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Valorisation du bois bocager en énergie, des collectivités très demandeuses

Dans un contexte énergétique difficile, en raison notamment d’une hausse incessante du prix des énergies fossiles, le bois-énergie constitue un potentiel de débouchés des plus intéressants pour le bois bocager. Il intéresse donc agriculteurs et collectivités. Il sera longuement abordé lors du Comice avec la Cuma Haie’nergie et l’association Eden. 
 

Cette valorisation du bois bocager, portée par la Cuma Haie’nergie et l’association Eden, occupe aujourd’hui 200 adhérents sur trois activités : le déchiquetage du bois bocager, le sciage mobile et le bois bûche. L’activité va bien au-delà de la Seine-Maritime car les machines se déplacent dans l’Eure, l’Oise, l’Orne, la Somme, les Yvelines, le Calvados.
« Pour la partie déchiquetage, si tous les bois déchiquetés étaient passés dans les chaudières à biomasse depuis 2010, cela aurait représenté l’équivalent de 15 millions de litres de fuel ! Tout cela avec du bois considéré comme sans avenir », précise Philippe Dilard, président de la Cuma.
Sur les 10 000 tonnes déchiquetées par an, à ce jour, 70 % sont autoconsommés par les agriculteurs et 30 % partent vers le marché du bois-énergie.
Les agriculteurs utilisent principalement le bois déchiqueté pour alimenter leur chaudière (séchoir à céréales, bâtiment, porcherie, installation de traite, habitation…). Une partie retourne au sol sous forme de BRF ou sert au paillage des animaux ainsi qu’au paillage ornemental.

3 000 tonnes par an vers le marché du bois-énergie

L’autoconsommation du bois déchiqueté par les agriculteurs et la fourniture de petites chaufferies locales sont les objectifs premiers de la Cuma et de l’association Eden. « Par exemple, nous fournissons la commune de Neufchâtel-en-Bray en bois déchiqueté à hauteur de 600 tonnes (10 % de la fourniture totale) tous les ans. Des projets d’installation de chaudières à biomasse avaient été envisagés par de nombreuses collectivités il y a quelques années mais avec la baisse du prix du gaz, ils ont été rangés dans les cartons. Vu le contexte, ils ressortent aujourd’hui et la demande est grandissante ».
Après des multiples rencontres et négociations avec la métropole de Rouen, la Cuma et Eden ont obtenu un contrat d’approvisionnement pour fournir en bois agricole local la chaufferie de la Petite Bouverie à Rouen. Un contrat a été signé pour un approvisionnement à hauteur de 5 % en bois agricole sur 25 ans. 17 000 foyers sont raccordés à ce réseau urbain de 45 kilomètres. « Ce contrat permet d’aspirer les stocks de bois des agriculteurs et de les rassurer sur une fourniture régulière car les chaudières fonctionnent toute l’année. Dans le cadre de l’expansion du réseau de chaleur, nous sommes en discussion avec la Métropole du Havre pour la fourniture de 500 à 1 000 tonnes de bois par an. Nous travaillons également auprès de Saint-Valery-en-Caux et Dieppe ».

Une fourniture de chaleur “clé en main”

Depuis trois ans, la Cuma et Eden travaillent avec le parc naturel régional des Boucles de la Seine sur une fourniture de chaleur “clé en main” pour les collectivités. Il s’agit d’apporter un savoir-faire dans le choix des chaudières. D’autres projets sont en cours, à savoir par exemple la mise en place de contrats de location de chaudières pour laisser le temps à la collectivité de se familiariser avec la fourniture de chaleur grâce à la biomasse. Cela pourrait être aussi un contrat de vente de chaleur…
À noter que dans le cadre de sa politique régionale agricole, la Région Normandie apportera un soutien financier au développement de la production d’énergies renouvelables (dispositif “IDÉE actions productions d’énergies renouvelables”). Le domaine du bois-énergie sera concerné. •

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