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Terre de Lin : le développement durable plus que jamais d'actualité.

Les marchés évoluent, les attentes environnementales sont pressantes, les conditions de travail sont de plus en plus normées. Terre de Lin veut toujours avoir une longueur d'avance sur ces aspects.

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Dominique Soenen, chargé du suivi des adhérents sur Douvrend, part à la retraite. Il est remplacé par Aurélien Larcher et Jean-Manuel Clabaut.
© Catherine Hennebert

 


L'assemblée générale de Terre de Lin s'est déroulée le 7 février à Yvetot sous la présidence de Guillaume Hemeryck et en présence de très nombreux liniculteurs.
Cette journée d'échanges permet aux adhérents de la coopérative de s'informer sur les perspectives du marché du lin. Les liniculteurs vivent une embellie depuis quelques années. Pour la récolte 2017, le prix moyen de lin teillé se situe à 2,72 euros par kilo, niveau qui n'avait jamais été atteint jusqu'alors. La récolte 2017 est légère mais la recette moyenne des lins rouis non battus est de 3704 euros par hectare.

 

Des prix jamais atteints
2 000 hectares de la récolte 2018 ont déjà été teillés à ce jour.  Avec une moyenne de
6 450 kilos par hectare de pailles et 1 420 kilos par hectare de lin teillé, cela sera une récolte du même niveau que 2017. Cependant, ce sont de bons résultats techniques au vu des dates de semis tardives. Par contre, la qualité du lin est supérieure à la récolte 2017, et les prix montent du fait de cette qualité jugée exceptionnelle. Entre septembre et fin décembre, le prix de vente avoisine les 3 euros et la hausse se poursuit car la demande reste ferme.
« Pour que ces prix durent, nous devons intégrer de nouveaux paramètres pour le futur. Aujourd'hui, les marchés traditionnels ne sont pas en évolution mais nous constatons une évolution structurelle qui vient de l'Asie », explique le directeur Thierry Goujon.
L'Inde consomme déjà du lin depuis 4-5 ans mais la nouveauté vient de la Chine qui devient consommatrice. De gros groupes textiles se sont structurés et développent des outils de commercialisation avec des marques chinoises.
« Nous devons fidéliser ce nouveau réseau de commercialisation et structurer cela dans la durée ». Les modes de production deviennent aussi un enjeu important. Terre de Lin a commencé à travailler sur des façons culturales plus vertueuses. En 2018, le suivi de quelques liniculteurs engagés dans le zéro phyto met en avant des résultats encourageants. La coopérative a également investi dans le procédé Thermosem (désinfection des semences par la vapeur d'eau).
Pour 2019, Les surfaces devraient augmenter entre 8 et 10%. La variété Bolchoï sera probablement la première variété semée en 2019 car elle s'est bien comportée au cours de ces deux dernières années sèches.

 

La mondialisation est une chance mais vigilance
Les investissements prévus pour cette année concernent en grande partie le site de Conches-en-Ouche où un bâtiment de stockage sort de terre et où une deuxième teilleuse va être installée. Des travaux de dépoussiérage sont également prévus sur les sites. « Les normes sur les conditions de travail sont exigeantes et il faut s'en approcher. C'est également un enjeu d'attractivité important pour notre métier », précise Thierry Goujon.
Pour les années à venir, la stratégie de Terre de Lin a clairement été annoncée : la recherche de la performance économique avec la qualité, bornée par l'environnement pour répondre aux attentes sociétales, et le social pour des conditions de travail décentes. Pour le président Hemeryck, la mondialisation est une chance. Cependant, la coopérative devra rester vigilante à la concurrence : la Chine travaille sur le chanvre, la Russie veut aussi produire du lin. On parle de plus en plus de fibres recyclées qui sont dans l'air du temps. « Il faut se préparer en tirant vers le haut nos matières et en prouvant la naturalité de notre produit ».

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