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Un bâtiment opérationnel financé grâce au photovoltaïque

Jean-Philippe Berthe, agriculteur à Avricourt, dans l’Oise, a monté un bâtiment agricole avec des panneaux photovoltaïques sur la couverture. Avec quatre ans de recul, il est très satisfait, au point d’avoir installé depuis d’autres panneaux sur une ancienne grange.

ean-Philippe Berthe, agriculteur à Avricourt, dans l’Oise, a monté un bâtiment agricole avec des panneaux  photovoltaïques sur la couverture. Avec quatre ans de recul, il est très satisfait, au point d’avoir installé depuis d’autres panneaux sur une ancienne grange.
Jean-Philippe Berthe est très satisfait de son nouveau bâtiment financé grâce au photovoltaïque
© D. L.-C.

« J’ai repris l’exploitation familiale de grandes cultures en 2014 et j’y ai introduit la culture du lin, ce qui nécessite des capacités de stockage. Il y avait bien un vieux hangar ouvert sur la ferme, mais refaire sa toiture coûtait environ 20 000 euros. J’ai voulu réfléchir à autre chose en 2016 et j’ai rencontré un agriculteur qui avait installé des panneaux photovoltaïques et qui en était satisfait », explique d’emblée Jean-Philippe Berthe.

Il contacte alors plusieurs constructeurs de bâtiments agricoles, AMBS et Baudoux Constructions notamment, Agriwatt pour les panneaux photovoltaïques ainsi que le groupe Le Triangle, du Centre de la France, qui propose la construction du hangar et la pose des panneaux. Après de multiples réflexions, son choix se porte sur un constructeur local, Albert Travaux, à Roye. « Ils m’ont fait des plans afin que je puisse installer des panneaux pour produire 100 kWc, soit un bâtiment fermé de sept travées, de 19 m de large pour 42 m de long, orienté sud-sud-est », ajoute-t-il. Pour les panneaux, il fera confiance à Agriwatt et signera en 2017 un contrat d’achat d’électricité avec la Sicae Oise au tarif de 12 centimes du kWh. « Aujourd’hui, le tarif a baissé, de l’ordre de 10 centimes, mais le prix des panneaux a également baissé », tient-il à préciser. Il dépose son permis de construire en mairie, aménage avec un voisin la plateforme qui accueillera le bâtiment et s’endette auprès du Crédit agricole Brie-Picardie. « Le bâtiment coûte 92 000 euros hors taxes, les panneaux 95 000 euros et le raccordement entre 7 et 8 000 euros. J’ai emprunté 200 000 euros sur 15 ans, à 1,9 %. Mes annuités sont de l’ordre de 15 000 euros, qui correspondent à peu près aux factures de vente d’électricité que j’émets », détaille Jean-Philippe Berthe.

Bâtiment fonctionnel payé

Aujourd’hui, l’agriculteur dispose d’un bâtiment de 800 m2 au sol, bardé, sur la moitié duquel il a coulé une dalle béton. Il y stocke des céréales à plat et ses balles de lin. « Je garde ainsi 300 tonnes de céréales avec une prime de stockage de 13 euros/t ainsi que mes 800 boules de lin, à 3 euros par balle. Cela me permet de mieux valoriser ma production et d’avoir un bâtiment fonctionnel qui, au bout de 15 ans, sera amorti et ne m’aura rien coûté ou presque », se félicite l’exploitant.

Il a d’ailleurs poursuivi la même logique en couvrant un pan de toit d’une vieille grange de panneaux photovoltaïques. Il a contractualisé avec la Sicae pour une puissance de 36 kWc cette fois-ci. « Ces panneaux sont plus efficaces de 20 % que ceux de mon bâtiment. Aujourd’hui, pour une même production, on a besoin d’une surface de panneaux inférieure à 20 %, donc d’un bâtiment plus petit. Pour qui voudrait se lancer aujourd’hui, cela compenserait la hausse des coûts de construction suite à la pandémie », analyse-t-il.

Satisfait de son constructeur Albert Travaux, il l’est également d’Agriwatt avec lequel il a signé un contrat d’entretien. L’entreprise surveille à distance la production électrique du bâtiment, avertit l’exploitant et intervient sous 48 heures en cas de problème. « Je n’ai rien à faire pour la production électrique, que deux factures par an à la Sicae », sourit Jean-Philippe Berthe. Avec une baisse de production de 0,35 %/an à cause de l’usure, les panneaux seront toujours très rentables au-delà des 15 ans, date de la fin de son remboursement. L’agriculteur s’interroge déjà pour un autre bâtiment identique au premier, afin d’y mettre à l’abri son matériel. •

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