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UniLaSalle Rouen ouvre une chaire dédiée au biocontrôle

UniLaSalle et la start-up Biom Innov se sont associées pour lancer une chaire "Biocontrol explorer for plant health" présentée ce 3 juin à Rouen.

Le biocontrôle est-il l'avenir de l'agriculture ? Ce 3 juin à Rouen, l'école d'ingénieurs UniLaSalle et la start-up Biom Innov ont répondu oui en lançant officiellement une chaire de recherche et d'innovation dédiée à ce domaine. « Nous associons ainsi le volet recherche au volet industriel. Nous partageons une vision commune que nous voulons voir aboutir sous forme de solutions dans les mains des agriculteurs », résume Aude Bernadon-Méry, fondatrice et présidente de la start-up basée à Saint-Malo (35).

L'objectif est de concevoir et développer des médicaments verts, des bioactifs issus de la nature, pour protéger la santé des plantes, des hommes et de l'environnement. Un impératif pour Christian Huygue, chargé de mission indépendant auprès de l'Inrae : « On a oublié que les molécules de synthèse utilisées intensivement avaient un impact non soutenable sur le milieu et l'environnement. Il faut restaurer l'environnement et restaurer la biodiversité. »

Une approche holistique

Ces solutions de biocontrôle doivent accompagner les filières agricoles en pleine transition. « Face à l'évolution des réglementation et l'interdiction de principes actifs de synthèse, les agriculteurs sont dépourvus de solutions », rappelle Aude Bernadon-Méry. Un constat renforcé par des phénomènes de résistance et une pression sociétale qui s'intensifie autour de l'usage des produits phytosanitaires.

La chaire "Biocontrol explorer for plant health" adopte une approche holistique. « Il faut considérer aujourd'hui les plantes dans leurs écosystèmes, leurs relations avec les microbiotes. Il ne s'agit plus seulement de regarder l'efficacité d'un produit sur un pathogène », insiste Aude Bernadon-Méry. Plutôt que d'éradiquer un pathogène, il s'agit de maîtriser sa population en dessous d'un seuil de nuisance, sans impact négatif sur l'environnement.

Les difficultés à surmonter sont réelles. Face à des agriculteurs qui n'ont pas toujours les clés d'utilisation des produits de biocontrôle, « nous devons peut-être passer plus de temps en recherche et développement, pour délivrer un produit qui sera simple à utiliser », constate Aude Bernadon-Méry. Proposer des solutions à un coût supportable pour les agriculteurs fait également partie de l'équation. Par ailleurs les réglementations française et européenne ne sont actuellement pas adaptées et pourraient représenter un frein.

Un marché en plein développement

Le marché est en plein développement, comme l'illustre Flora Limache, secrétaire générale France biocontrôle by IBMA : « Au niveau européen, c'est 1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires, avec une croissance, depuis plusieurs années, surtout pour les macro-organismes - insectes, acariens auxiliaires et nématodes. Cela s'explique notamment par la réglementation plus légère que pour les produits phytopharmaceutiques de biocontrôle ». C'est aujourd'hui 12 % des parts du marché européen de protection des plantes.

Pour les intervenants, le biocontrôle n'est pas envisagé comme une solution miracle mais « comme un des leviers très importants à activer. Il y en a plein d'autres telles que la génétique, les pratiques agricoles... », précise Adrien Gauthier, enseignant- chercheur en phytopathologie à UniLaSalle Rouen. Autant de démarches qui doivent aussi être acceptées et adoptées par l'agro-industrie.•

Deux produits en cours d’homologation

Biom Innov a travaillé sur deux produits en cours d’homologation : le BIV342 en application foliaire et le BIV446 en traitement de semence. Ils concernent la lutte contre le mildiou sur le tournesol et la vigne et l’oïdium sur la vigne. La start-up programme un décollage des ventes dans plusieurs pays (dont les USA et une partie de l’Amérique latine) dès 2030, avec un chiffre d’affaires de 3,6 M€. En 2034, le chiffre d’affaires est espéré à 36,6 M€. « On nous demande de travailler sur la septoriose et la fusariose du blé, parce qu’il y a peu de solutions actuellement. Le mildiou de la tomate est également concerné », précise Aude Bernadon-Méry, fondatrice et présidente de Biom Innov, basé à Saint-Malo.

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