Un loup capturé dans le pays de Bray
Depuis quelques années, le département est régulièrement traversé par des loups. À chaque fois, le passage de ces prédateurs s'accompagne d'attaques de troupeaux. Cet épisode de la louve capturée ce dimanche 10 mai est l'occasion de rappeler la position professionnelle, toujours opposée à la présence du loup.
Depuis quelques années, le département est régulièrement traversé par des loups. À chaque fois, le passage de ces prédateurs s'accompagne d'attaques de troupeaux. Cet épisode de la louve capturée ce dimanche 10 mai est l'occasion de rappeler la position professionnelle, toujours opposée à la présence du loup.
Dimanche 10 mai, en allant relever ces pièges, un piégeur agréé a eu la surprise de constater que l'animal capturé n'était pas le renard attendu, mais un loup, ou plus précisément, une jeune louve de moins de 2 ans. Après quelques heures de discussion, et de tergiversations, l'individu capturé a été transféré à Muchedent pour quelques heures, avant d'être placé dans un parc habilité à recevoir ces loups déplacés. Cet épisode de la louve a été l'occasion pour le syndicalisme FNSEA 76-JA 76 et pour la Chambre d'agriculture de rappeler leur opposition à la présence du loup sur son territoire. Dans un courrier adressé au préfet de région et remis en main propre à la sous-préfète de Dieppe en charge de ce dossier en Seine-Maritime par les adhérents FNSEA 76 et JA 76 de ce territoire, les organisations professionnelles ont rappelé au représentant de l'État que le département ne pouvait être une terre d'accueil des loups.
Préférer l'élevage au loup
D'abord parce qu'aucun éleveur, en Seine-Maritime ou ailleurs, ne pouvait tolérer qu'un de ses animaux soit attaqué par un loup. Ensuite, parce que l'élevage de plaine, tel que nous le pratiquons en Seine-Maritime, ne pouvait apprendre à vivre avec le loup, comme certains le laissent à penser. Le parcellaire trop dispersé ne permet pas de protéger les troupeaux, ni en les mettant sous la garde d'un chien de protection, trop bruyant et trop dangereux pour les promeneurs, ni en les rentrant tous les soirs en bâtiment. Surtout, les représentants professionnels, Laurence Sellos pour la Chambre d'agriculture, Bruno Ledru pour la FNSEA 76 et Justin Lemaitre pour JA 76, ont montré à quel point l'élevage était central pour l'agriculture départementale. Accepter le loup, c'est en quelque sorte renoncer à l'élevage et à tous ses bienfaits, en matière de résilience, de conservation de l'herbe si importante pour protéger la ressource, et de perspective d'installation pour de nombreux jeunes. La FNSEA 76, JA 76 et la Chambre d'agriculture ont aussi rappelé l'impact économique mais aussi moral que représente une attaque de loup sur un troupeau. D'ailleurs, depuis que la présence d'un loup est confirmée à l'est du département, les éleveurs ovins craignent de mettre leurs animaux à l'herbe par peur de nouvelles attaques.
Tir de défense
Cette position professionnelle a été rappelée lors du comité loup réuni à Dieppe le 6 mai. FNSEA 76, JA 76 et la Chambre d'agriculture ont obtenu le passage de certaines communes en cercle 2 du plan national loup, étape nécessaire pour pouvoir mener des tirs de défense à proximité des troupeaux pour mieux les protéger. Parce que cette louve n'est sans doute pas la dernière que le département aura à croiser, la profession reste très attentive et rappellera, autant que nécessaire, que le loup n'a pas sa place dans le département. À l'heure où nous écrivons ces lignes, le sort de la louve capturée n'a pas été tranché. Espérons que dans cette histoire, l'État aura entendu les demandes des agriculteurs. La profession ne demande pas l'euthanasie de cet animal mais simplement, par respect pour les éleveurs, que cette louve vive paisiblement loin de nos contrées dans l'un des parcs à loup habilités.•