver une partie des levées de certaines adventices avant la fin du créneau de semis possible de la culture. Sur blés et orges, la date de semis est, pour partie, liée au précédent cultural. La précocité des semis est un facteur favorable à la densité et à la précocité des levées d'adventices. Vis-à-vis de certaines espèces (bromes, ray-grass, vulpin...), un semis plus tardif peut permettre de réduire les niveaux d'infestation dans la culture (figure 1).
En décalant le semis à la fin octobre ou à début novembre (soit 250 degrés-jour sur la figure 1), il est possible de réduire la pression graminée de 50 à 80 % environ selon les conditions. Cette réduction de densité s'accompagne généralement d'une nuisibilité plus faible sur la culture (figure 2). Cela permet d'appréhender l'importance, toute relative, de la perte de rendement en décalant son semis vers la seconde quinzaine d'octobre par exemple. Le potentiel de la culture est plus facilement (et surtout économiquement) "protégeable" sur une date intermédiaire, sur densités limitées d'adventices, qu'une date précoce.
En conclusion, le décalage de la date de semis constitue un levier agronomique efficace pour soulager la pression des graminées sur les céréales à paille d'hiver. S'il demande une certaine rigueur dans l'organisation des chantiers d'automne et le choix variétal, il sécurise l'efficacité des herbicides tout en maintenant le potentiel des cultures.•
Cet article a été rédigé dans le cadre du projet Gramicible. Ce projet fait partie du plan d'action "Gestion des graminées adventices dans les rotations de grandes cultures", dispositif connu sous le sigle Parsada - financé par le ministère en charge de l'Agriculture dans le cadre de la stratégie Ecophyto.