Véga : le nouvel automoteur haut de gamme de chez Evrard
Trente ans après l’Alpha, le constructeur français débute la commercialisation de son nouveau produit haut de gamme : le Véga. L’automoteur de 310 chevaux accueille des cuves allant jusqu’à 6 000 litres, pour de longues heures passées aux champs.
Trente ans après l’Alpha, le constructeur français débute la commercialisation de son nouveau produit haut de gamme : le Véga. L’automoteur de 310 chevaux accueille des cuves allant jusqu’à 6 000 litres, pour de longues heures passées aux champs.
Associer le confort à l’efficacité. Voilà la ligne directrice que s’est donnée le groupe Tecnoma – Nicolas – Berthoud – Evrard, lorsqu’il a choisi de concevoir un nouveau pulvérisateur automoteur. Trente ans après le lancement de l’Alpha (toujours commercialisé), le constructeur français veut mettre sur orbite le Véga. Du nom de l’étoile la plus brillante de la constellation de la Lyre, celui-ci est d’ores et déjà disponible en commande et sera commercialisé dès 2027 en pré-série. Les séries sont attendues en 2028.
Le Véga a été conçu en collaboration étroite avec des agriculteurs bêta-testeurs. Avec un objectif : que chaque heure de travail soit productive. « Le confort devient un élément clé pour nos clients, car la fatigue et la baisse de vigilance peuvent rapidement affecter la qualité d’application. Les conducteurs qui passent des heures au volant du matériel deviennent les vrais prescripteurs », assure Bertrand Garnier, directeur général du groupe. Un postulat qui explique la conception du Véga, avec sa spacieuse cabine frontale, qui facilite la conduite et offre une bonne visibilité de jour comme de nuit, grâce à l’éclairage LED à 330°. Désolidarisée du moteur, qui se trouve à l’arrière du pulvérisateur, elle isole le conducteur du bruit, pour une conduite moins éprouvante.
Confort de conduite et d’utilisation
« Cette architecture permet aussi d’accepter une capacité de cuve supérieure », souligne-t-on chez Evrard. Avec bien sûr l’idée de limiter les temps morts. L’engin peut accueillir une cuve de 5 000 ou de 6 000 litres, et offre un poste d’incorporation et de rinçage automatisé pour sécuriser ces opérations. La cabine dispose d’une filtration de catégorie 4 et n’est, en outre, jamais survolée par les rampes lors de leur repli, diminuant le risque d’exposition aux produits.
Les commandes se veulent intuitives, avec un accès rapide aux fonctions essentielles (hauteur de rampe, régulation…), selon les recommandations des bêta-testeurs. Bluetooth et CarPlay, les équipements intérieurs sont dignes d’une berline, avec même, pour la finition Premium, un siège en cuir ventilé et chauffant et un réfrigérateur. Écran de contrôle 16 pouces avec affichage possible de l’Isobus, accoudoir ajustable avec commandes réplicables en accès direct, et joysticks avec 16 fonctions paramétrables, viennent compléter le tableau.
La présence du moteur à l’arrière ne semble pas impacter la stabilité de l’engin. « C’est en fait le meilleur choix pour une répartition optimale des charges, assure Pierre-Marie Verbeke, directeur commercial de la marque. La preuve, même sur l’option avec une cuve à 6 000 litres la répartition du poids à 50-50 sur les essieux est conservée jusqu’à mi-charge ». De quoi conserver de la motricité et limiter le tassement, et ce, même en pente, puisque l’empattement de 4,20 mètres permet de faciliter ce report de charges.
Un moteur fiable et robuste
Le châssis mécanosoudé du Véga, doublé d’une suspension pneumatique indépendante – déjà connue et éprouvée sur d’autres outils – apporte aussi sa part au confort de conduite. Celle-ci est assistée d’une transmission capable de conduire le Véga en charge sur des pentes allant jusqu’à 28 %. Le contrôle de direction corrige indépendamment les roues arrière et bénéficie de la marche en crabe et du recentrage en marche arrière, et de la fonction miroir qui corrige l’essieu en fonction de la pente.
Sous le capot, Evrard a choisi un nouveau partenaire en misant sur un moteur B 6.7 de chez Cummins doté de 310 chevaux. « Nous partageons des valeurs de fiabilité et de robustesse avec ce motoriste, défend Édouard Poulain, chef de produit chez Evrard. Et l’avantage, c’est que ce moteur n’a pas de vanne EGR. » Le boîtier Technodrive assure, quant à lui, une gestion en continu du régime moteur, au champ comme sur route, selon les besoins de l’utilisateur et de la machine. Et la grande surface de refroidissement va permettre de préserver le moteur au maximum. Tout cela limite l’entretien à effectuer sur le moteur. Le premier est attendu après 500 heures d’utilisation puis toutes les 800 voire 1 000 heures. « Nous voulons que nos outils passent plus de temps au travail qu’à l’atelier », insiste Bertrand Garnier.
Quid de la pulvérisation ?
Enfin, côté pulvérisation – et c’est quand même le plus important –, Evrard a appliqué à son Véga son savoir-faire acquis au fil des ans. L’automoteur est équipé de deux pompes (soit indépendantes, soit couplées), pouvant rendre jusqu’à 400 litres disponibles à la rampe. L’Optispray est complété par sa version V2 pour mieux gérer les modulations de doses, et par le Curve Control pour gérer la dérive dans les courbes. « La qualité de la pulvérisation se joue aussi dans la stabilité de la rampe, poursuit Édouard Poulain, qui précise que le Véga accepte des rampes de 24 à 45 mètres. Et sur ce point nous avons appliqué les technologies des rampes aluminium sur les rampes aciers ».
Pour ce nouveau produit, Evrard a investi plus de 100 000 euros en recherche et développement. Ce n’est sans doute qu’un début, car déjà de nouvelles options sont à l’étude comme la hauteur variable, la correction d’assiette, le télégonflage ou encore le graissage centralisé.•