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Une politique régionale portuaire ambitieuse.

Avec un programme d'investissement de 500 millions d'euros, la Région accompagne les ports dans la mise en oeuvre de leurs projets d'infrastructure.


« En combinant sa vocation maritime et sa vocation agricole, la Normandie doit conforter son rôle de place de marché où convergent les richesses du monde », avait déclaré Hervé Morin le 15 novembre 2017 lors de la présentation de l'ambitieux programme de développement portuaire de la Région. Le 18 juin, un premier point d'étape a été fait au MIN de Rouen. Les enjeux ont été rappelés par Jean Baptiste Gastinne, vice-président en charge des transports et des ports. « La loi Notre a donné un fil très clair sur le développement économique des régions et la Normandie s'en est emparée en créant un certain nombre d'outils. La question des ports nous intéresse au premier chef car la Normandie est le plus grand complexe portuaire de France, avec Rouen et Le Havre, Cherbourg, Caen-Ouistreham et Dieppe. Les syndicats de ces trois ports maritimes fusionneront d'ailleurs au 1er janvier prochain pour un syndicat mixte Ports de Normandie. Pour le développement de la vallée de Seine, nous devons aller plus loin avec une intégration plus forte des trois ports du Havre, Rouen et Paris. Il faut une gouvernance plus efficace pour créer des emplois et de la valeur ».
Fusion, holding, intégration ? Pour le moment rien n'est décidé, mais pour Hervé Morin, le siège devra être en Normandie : « Une structure unique de gouvernance est nécessaire pour bâtir une offre commerciale forte ». Tout le monde est bien sûr d'accord qu'une vision globale doit être privilégiée.  Pour Henri Le Gouis, directeur général Europe chez Bolloré Logistics, la Seine doit devenir une structure logistique, avec des infrastructures permises par un plan d'investissement ambitieux donnant une visibilité aux clients, et des compétences issues de partenariats avec les universités et les écoles.
« L'important sera d'éviter les ruptures de charges et de faciliter le multimodal. Les grands clients chargeurs sont sensibles à des approches moins consommatrices de carbone. La connexion fluviale directe est un enjeu clé pour la croissance du port du Havre ».

L'Etat doit se positionner
En ce qui concerne les investissements, la Région souhaite que l'Etat partage ses responsabilités avec les collectivités et les acteurs privés. Elle veut marquer un pas important dans les investissements nécessaires : la desserte ferroviaire des ports du Havre et de Rouen, la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors, la création d'un accès fluvial direct à Port 2000, appelé « chatière ». Les travaux de modernisation sur la ligne Serqueux-Gisors ont commencé en 2017. Ils amélioreront la circulation ferroviaire entre Le Havre et l'Ile-de-France, en utilisant un autre axe que celui qui passe par Rouen, aujourd'hui saturé.
Si Alain Verna, nouveau président de l'association logistique Seine Normandie, reconnaît que les freins se lèvent, il regrette que cela ne soit pas assez rapide. On lui rappelle que l'Etat doit se positionner sur l'organisation des ports et sur les investissements. Guy Le Pargneux, directeur de la sucrerie Saint Louis Sucre à Etrepagny, se réjouit, quant à lui, des travaux de rénovation de la ligne Etrepagny-Pont de l'Arche qui vont permettre de transporter 100 000 tonnes de sucre par wagon. Cela représente l'équivalent de 25 camions qui circulaient tous les jours sur la route. « La place de la logistique en Normandie sera primordiale. Cela représente 55 000 emplois. Nous devons construire la zone logistique du futur et la Région reste ouverte à toutes les propositions pour que notre territoire acquiert une place économique, commerciale, industrielle et logistique mondiale. » a conclu Hervé Morin.

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