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Un plan pour la qualité de l'eau

À l'occasion d'un déplacement à Lens (62), le vendredi 28 mars, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a présenté la feuille de route du gouvernement visant à "améliorer la qualité de l'eau par la protection des captages" dans le Pas-de-Calais.

Un tiers des captages d'eau potable en France a fermé en 40 ans à cause de pollutions. La ministre Agnès Pannier-Runacher a présenté une feuille de route pour protéger les captages sensibles, notamment dans le Pas-de-Calais.
Un tiers des captages d'eau potable en France a fermé en 40 ans à cause de pollutions. La ministre Agnès Pannier-Runacher a présenté une feuille de route pour protéger les captages sensibles, notamment dans le Pas-de-Calais.
© © Julien Caron

En France, un tiers des captages d'eau potable ont été fermés ces 40 dernières années, principalement à cause de pollutions agricoles ou industrielles. C'est pour enrayer cette tendance qu'Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, a présenté une feuille de route gouvernementale centrée sur la prévention et la protection des captages sensibles. Et ce n'est pas un hasard si cette feuille de route a été présentée depuis le Pas-de-Calais : le département compte actuellement 15 captages dits "sensibles", autrement dit des captages d'eau souterraine dont le niveau de pollution n'est pas encore problématique mais pourrait le devenir. "Mieux vaut prévenir que guérir", a souligné la ministre, insistant sur la nécessité d'agir avant que l'eau ne devienne impropre à la consommation.

Une méthode basée sur la concertation locale

À Wingles (62), Agnès Pannier- Runacher a visité un site particulièrement représentatif de cette problématique liée à la pollution. Forte densité d'habitants, activité industrielle importante, et pressions agricoles : autant de facteurs qui fragilisent la ressource en eau. "Ce que nous voulons éviter, c'est de devoir fermer un point de captage à cause d'un accident, d'une sécheresse ou d'un pic de pollution", a-t-elle expliqué. "Surtout lorsqu'un seul captage alimente plusieurs centaines de milliers d'habitants. Le risque est majeur".

L'objectif de la feuille de route du gouvernement est clair : doubler le nombre de captages qui entrent dans la catégorie "sécurisés", en passant de 1 500 captages à 3 000 sur l'ensemble du territoire national. Et au cœur de cette stratégie, une conviction : les solutions doivent être adaptées à chaque territoire. "L'écologie doit être orientée par les habitants et pour les habitants de chaque territoire en particulier", a affirmé la ministre, revendiquant une approche basée sur l'écologie populaire. Pour cela, l'État s'appuiera sur les préfets, qui devront animer des concertations locales avec les collectivités, les agriculteurs, les industriels et les gestionnaires d'eau. Un volet spécifique sera également consacré à la dépollution. "Dans l'eau que nous buvons, il y a encore des polluants hérités de pratiques d'il y a 40 ans", a rappelé la ministre.

Certaines substances, comme les PFAS (per et polyfluoroalkylées, NDLR) utilisées pour leurs qualités de résistance par les industriels, sont toujours présentes malgré leur interdiction. Le plan prévoit de traiter ces pollutions persistantes, qualifiées de polluants éternels.

Pour soutenir cette stratégie, le gouvernement mobilise 5 millions d'euros de subventions publiques, affectés à la délimitation des captages sensibles. Ces études doivent permettre d'agir rapidement sur les points les plus menacés. La Banque des Territoires s'engage par ailleurs aux côtés des collectivités via le dispositif AquaPrêt, avec une enveloppe de 2 milliards d'euros de prêts à taux compétitifs. Ces fonds pourront financer les actions nécessaires pour protéger les captages, améliorer les réseaux d'assainissement, ou renforcer la gestion de l'eau.

Cette logique d'investissement structurant est déjà visible sur le terrain. À Liévin (62), Agnès Pannier-Runacher a notamment visité et salué la rénovation thermique de logements dans une cité minière. Grâce à ces travaux, les logements ont atteint les performances du neuf, avec une baisse de 40 % des factures énergétiques. La gestion durable des eaux pluviales est également intégrée dans les projets : récupération de l'eau de pluie, désimperméabilisation des sols, et aménagements contre les inondations. Autant d'actions qui lient qualité de l'eau, santé publique et aménagement du territoire.•

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